Témoignages et commentaires des membres du CHOIX

Vous êtes très nombreux à nous écrire et il nous est  impossible de publier sur cette page tous les commentaires et tous les témoignages que nous recevons.Vous en trouverez certains ci-après et les autres sont visibles sur un site que nous avons créé spécifiquement pour recueillir vos témoignages.  

 

Vous pensez que votre histoire ou celle de vos proches mérite d'être racontée ? Alors n'hésitez pas à nous en faire part car nous devons continuer à mettre en évidence les immenses lacunes qui existent encore en matière de fin de vie en France. 



Le 6 avril 2018, Jean-Marie nous a écrit ce qui suit:

 

Membre de "mort choisie" depuis le 18/3/18, je vous adresse mes motivations:

J'ai 77 ans et depuis l an, je sais que je suis atteint d'un cancer du poumon droit avec métastases. Le traitement médical a entraîné une rémission. Je savoure ce temps de vie où j'ai encore toute mes capacités intellectuelles et où j'ai conservé mon autonomie physique.


L'évolution est cependant écrite : je vais échapper au traitement pour  m'acheminer vers la mort, selon des modalités variables.


L'hypothèse favorable est celle du décès brutal par accident vasculaire cérébral ou problème cardiaque p.ex. Il est beaucoup plus vraisemblable que je présenterai des complications multiples, successives, par reviviscence des métastases, par surinfection pulmonaire, par altération de l'état général etc... le tout contribuant à me clouer au lit et à devenir de plus en plus dépendant.


Malgré la qualité tant technique qu'humaine des soins dont je bénéficierai, je me transformerai en «cadavre» vivant jusqu'à  la sédation ultime. Je n'insiste pas sur le coût économique pour la société ni sur le coût affectif pour l'entourage.

Habitant à 20 km de BÂLE où la «mort choisie» est possible (et légale), la tentation peut exister. Cependant il me paraît inconcevable  qu'ayant vécu dans notre République dont l'ensemble des structures vise à protéger le citoyen, en particulier sa liberté et donc son libre choix, ce dernier choix me soit refusé. Sans entrer dans les discussions techniques, il me semble qu'après avis d'une commission jugeant de la recevabilité de ma demande, je devrais pouvoir librement acheter le produit ad hoc.

 

Et, au lieu de me jeter sous le TGV, de me pendre dans ma cave ou de me noyer dans l'étang, je pourrai tranquillement partir après avoir pris congé des miens.

Qui, et au nom de quoi, peut me refuser le droit de disposer de moi-même ?

Jean-Marie 

PS: Je tiens à préciser que je suis chirurgien de profession , que je partage le sort de la majorité des Français et que je ne bénéficie d'aucun privilège.

 
   
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Le 30 mars 2018, Élisabeth nous a écrit:

 

La mort est un sujet qui m'a toujours préoccupée et me préoccupe encore. Ma grand-mère maternelle que j'adorais a été amputée 3 fois des jambes ( gangrène qui continuait de progresser malgré la première opération). Autour de moi, j'ai vu beaucoup de gens mourir dans de grandes souffrances.

 

Non, on ne meurt pas en s'endormant tranquillement dans son lit à moins d'y être aidé. J'ai aussi vu des personnes à "l'état de légume" qu'on s'acharnait et qu'on s'acharne encore aujourd'hui à faire respirer; tout cela fait l'affaire des hôpitaux, médecins, chirurgiens, instituts pharmaceutiques, pharmaciens ... et pour les plus "riches" et un peu plus vaillants, quoique eux aussi sont souvent dans un état chancelant et souvent victimes de maltraitance, du moins de manque de soins, faute de personnel des maisons de retraite.


Pour moi, être aidé à mourir devrait être un droit dès que la personne le demande.


En Belgique, en Hollande, l'euthanasie est autorisée.


On aide bien en France les animaux à mourir pour leur éviter d'atroces et insoutenables souffrances alors pourquoi laisse t-on agoniser nos personnes âgées ??

