ANNE

19 sept. 2017

 

On a diagnostiqué chez ma soeur, alors âgée de 64 ans un myélome, cancer de la moelle osseuse.

Après avoir obtenu une auto greffe, elle a eu quelques mois de répit, puis la maladie est repartie de plus belle.

Ne souhaitant pas devenir dépendante, et subir trop de souffrances, lorsque plus aucun traitement n'a été possible, elle a souhaité bénéficié du "suicide assisté" en Suisse, à Bâle.

Les démarches ont été assez longues, coûteuses et le déplacement en avion, quand on est très malade, a relevé du parcours du combattant.

Le plus dur a été l'annonce de sa date de décès : le 24 août 2017. Connaître la date de sa mort était pour moi insupportable.

En ce qui concerne ma soeur, elle m'a dit que "c'était un des plus beaux jours de sa vie", car elle était déjà ailleurs.

Le  dernier jour passé ensemble a été merveilleux tant elle souhaitait le vivre à fond. Elle a pu dire au revoir à ses nombreux amis, à sa famille. Elle a mis au clair tous ses papiers et fait un grand tri dans ses affaires, comme pour un long voyage. 

Dans le suicide assisté, le malade doit être conscient et capable d'activer la perfusion pour recevoir le produit létal. Elle s'est endormie sans souffrance et selon son choix en 30 secondes.

C'était très émouvant mais c'était son choix.

Je souhaiterais que cela puisse se faire en France. Si la femme peux choisir de donner la vie, pourquoi ne peut-elle choisir sa mort ?


CHARLES

18 sept. 2017

 

Je suis hanté par la peur de la déchéance physique et psychologique de la fin de vie. j'ai accompagné ma mère en ehpad ou elle a fini attachée sur son lit, soi disant pour la protéger d'une chute éventuelle. Elle est morte toute seule aux urgences, sans maladie réelle, dans une salle d'attente (arrivée a 7 heures le soir, mort constatée a 6 heures du matin).

 

À présent, mon seul souhait est de pouvoir choisir l'heure de ma mort dans la dignité pour moi et mes proches (sur qui je ne peux pas compter car ils ne feront rien dans ce domaine), alors que l'on nous impose tout au long de notre vie pourquoi la loi ne peut-elle nous autoriser à disposer au moins de notre propre corps?


DOMINIQUE

18 sept. 2017

 

Bravo pour votre courage.

Je crois qu’on est plus « humain » avec les animaux domestiques qu’on pique quand ils souffrent mais les humains, eux, n’ont pas qu’à « supporter » ;de plus  les places en soins palliatifs sont insuffisantes.

 

J’ai accompagné une amie proche qui avait une SLA, maladie dégénérative. Elle a fait preuve d’un courage admirable et je n’aurais pas hésité à l’accompagner à l’étranger si elle avait souhaité un suicide assisté.

 

Elle avait choisi de refuser le respirateur, ne voulant pas finir prostrée sur un lit. Mais elle a quand même passé les trois dernières semaines bloquée sur son lit, heureusement très entourée par sa famille et ses amis (nombreux).

 

Cette maladie n’atteint en rien le cerveau, la personne étant totalement consciente et capable d’exprimer ses désirs.

 

Il me paraît donc logique et normal de lui laisser le choix de sa fin de vie et de le respecter, cela fait partie de la dignité à laquelle a droit tout être humain, la mort est une loi inéluctable que tous devraient pour voir accepter et non nier.

 

Tous ceux qui refusent la loi sont simplement ceux qui se voilent la face devant la mort qui nous attend tous.


CATHY

18 sept. 2017

 

 

Je partage votre pétition, votre envie de laisser partir "les nôtres" , sans les retenir à tout prix, sans les laisser plusieurs jours dans un état dont l'on connait que l'issue......

 

Pour ma part, je l'ai vécu 2 fois, l'une pour mon frère atteint d'une leucémie.

 

On allait tous les jours le voir à l'hôpital, les docteurs disaient qu'il fallait attendre, qu'avec la morphine son cœur allait s’arrêter petit à petit....et ma Maman voyait son fils ainsi.....et pour notre part, à sa fille, sa femme et moi....on attendait que ça cesse....on parcourait plusieurs kilomètres tous les jours, en espérant que " ça n'arrive pas" quand nous serions loin.....

