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À LA UNE


Olivier Falorni appelle Emmanuel Macron à organiser un referendum sur la fin de vie

Lundi, 5 novembre 2018.

 

Le député Olivier Falorni, à l'origine de l'une des trois propositions de loi sur l'aide active à mourir présentement à l'étude en France, a demandé au Président Macron d'organiser un référendum pour véritablement connaître l'opinion des Français. 


Bernard Senet, membre du Collège décisionnel du CHOIX, interviewé sur France Bleu

Jeudi, 25 octobre 2018.

 

France Bleu Vaucluse a interviewé Bernard Senet, médecin généraliste à la retraite, qui se bat depuis une trentaine d'années pour qu'une loi sur l'aide active à mourir soit votée en France. 


Bernard Senet répond au Professeur Delfraissy, Président du CCNE

Lettre ouverte au professeur Jean-François Delfraissy, président du CCNE, parue dans le JOURNAL INTERNATIONAL DE MÉDECINE le 27 octobre 2018 

 

Paris, le samedi 27 octobre 2018 – Bien que la question de l’accompagnement de la fin de vie soit un thème non traité par les lois de bioéthique, l’attente de la société sur ces questions est si importante que le sujet a été inscrit au menu des états généraux de bioéthique. Néanmoins, dans son rapport concluant ces rencontres, le Comité consultatif nationale d’éthique (CCNE) a considéré qu’une évolution de la législation n’apparaissait pas nécessaire. Il s’est préférentiellement prononcé en faveur d’un « nouveau Plan gouvernemental de développement des soins palliatifs (…) avec pour objectif principal l’amélioration de l’information à l’égard du corps médical sur les dispositions de la loi Claeys-Leonetti, le développement de la formation et de la recherche via la création effective d’une filière universitaire et la publication d’appels à projet de recherche relatifs à la fin de vie et à la médecine palliative ».

 

Cette réponse a déçu l’ensemble des associations qui défendent l’adoption en France d’une loi permettant l’accompagnement médical des personnes souffrant d’une maladie incurable et demandant à mourir. Ainsi, le docteur Bernard Senet, médecin généraliste à la retraite et membre de l’association Le Choix interpelle dans nos colonnes le président du CCNE, le professeur Jean-François Delfraissy sur son refus d’ouvrir la voie à une reconnaissance de l’euthanasie active dans notre pays. Il évoque les situations dramatiques qui ne trouveraient pas aujourd’hui de réponses satisfaisantes et auxquelles ont pu être confrontés de nombreux soignants, éprouvant alors leur impuissance. Enfin, il achève cette lettre ouverte en invitant les professionnels de santé à prendre position et s’ils le souhaitent à témoigner.

 

Le débat que le JIM a régulièrement alimenté en présentant tour à tour les convictions des partisans de l’euthanasie et celles de ceux qui considèrent, à la différence de Bernard Senet, qu’elle ne peut être assimilée à un soin, est de nouveau ouvert.

 

 

Monsieur le président du CCNE, 

 

Il m'est difficile de penser que votre dernier avis concernant la fin de vie soit le fruit réel de vos rencontres avec les personnes concernées. Plus de 85 % des Français, depuis plus de 20 ans, se prononcent régulièrement en faveur d’une législation encadrant l'aide active à mourir. Vous dites que cela ne concerne qu'une "fraction" des patients, est-ce une raison pour leur refuser une possibilité maintenant offerte dans d'autres pays ? La Belgique ou le Québec ont-ils constaté une surmortalité suite à la légalisation de l'euthanasie ?

 

Si vous étiez médecin praticien de terrain, vous auriez à traiter au plus une à deux demandes d'interruption volontaire de la vie (IVV) par an. Et, comme de nombreux confrères, vous feriez ce geste que j'aime à qualifier de "dernier soin". Bien entendu vous le feriez en cachette, le procureur pouvant vous poursuivre pour "crime avec préméditation", ce qui vous expédie devant les assises. Ou vous ne le faites pas, abandonnant un patient en souffrance  (alors qu'il vous a souvent fait confiance au cours de sa maladie) aux médecins prescripteurs de traitements pas toujours confortables.