 

On sait qu'on aide les personnes "influentes" à partir quand cela devient trop dur ; c'est un secret de Polichinelle. On sait que les médecins s'arrangent également le moment venu et aident les personnes de leur famille ...


Alors j'adhère à votre association pour avoir moi aussi le droit de mourir librement et dignement. 

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  • #1

    Helene D (mercredi, 04 avril 2018 09:14)

    La mort choisie invoque les principes de laïcité et de liberté . Elle est revendiquée au nom du respect de l'intégrité de la personne et du droit du citoyen. En cela, cette question n'est pas tributaire des positions des religions.
    Par contre, les religions ont aussi le droit d'avoir leur conception de l'intégrité de la personne et elles ont le droit de s'exprimer.
    En cela, il faut aussi respecter l'intégrité des aidants à mourir : aider à mourir doit donc aussi être un choix pour eux. L'afficher d'emblée évitera toutes les hypocrisies qui en dériveraient au plus grand détriment des personnes qui ont exprimé leur choix de mourir.
    Un autre danger pour la liberté de choix est la gestion administrative pour raison économique, qui risque fort de conduire à une mort imposée dans un monde où l'économie est devenu le mode de pensée dominant...
    Pour les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, elles doivent pouvoir indiquer par écrit leur volonté, tant que la maladie le leur permet, ou de toute autre façon formelle.
    Enfin il faut pouvoir revenir jusqu'au dernier moment sur sa décision.

  • #2

    Frederic (dimanche, 15 avril 2018 11:29)

    Bonjour.
    J'adhère à cette idée et à ce souhait de laisser la liberté de choisir et sa vie, et sa mort.
    J'ai vu ma petite soeur de 48 ans agoniser pendant plus d'un an car vivant en France, Dans le sud, n'avait pas le droit de choisir de partir. Si elle le voulait les médecins devaient la mettre dans un coma artificiel, rentrer en Belgique, y être réveillée et ensuite euthanasiée. Ce fut un véritable cauchemard pour elle et sa famille. C'est une honte à notre époque de ne pas permettre ce choix. Tout comme c'est une honte d'obliger les Français à donner à leurs petits 11 vaccins. C'est une dictature médicale.

  • #3

    Pizzigoni (dimanche, 15 avril 2018 17:07)

    Bonjour
    En vue d une demande d adhesion massive pour aller ds le meme sens que les petitions pourquoi ne pas mettre sur votre page d accueil un compteur d adhesion qui petmettrait tout a chacun y compris vous meme de se faire une idee gal du potentiel de reactivistes en la matiere. Merci pour votre intervention sur ce sujet car nous sommes tous libres et egaux en droit de vivre ou de mourir. Et il n est pas en cette demarche le fait de subir une mort non desiree ou violente mais bel et bien un choix individuel. Peut etre meme le seul choix permettant de vouloir vivre puisque que possible de choisir qd et comment la mort sera au plus tard de nos vies choisies. Certains meurent jeunes d accidents ou de maladies. Certains meurent ages seuls et non accompagne. Certains payent pour vivre et mourir comme ils le souhaitent. Le droit de vivre et de mourir doit etre un droit et non un devoir. Nous ne choisissons pas notre naissance mais choisissons la maniere dont nous voulons vivre. Nous ne choisissons pas notre mort mais voulons choisir la maniere dont nous allons mourir. Les deux visions aussi opposees sont finalement tres proches... nous decidons autant d aider ceux qui veulent vivre qd les medecins veulent arreter les traitements ex marwa que d epauler ceux ou celles qui veulent mourir pour respecter leur propre vision de la vie.