 

Et puis pour ma Belle-Mère il y a quelques mois....et là aussi on y était tous les jours....en espérant qu'elle nous entende encore....et là aussi, n'en pouvant plus de la voir ainsi....même si on nous dit qu'il ne souffre pas!!!!!!!!!!!!

 

Je pense que cela fait faire du fric aux hôpitaux ou aux maisons de retraite!!!!!

 

Je suis de votre côté à 100 % et espère que cette hypocrisie s’arrêtera un jour.

 

Bon courage Marie.

 


MAGALI

15 sept. 2017

J'ai vu ma mère souffrir pendant 5 ans avant de mourir à 53 ans. Au début de sa maladie je n'avais que 23 ans et la naïveté de croire que passé les années 2000, on ne laissait pas souffrir les personnes dans des chambres d'hôpital. Je croyais que le corps médical aiderait ma mère, la soulagerait, j'avais tort.

 

Elle a subi des souffrances inhumaines, des souffrances qu'on ne fait pas subir au animaux.

 

Je suis meurtrie à vie. Je me battrai pour ne pas subir la même chose. Je me battrai aussi pour mes enfants. On ne sait pas si on sera confronté à cette souffrance de fin de vie. Je ne veux pas que mes enfants plus tard soient confrontés à cette souffrance.

 

La France soit disant pays développé me fait honte. D'autres pays ont légiféré depuis de nombreuses années. Comme toujours la France est à la traine.


IDELETTE

15 sept. 2017

 

Mon témoignage concerne ma sœur atteinte d’une sclérose en plaque pendant 23 ans. Elle est décédée en 2011 à l’âge de 53 ans. Sur les 23 ans de maladie, elle a eu 13 ans de vie supportable où tous les jours elle sentait ses forces diminuer et surtout elle se rendait compte que plus les jours avançaient, plus elle perdait de l’autonomie ; le mal était là et la rongeait sournoisement. Vivre avec cette épée de Damoclès était très difficile et d’autant plus difficile lorsque l’on connaît l’issue … celle de la mort.

Elle aimait la vie, rien ne lui faisait peur, c’était une battante et elle ne se plaignait jamais. Courage et rage de vivre était sa devise.

La maladie « cette putain de maladie » comme elle aimait la nommer, s’est acharnée sur elle pendant 23 ans et les 10 dernières années furent un ENFER.

Chaque mois, chaque semaine, chaque jour… elle aura lézardé son quotidien et hypothéqué son avenir…

Ma soeur durant toute sa maladie a affiché un courage exemplaire, sans jamais se plaindre, une volonté indéfectible jusqu’à nier son mal, pensant ainsi mieux le combattre. Cette « putain de maladie » l’a privée de ce qu’elle chérissait le plus, l’INDEPENDANCE !

Cette maladie insupportable pour ma sœur, fut également une épreuve pour toute la famille et les amis. Comment supporter la maladie chez quelqu’un que l’on aime… ?

Pourquoi la médecine et notre société impuissantes devant tant de souffrances, ne peuvent pas dire STOP ! Vivre ce n’est pas être dans un lit toute la journée sans pouvoir bouger, manger et parler.

Non ce n’est pas la VIE. Il faut savoir accepter la MORT qui fait partie de la VIE.


PHILIPPE

15 sept. 2017

Ma maman a 91 ans cela fait 4 semaines qu'elle est hospitalisée dans un service de gériatrie, elle a un cancer colorectal avec des métastases au cerveau et on la laisse dans un lit à délirer, à souffrir et quand elle revient a nous pendant des moments de lucidité, elle nous dis qu'elle veut mourir qu'elle en a marre de souffrir.

 

Tous les jours nous allons a son chevet avec mes sœur et tous les jours nous souffrons de la voir comme ça.

 

Stop stop a l'hypocrisie! Il faut que cette loi arrive.


JEAN-PIERRE

15 sept. 2017

 

 

Agée de 96 ans, notre mère a subi en 2012 un AVC qui a endommagé son cerveau irrémédiablement, la plongeant dans un coma dont le médecin du service de l’hôpital d’Orléans, où elle a été admise en urgence, nous a assuré, à plusieurs reprises, qu’elle ne pourrait jamais sortir au vu de la gravité des dégats observés au scanner, même si la zone gérant des fonctions vitales, respiration, régulation de la température notamment, fonctionnait encore de façon autonome.