 

Impuissance

Les médecins et soignants ont presque tous été témoins de situations de fin de vie dans des conditions peu supportables, où l'angoisse et la douleur sont difficilement et insuffisamment soulagées. Malgré les moyens dont dispose la médecine, trop de patients souffrent. Les soignants ressentent alors leur impuissance, voire leur manque de formation et souvent découvrent leurs limites.

 

L'insuffisance de la loi actuelle, qui permet l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation ainsi que la sédation profonde et continue, les met parfois en situation de transgression. Quand l'accompagnement du malade l'impose, ils pratiquent alors ce "dernier soin".

 

Pour ne pas avoir à vivre cette dernière étape vers la mort, certaines personnes se rendent en Suisse ou en Belgique, accompagnées ou pas. Qui de nous n’a pas en mémoire l’une de ces personnes ? C'est un choix douloureux que de quitter son entourage et son cadre familier pour aller finir sa vie comme on le souhaite. Ces décisions d'exil entraînent de grandes souffrances physiques et psychologiques.

 

Nous continuons d’espérer que notre actuel Président de la République et les législateurs feront preuve de volonté, de courage ou tout simplement de compassion pour voter une loi répondant à la demande de la majorité des Français, soit dans le cadre des lois de bioéthique, soit dans celui des lois de santé publique.

 

Suite logique de la loi Claeys-Leonetti

Deux pétitions citoyennes, apolitique et sans aide associative, mises en ligne, en 2014 par Nathalie Gueirard Debernardi et en 2017 par Marie Godard, ont recueilli à ce jour plus de 350 000 signatures. En conséquence, le Conseil économique social et environnemental s'est saisi du dossier de la fin de vie.

 

L'intention exprimée par la Ministre de la santé et des solidarités de continuer à améliorer l'accessibilité aux soins palliatifs est louable. Il faut effectivement que les soignants soient mieux formés à leur pratique, que la douleur soit plus efficacement prise en charge, que le refus de l'obstination déraisonnable soit respecté par les médecins, et que les malades aient accès à la sédation profonde et continue.

 

Pour les patients qui le veulent, il est cependant indispensable de disposer d'une loi permettant, à leur demande, de les accompagner, y compris médicalement, vers la mort. Ce serait une simple suite logique de la loi Claeys-Leonetti qui impose le respect des directives anticipées, à défaut de la parole de la personne de confiance. Cette nouvelle loi, strictement encadrée, aura pour conséquences que les soignants seront libérés des menaces judiciaires et les patients sécurisés, assurés du respect de leur choix, ce qui leur permettra de vivre un peu mieux les pathologies lourdes et invalidantes.

 

Un exemple douloureux et évocateur

Avant d’achever cette lettre, je vous soumets ce cas douloureux d’une jeune fille qui avait atteint ses 14 ans malgré un sarcome de la pire espèce qui l’avait attaquée à 12 ans. Elle avait, soutenue par ses parents, fait face aux chimios, aux radiothérapies, à la chirurgie invalidante. Elle se savait condamnée et a convaincu ses parents de la laisser partir tandis qu’elle était encore « présentable » (son mot). Qu’auriez-vous fait Monsieur Delfraissy ? Sédation, en la laissant s’éteindre pendant plusieurs jours devant les siens, impuissants ? Ou aide active à partir, dignement et sereinement ?

 

Nous demandons au Président de la République et aux parlementaires de prendre en compte ce qui précède et de mettre tout en œuvre pour que soit rapidement votée une loi permettant à chaque citoyen de choisir le moment et la manière de sa mort, lorsqu'il juge que la maladie ou un accident lui a totalement retiré toute qualité de vie.

 

 

Bernard Senet

Médecin généraliste retraité

Membre du Collège décisionnel de l’association Le Choix – Citoyens pour une mort choisie

 


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LE CHOIX - CITOYENS POUR UNE MORT CHOISIE 

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81170 Cordes-sur-Ciel