  • #4

    Corinne Kalmar (dimanche, 15 avril 2018 20:13)

    Bonjour, depuis que j'ai appris qu'il y aurait des discussions au sein d'un comité départemental ou régional 2018, je cherche car je voudrais bien en faire partie.Il y a bien ceci :Le site internet des Etats généraux de la Bioéthique 2018 est en ligne "https://etatsgenerauxdelabioethique.fr. C'est un élément fondamental du dispositif mis en place par le Comité Consultatif National d'Ethique (CCNE) qui pilote les Etats généraux".
    Cela est très fumeux et dans mon département et même dans ma région je n'aboutis à RIEN !
    Aussi je soutiens votre association et vous remercie.
    CK

  • #5

    pierre-marie.paris@orange.fr (lundi, 16 avril 2018 11:51)

    Inhibé par une restriction mentale concernant la notion de "fin de vie", je ne participe pas à l'action militante de l'ADMD, dont je suis adhérent, et j'hésite à adhérer à votre association, bien que je ressente un souffle d'espoir en prenant connaissance de vos documents.
    Précisions : il me semble que ce qui "coince" dans la situation actuelle est en réalité le tabou pesant sur le suicide en général. Je considère l'euthanasie comme un suicide délégué, le suicide assisté (que j'approuve pleinement) n'étant applicable qu'aux malades conscients reconnus "en fin de vie". Or, quand commence cette fin de vie ? Nombre des personnes , exemptes de toute pathologie mentale ou physique, recherchent pour diverses raisons une issue digne et sereine. La manifestation la plus apparente est le suicide des gens de grand âge, dont voici la progression chiffrée :
    Statistique  du ministère de la Santé:
    Le taux de mortalité par suicide augmente avec l’âge. Pour 100 000 habitants, l’incidence du suicide est de :
     6,4 chez les 15-24 ans,
     12,2 chez les 25-34 ans,
     20.9 chez les 35-44 ans,
     26.4 chez les 45-54 ans,
     22.3 chez les 55-64 ans,
     20.6 chez les 65-74 ans,
     29,6 pour les 75-84 ans,
     40,3 pour les 85-94 ans.
    Doublement de la fréquence après 74 ans.Les tranches d'âges de + de 75 ans sont donc massivement concernées.
    Un tabou pèse sur ces cas de suicides, toujours dramatiques et parfois violents, ravageurs chez les proches. La question réelle est d'entendre le souhait de ceux qui cherchent une issue à une vie désormais douloureuse ou insupportable ou simplement sans objet (veuvage, réclusion en EHPAD ou à domicile, perte d'autonomie...), avec ou sans pathologie physique (la pathologie mentale étant exclue apriori). Je ne méconnais pas que ce constat pose directement la question de la misère , raison supplémentaire de ne pas le recouvrir. Il me semble que dans ce champ, estompé par le débat polarisé par la maladie, se joue aujourd'hui le principe de libre disposition de soi. Bien que médecin, je ne crois donc pas que la maladie et l'euthanasie soient des notions porteuses de progrès, même dans les pays qui ont apparemment élucidé la question, tant que l'on n'ira pas au fond de cette question...vitale, du suicide .



 

Le 28 mars 2018, Claire nous a écrit:

 

Bonjour, et tout d'abord merci de porter notre parole. Issue d'une famille de médecins, dont un de guerre, j'ai été sensibilisée très jeune à la valeur de la vie... Et de la mort. Du coup, l'euthanasie est une notion que j'ai assimilée très tôt comme étant un acte de dévouement et d'amour. Car une vie qui n'est que souffrance est-elle une vie ? Moi, je ne voudrais pas vivre ainsi.

 

La suite m'a tristement confortée dans cette vision des choses. Le cancer de mon oncle, qui l'a rongé pendant des années, le métamorphosant en cet esprit si affuté enfermé cette douloureuse carcasse. La longue maladie de ma grand-mère qui la clouée au lit, associée à un AVC qui ne lui a même plus permis de s'exprimer, si ce n'est pour chuchoter "Ça suffit" en nous serrant la main, les yeux pleins de larmes, durant cinq ans. Quand la sénilité l'a rattrapée, elle souffrait toujours mais au moins elle n'était plus consciente de ce qu'elle était devenue. Sauf dans ses moments de lucidité, et là ! Je ne souhaite ça à personne...

 

Récemment, ma tante que j'aimais de tout mon cœur a été terrassée pas un cancer particulièrement horrible. J'ai vu son petit corps décharné se tordre de douleur en essayant de supporter une chimio que tous savaient inutile. Elle a passé les derniers mois de sa vie à souffrir d'une manière que je ne pense même pas pouvoir appréhender.