 

Notre mère avait, plus de cinq ans auparavant, lors de son entrée en maison de retraite, fait savoir par un écrit dans son dossier son souhait d’échapper à tout acharnement médical. Elle craignait, comme beaucoup d’entre nous, de devoir rester ainsi dans une vie végétative, dénuée de conscience et de tout sens.

 

Nous l’avons, dans le respect de sa croyance religieuse et avec l’aide et la présence  d’une personne de l’aumônerie de l’hôpital, accompagnée par des prières et des pensées, dans ce passage destiné à quitter la vie terrestre, sobrement et dignement.

 

Le médecin du service, hélas, n’a pas eu le courage d’accéder entièrement à sa demande, et elle a subi ce qu'elle redoutait, pendant trois semaines, dans toute son inhumanité, ce qui nous a profondément choqués alors que nous attendions, vu l'irréversibilité de son état affirmée et réaffirmée par les médecins , la bienveillance d’un accompagnement pour accélérer sa délivrance ! 

 

Ce qui lui a été imposé, en l’absence de loi permettant le respect de sa volonté, et faute de courage du médecin responsable du service, n’est ni plus ni moins que de mourir à petit feu de dénutrition et de déshydratation, ou d’espérer qu’une infection opportuniste, qui ne serait pas soignée, vienne mettre un terme à cet état. Sans douleur ? Personne ne le sait vraiment, son corps et son visage aréactifs ne laissant transparaître pas suffisamment de signes pour que lui soit offert le secours de la morphine. Sans humanité ? Plus sûrement.

 

Notre mère a mené sa vie avec courage, jusque dans les derniers temps, malgré la dépendance qui s’était installée. Elle n’a dû de sortir de cette barbarie imposée par les lois en vigueur dans notre pays qu’au courage et à l’humanité de l’équipe d’internes de garde, pendant un week-end d’absence du médecin chef du service.

 

Voilà pourquoi, pour que de telles situations ne se reproduisent plus, j'appelle nos dirigeants politiques à avoir le courage de légaliser l'euthanasie et le suicide assisté. 

 


JEAN-LOUIS

12 sept. 2017

 

Bonjour,

 

Je vous prie de bien vouloir trouver ma réflexion sur le sujet, que je vous autorise, bien sûr, à utiliser pour la cause !

 

Ce n'est pas un problème politique, même si les politiques s'en sont emparés, sans donner la parole au peuple… Mais les politiques sont des lâches, issus d'une bourgeoisie surannée qui pense encore comme au 19e siècle.

 

Nous avons connu, pour notre Mère à 86 ans, ce grave problème de laisser une personne dans un état végétatif pendant 3 ans après un AVC !

Avant de mourir dans des conditions inhumaines à cause de l'acharnement d'un médecin qui ne savait dire que trois choses,

 

- "ah oui, mais le cœur est bon !",

- "la seule chose que je peux faire, c'est de ne plus l'alimenter et la laisser mourir d'inanition et de soif " et

- "vous savez, moi ce sont mes convictions religieuses ", 

 

…et cela dans un hôpital public, alors qu'elle était entièrement paralysée, aphasique et faisait infections pulmonaires sur infections, donc bourrée de médicaments et bardée de tuyaux !

Est-ce humain cela, Mesdames et Messieurs les « politiques » ? En réalité, vous ouvrez le parapluie de la "bien-pensance" sans vous soucier de la détresse du malade et des familles.

 

En réalité, ces apôtres de la "bien-pensance" ne se soucient pas de la détresse du malade et des familles. Étant Athée je n'ai pas pas d'idées préconçues d'un hypothétique au-delà, ni d'une âme, d'ailleurs ! Je n'ai pas à me plier aux idées de ces gens, religieux dont je ne reconnais pas la religion, ni à des politiques, qui envoient à la guerre des jeunes se faire tuer, mais ne veulent pas "autoriser" une personne à abréger des souffrances devenues insupportables ! Quelle hypocrisie…

 

Je vous remercie sincèrement pour la lutte que vous menez et vous y encourage…

 


ALAIN

12 sept. 2017

Ma femme est atteinte d'une maladie dégénérative de la famille Alzheimer. C'est principalement sa vue qui est déficiente et elle s'enfonce peu à peu dans un brouillard généralisé. Il n'y a rien à faire et l'idée de finir dans une maison spécialisée l'angoisse plus encore que sa maladie. Ils ne nous reste que quelques solutions :

- la promenade en bord de falaises (nombreuses dans notre région),

- la solution Haneke, si bien illustrée par Jean Louis Trintignant et Emmanuelle Riva,

- la solution Claude François.