 

Admiratrice de Terry Pratchett, de son œuvre comme de sa vie, j'ai suivi ces dernières années ses démarches concernant son suicide assisté. Il est parti comme il le souhaitait, entouré de ses proches, son chat dormant à ses côtés. C'est également ce que je voudrais. Et, pour en avoir discuté, mes proches aussi.

 

Je n'ai entendu parlé parler de vous que récemment, via la pétition de 2017. Depuis, je vous suis, sur le net et à la radio. Alors merci de porter nos voix afin qu'enfin, au XXIe siècle, on puisse choisir de partir dans la dignité entouré de ceux qu'on aime, tout en leur rendant notre départ plus apaisant.

 

 

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Le 26 mars 2018, Jean-Pierre nous a écrit ce qui suit:

 

Je suis depuis longtemps adhérent et militant à l'ADMD mais je pense qu'il faut être plus mordant avec les politiques. J'ai eu des chiens et des chats et je ne les ai jamais laissés souffrir stupidement quand les soins devenaient inutiles. Au surplus je crois comme beaucoup à l'immortalité de l'âme et que la mort n'est qu'un passage d'un champ d'énergie à un autre comme la naissance.

 

Je suis scandalisé du refus de liberté envers ceux qui demandent pour eux-mêmes et n'obligent personne, le droit de finir tranquillement et pas dans la déchéance physique dont ils sont seuls juges. Je me sens donc solidaire de tous ceux qui mènent le combat pour obtenir cette liberté si bien exprimée dans la dernière leçon.

 

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Le 25 mars 2018, Isabelle nous a écrit:

 

Je souhaite m'engager pour faire reconnaitre les droits des personnes en fin de vie J'ai accompagné il y a 8 ans mon mari dans une agonie douloureuse qui m'a révoltée ; j'ai croisé des techniciens, pas des humains... Et j'ai envie d'oeuvrer pour que chacun puisse en France, mourir dans la dignité A quoi sert le progrès technique de la médecine, s'il n'est pas au service d'une fin de vie digne et respectueuse de la personne. A bientôt.

 
   

Le 24 mars 2018, Alain nous a écrit:

 

Je n'ai jamais supporté que les "bien-pensants" veuillent nous dicter nos actes, surtout lorsqu'ils invoquent des interdits en rapport avec la religion, quelle que soit cette religion. Il est inadmissible qu'à notre époque, on laisse encore souffrir inutilement des personnes qui ne souhaitent plus vivre. Et ce d'autant plus que notre société se révèle incapable de nous assurer une fin de vie décente et digne.

 

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Le 21 mars 2018, Ida a témoigné de ceci:

 

Je suis terrorisée à l'idée de subir l'agonie qu'a vécue mon frère adoré. Suite à une opération de "la dernière chance"(tumeur au cerveau), il a été réanimé pour vivre un long mois, à endurer mille morts au nombre desquelles la faim, la déshydratation...Bien que sa mort remonte à 2007, j'ai encore en moi le souvenir de l'odeur de son corps pourrissant sous nos yeux.Pardonnez-moi si mon propos peut heurter. Je n'ai cependant pas de mots assez fort pour qualifier la violence inouïe de ce que nous avons vécu, lui, et nous qui l'aimions tant. Aucun être sur terre ne devrait avoir à subir cette fin d'une grande cruauté. Nous disposons de tous les moyens nécessaires pour quitter ce monde sereinement, sans avoir à expier qui sait quel "péché"! Merci pour ce que vous faites!

Le 23 mars 2018, Véronique nous a écrit:
Bonjour, Tout d'abord, je vous remercie pour la création de cette association.
Je pense que bien mourir est aussi essentiel que bien naître. Je suis aidante d'une personne handicapée à 80% depuis 15 ans. Je supporte de moins en moins la dégradation des services de santé dans les hôpitaux. Je ressens maintenant beaucoup de maltraitance envers les malades chroniques âgés...
Mon cousin s'est pendu ne supportant plus la souffrance de sa maladie...Son épouse, dans la peine, a été soupçonnée de l'avoir tué ! Je ne veux pas cela ni pour mon époux, ni pour moi. Vous avez tout mon soutien . Bien cordialement.

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 Le 20 mars, Benjamin a écrit ce qui suit:

 

Bonjour, Je suis avocat au Barreau de Paris, fils de médecin et chirurgien, diplômé de droit médical, je suis depuis toujours sensible aux problématiques d'éthique. Ami de la fille d'Anne BERT, ayant moi même perdu ma tante d'une maladie de Charcot et ayant accompagné jusqu'à son dernier souffle mon oncle d'un cancer du poumon, je suis de ceux qui souhaitent se battre à vos côtés pour qu'une loi sur la fin de vie digne de ce nom soit adoptée. Il est selon moi grand temps de permettre aux gens de choisir de mourir dans la dignité lorsqu'ils estiment en conscience que leur vie n'est plus possible. Je souhaite donc rejoindre votre mouvement. Bien cordialement.

 

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Le 20 mars 2018, Martine nous a témoigné de ceci:
La mort ne me fait pas peur, nous devons tous passer par là un jour ou l'autre. Par contre, je veux pouvoir décider, si nécessaire, de la possibilité d'arrêter un combat si je venais à souffrir d'une maladie incurable et que les souffrances dues à cette maladie me devenaient insupportables.
Aujourd'hui, j'ai 57 ans et depuis 18 ans déjà, je suis handicapée suite à un accident du travail qui a bouleversé ma vie du jour au lendemain. Depuis 18 ans, je suis obligée de vivre sous morphine pour calmer (un peu) les douleurs consécutives à cet accident. Alors la souffrance, je sais ce que c'est et je sais que je ne pourrais en supporter plus.
J'ai toujours dit à mon époux que si je n'avais pas de morphine pour atténuer mes terribles douleurs, je ne serais plus là car le corps humain a ses limites et quand il souffre trop, il n'est plus le seul à souffrir, vous souffrez aussi de votre âme.
Il est aussi très pénible de faire supporter cette souffrance à notre entourage qui se sent impuissant et c'est une chose que je vis très mal.
Alors oui, je suis pour une loi qui laisse le choix à la personne de décider de sa fin de vie. Mon corps m'appartient et je veux être libre de vivre ou de mourir selon mon propre désir.
 

 

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Le 19 mars 2018, Daniel a donné son avis:

 

Mon point de vue est qu'une personne, à partir du moment où elle estime que sa vie n'est plus une vie et n'a plus de sens, doit pouvoir choisir d'y mettre fin en toute sérénité. Cela implique entre autres que cette volonté puisse s'exercer en dehors de la fin de vie (par exemple vieillesse avec isolement total).

 

Cela implique aussi que la médecine puisse intervenir afin de dépister une éventuelle affection curable (par exemple une dépression mélancolique).

 

A mon sens, l'euthanasie serait à réserver aux seules personnes dans l'incapacité de mettre fin à leur vie par elles-mêmes (par exemple une personne tétraplégique), et pour ce faire nécessitant l'intervention active d'un tiers. En revanche, les personnes pouvant s'administrer elles-mêmes une substance létale relèveraient de ce qu'on appelle le "suicide assisté".

 

Les deux dispositions devraient figurer dans un futur texte de loi, et il va de soi qu'elles ne pourraient être mises en oeuvre qu'à la seule demande de la personne - ou de la personne de confiance faisant valoir des directives anticipées. Les juristes et les législateurs seront particulièrement attentifs à vérifier que la personne agit bien de sa propre volonté, en dehors de toute pression/manipulation.

 

J'adhère pour soutenir une telle démarche, respectueuse de la volonté de la personne, et n'empêchant personne d'agir pour soi-même, selon ses convictions. En 2018, il est temps que notre pays se dote d'une législation adaptée à cette question de société, réclamée par une majorité de citoyens. J'ajoute que de telles dispositions ne s'opposeraient en rien aux soins palliatifs - lesquels manquent de moyens et mériteraient d'être développés - permettant ainsi une plus grande liberté de choix.

   

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  • #1

    Christine Bernard-Sugy (dimanche, 15 avril 2018 18:58)

    Le suicide assisté, OUI, doit aussi faire partie du combat, pour échapper, tant qu'on est lucide, à la déchéance et à la destruction de la personne qu'on est, qu'on a été. Daniel a clairement posé les directions à prendre.


Le 18 mars 2018, Anouk nous a écrit ceci:

 

Le choix de fin de vie est reconnu pour les animaux, il doit, désormais l'être pour les humains. Rappelons aux détracteurs de ce droit qui craignent des abus, que la plupart d'entre nous mourrons, ou choisirons de mourir naturellement. Ce droit permettra, en revanche, à ceux d'entre nous dont la fin de vie sera insupportable d'abréger leurs souffrances. Quittons nos oripeaux judéo-chrétien, et revenons au bon sens.

 
   

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Le 18 mars 2018, Fabienne a donné son avis:
C'est un droit qu'il nous faut défendre à tout prix, mais pas uniquement et pas de façon indépendante des grandes questions de santé qui secouent notre pays.
Par exemple, la prise en charge des soins palliatifs est à un niveau indigne de notre pays. Tout comme l'est l'état des hôpitaux publics ainsi que les EPHAD. Tout ceci relève d'un choix politique fort et indissociable.
C'est pour cela que nous avons lancé un appel citoyen à des Etats-Généraux de la santé. Je vous propose de nous rejoindre : http://appel-citoyen-des-etats-generaux-de-la-sante.com/
   
 

Le 18 mars 2018, Patrick a écrit ce qui suit:

 

J' ai suivi votre intervention lors de la conférence du CESE.... je suis engagé dans une autre association ( ADMD) qui fait aussi un grand travail pour faire aboutir l ' euthanasie et le suicide assisté ... je pense que plus nous serons nombreux , et représentés auprès des instances politiques , plus nous aurons de chances de faire aboutir notre demande . merci à vous ...

   

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Le 18 mars 2018, Josette nous a offert son témoignage:

 

Une loi de liberté humaine et respectueuse, accessible pour chacun de nous en conscience et en responsabilité, parait devenir indispensable et légitime. La science dévoile ses propres paradoxes : Ainsi, pour le bonheur d'un plus grand nombre, ses progrès permettent de prolonger la vie et de soulager les douleurs du corps. Mais à l'opposé, malheureusement, ses progrès peuvent avoir les conséquences inverses c'est-à-dire avoir pour conséquence de prolonger la douleur extrême et ses effets ravageurs. Cela dans notre impuissance la plus totale et contre notre volonté et notre parole.

 

Alors que l'être souffrant, le malade demeure un être de désir, il peut être réduit à une maladie, objet des déviances d'une certaine médecine dans sa volonté de toute-puissance. C'est alors que la conquête médicale devient une inadmissible manipulation.

 

Le cri du malade, quels que soient son éthique, ses croyances, son rang social, demande à être entendu pour ce qu'il est : demande d'être respecté, soutenu dans la souffrance. Il faut écouter celui dont l'atroce souffrance revendique l'euthanasie assistée ou pas. Rester dans le monde des humains, est une revendication absolument légitime et obligée, Pour chacun de nous. Nous devrions tous le revendiquer ! La médecine ne doit pas s'égarer hors de l'humanité.

 

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18 mars 2018: Le comédien / metteur en scène Philippe Caubère témoigne de ce qui suit:

 

J'adhère par conviction intime et profonde, par choix éthique, politique et personnel. Je ne veux pas être abandonné à la mort mais avoir la possibilité de l'affronter quand elle se présentera. Et pouvoir lui imposer, au moins, le moment, le jour et l'heure de mon choix. Mais j'aurai besoin pour cela d'être aidé et accompagné.

 

J'adhère parce que j'ai plus peur de souffrir que de mourir, même si mourir me fait peur aussi. J'adhère pour calmer cette peur. Et parce que j'ai vu trop de mes proches condamnés par le système médical à ces souffrances, à cette peur et finalement à la mort, sans qu'il puisse leur être d'aucun réel secours. Que celui de mots vains, d'encouragements inutiles et de soins radicalement insuffisants ; condamnés à la misère physique et morale et à la déchéance. Sans autre secours que l'affirmation d'une morale étrangère masquant, au fond, une profonde indifférence.

 

J'adhère pour pouvoir porter secours à mon prochain. Et donner à mon prochain la possibilité et les moyens de me porter secours.

 

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Le 12 mars 2018, Annie nous a demandé :

 Pourquoi avez-vous créé cette association puisque l'ADMD existe déjà et travaille depuis 30 ans à obtenir qu'une loi soit votée ? Qu'apportez-vous de plus ? Merci !

 

 Notre réponse: 

 
 La réponse est très simple: 
D’abord, nous ne pouvons pas nous associer à l’ADMD, parce que cette association n'a pris aucune part dans les pétitions que nous avons mises en ligne et qui ont recueilli 316.000 signatures à ce jour. Le travail de Nathalie et le mien a été accompli sans aide d'aucune sort, hors de toute association ou appartenance politique.
L’autre raison, et elle est encore plus importante, c’est que Nathalie Gueirard Debernardi, qui a créé l’autre pétition qui a été jumelée à la mienne, et moi, ne pourrions pas être auditionnées dans le cadre des États Généraux sur les lois bioéthiques et sur la fin de vie, pour ne citer que cet exemple, car ces organismes ne reçoivent que des gens qui parlent au nom d’une association ou société savante. Voyez-vous, ce n’est pas parce que vous avez signé une pétition que vous avez pour autant donné mandat à la personne qui est à l’origine de la pétition de parler en votre nom. 
L’association ADMD, dont je suis membre depuis 10 ans, a fait un incontestable travail, mais elle n'est pas seule à avoir des choses importantes à dire. Je pense à Anne Bert, par exemple, qui était une amie très proche et pour qui j’ai créé cette pétition après qu’elle m'ait annoncé qu’elle avait la maladie de Charcot, car je voulais lui dire qu’elle n’était pas seule dans son combat. Anne s’est toujours exprimée en son nom propre et personne ne lui a jamais demandé pourquoi elle ne laissait pas l’ADMD parler à sa place...
Soyez assurée  que si une collaboration avec l’ADMD avait été possible, j’aurais été la première à en être ravie. Mais pour des raisons que je n’ai pas à détailler ici, cela ne peut pas se faire.
Vous savez sans doute qu'il y a 68.000 membres à l’ADMD et que nous avons 265.000 (356.000, le 17 mai 2018) signataires. Cela signifie que près de 197.000 (288.000, le 17 mai 2018) signataires ne sont pas membres de l’ADMD —  cela en supposant que tous les membres de l’ADMD ont signé les deux pétitions, et nous savons bien que ce n’est pas le cas.
Et c’est ici que je réponds à votre question. Ce que nous apportons de plus? La voix de 197.000 (288.000, le 17 mai 2018) personnes, tout simplement.
Si vous saviez le nombre de mails que nous avons reçus et de commentaires laissés sur les pétitions qui disent tous la même chose: «  Marie / Nathalie, ne nous lâchez pas, continuez de vous battre pour que cette loi soit votée, nous avons besoin de vous pour porter notre parole. » 
Comment voulez-vous que nous restions insensibles à ces demandes répétées des milliers de fois ? Et si vous ne me croyez pas, consultez les commentaires sur ma pétition depuis que celle-ci a été mise en ligne au tout début du mois d’août et vous verrez que je ne vous dis que la vérité.
Alors, maintenant vous savez dans quel esprit nous avons créé cette association. Pas par vindicte, pas pour faire de l’ombre à l’ADMD ou à Ultime Liberté mais tout simplement pour porter votre parole car il n’y avait pas d’autre façon de le faire.
Marie

 

 
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Le 9 mars 2018, Monique nous écrit :

 

Pourquoi ne parle-t-on pas davantage des États Généraux ?

 

Bonjour, Je suis très inquiète car je constate, au fil des jours, que personne n’est au courant des États généraux de la bioéthique lancés depuis bientôt 2 mois ! Faites un sondage autour de vous (ce que j’ai fait) et vous verrez les réponses. C’est hallucinant : même dans les milieux hospitaliers (où je me rends pour ma maman et où je me suis permis de questionner les médecins, infirmières…), chez les docteurs généralistes, tout ce qui touche à la santé, les infirmières…. personne n’en a entendu parler ! Même pas un panneau publicitaire dans les pharmacies ! Rien !

 

Quant aux amis, aux contacts, ils m’ont remerciée de les avoir informés mais sont carrément écoeurés de voir qu’aucune publicité n’a alerté le simple citoyen.

 

Aussi, ma question est très simple : comment pouvons-nous encore informer le citoyen qu’il peut donner son avis sur les thèmes mis à l’ordre du jour ? Comment le gouvernement aura-t-il un résumé représentatif sur ces consultations dans la mesure où les 3/4 des gens n’auront pas donné leurs avis, non pas parce qu’ils s’en moquent, mais tout simplement parce qu’ils n’en n’ont même pas entendu parler ?

 

Depuis début février, j'écris aux chaînes de télé, à différents journaux, à trois députés (Madame Brocard, "ma" députée, Messieurs Touraine et Falorni, à Monsieur Romero, à Monsieur Delfraissy, à E. Macron, à sa femme…, à Madame Buzyn). J’ai eu des réponses, mais j’en attends encore, ce que comprends. Bien sûr, leurs agendas sont tous très chargés et plusieurs d'entre eux s'impliquent vraiment en ce moment, mais le souci, c’est que la date limite est raccourcie à fin avril.

 

Conclusion : cela devient plus qu’urgent que le gouvernement fasse ce devoir d’information, mais pas une information au rabais, sinon on a l’impression que c’est une volonté de sa part d’agir ainsi, afin de pouvoir passer une loi comme il l’entend (et c’est d’ailleurs ce que beaucoup de personnes m’ont malheureusement dit, ce que je ne pense pourtant pas !). Une réelle information nationale aurait dû être organisée (courriers aux français, pub, mais qui soient vraiment percutants et efficaces) ?

 

Ces lois sont tellement importantes pour nous et pour la génération future qu’il m’est impossible de ne pas continuer à me battre. Pensez-vous que quelque chose puisse encore être fait ? Auriez-vous une solution à apporter pour pallier ce manque d'informations ? Pour ma part, j'essaie de faire le maximum, mais je suis un "pot de terre" contre un "pot de fer" et je sais pertinemment que mes interventions sont noyées dans la masse, mais je ne baisserai pas les bras. J'espère qu'il est encore temps... En tout cas, merci par avance pour vos suggestions !

 
   

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Notre réponse:

 

Il est vrai qu'on en parle peu et qu'une majorité de nos compatriotes ne sait même pas de quoi il s'agit. Pour notre part, nous avons annoncé les États Généraux et encouragé les signataires à s'inscrire sur le site pour donner leur avis dans la mise à jour des pétitions le 19 janvier dernier. 

 

Quant à trouver le moyen qu'on parle davantage de ce sujet, contrairement à ce que l'on peut penser, il est très difficile d'obtenir des journaux et des journalistes qu'ils parlent de sujets qui nous semblent importants car ce qu'ils publient dépend beaucoup de ce qui se vend... Et nous sommes de ce fait encore plus fiers que Libération nous ait accordé deux pleines pages il y a huit jours.

 

Cela étant dit, les Français sont nombreux à être mécontents, à vouloir autre chose, mais sont-ils pour autant prêts à agir en prenant le temps d'écrire aux médias comme vous l'avez fait ? À devenir membre de notre association pour que leur voix porte davantage ? Rien n'est moins certain...

 

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LE CHOIX - CITOYENS POUR UNE MORT CHOISIE 

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