Quoi d'autre ?


CATHERINE

08 sept. 2017

 

J'adhère à l' ADMD depuis 25 ans et ai suivi les péripéties des différents projets de loi qui n'ont jamais débouché sur une loi permettant l'euthanasie ou le suicide assisté.

 

Une de mes cousines a été atteinte de la maladie de Charcot. Elle a été suivie en région parisienne par son hôpital de secteur et à la Salpétrière où le diagnostic avait été posé après un temps d'errance médicale.....

 

Les médecins lui avaient promis une sédation profonde quand elle souffrirait trop.

 

En fait elle a été complètement abandonnée sous prétexte qu' "elle n'allait pas assez mal"!!!!!!

 

Elle a été mourir à Bâle le 24 mai 2017 aidée par l'Association Life Circle où elle a trouvé aide et humanité.

 

Je trouve scandaleux que le Français soient contraints à "un tourisme de la mort", comme  nous étions contraintes (j'habite en Franche-Comté proche de la Suisse)de nous rendre en Suisse pour avorter avant la loi Veil...


CHRISTIANE

08 sept. 2017

 

 

 

 La triste expérience vécue avec l'agonie de mon père il y a 30 ans, m'a marquée pour toujours. Quelle souffrance et douleur de chaque côté! Ma colère était telle, que j'ai demandé au chirurgien de l'hôpital si je pouvais emmener mon père chez un vétérinaire!

 

Souffrance inacceptable pour les animaux. Mais les humains? Notre choix est réfléchi et justifié par ce refus de mourir dans des conditions soit disant humaines... plus rien à manger ou boire, dans le coma? Mais de qui se moque-t-on? La France doit changer et évoluer d'après notre nouveau gouvernement... c'est le moment, prouvez-le et regardez hors des frontières puisque vous le faites si bien pour d'autres situations... Autorisez cette fin de vie choisie!


MIREILLE

08 sept. 2017

 

 Après un AVC très sévère, mon mari est devenu grabataire. Après 3 gastrostomies, il ne peut plus être alimenté par sonde, alors on lui injecte par seringue de la nourriture. Il doit rester 8 à 10 heures assis sur un fauteuil, attaché avec un drap car il ne tient pas assis, car sinon il risque une fausse route ou une pneumopathie. La seule chose, c'est qu'il ne se rend pas compte de son état.

 

 

Parmi les bien pensants, qui voudrait être à sa place? 


LECOMTE

08 sept. 2017

 

A mon papa né en 1910. 

 

Tu es parti passer des examen à l'hôpital assis dans ton fauteuil roulant, ta petite valise que tu as toujours préparée comme d'habitude, sur les genoux. Tu as travaillé très tôt à la ferme, plusieurs accidents aux genoux.  Avec l'âge, ils ont conduit à la pose des premières prothèses nouvellement inventées. Tu allais bien.  A cette occasion, deux belles 

Personnes se sont rencontrées.  Merci à ce docteur au grand coeur. 

 

Une erreur médicale dans un hôpital. ( confusion d'un kyste éclaté derrière le genou avec une phlébite) ta cloué définitivement dans ton fauteuil roulant..malgré un appareillage extérieur. 

 

Dans ce même hôpital, on t'a laissé tomber du lit alors que tu ne portais pas ton appareillage. Jambe cassée, douleur, administration de morphine trop forte. Tes derniers mots ont été " je vais crever". 

 

En effet, plus un son n'est sorti de ta bouche, tu ne pouvais plus parler, plus manger. Tu as été conduit EN SOINS DITS PALLIATIFS. On t'a posé une perfusion..tu ne devais pas souffrir, partir rapidement. 

 

Ton coeur solide en a décidé autrement à la grande surprise du médecin. Pendant 3 semaines, ce fut l'enfer, aucun son ne sortait de ta gorge, mais sans cesse, tu m'as parlé. Que m'as-tu dit ? Tu n'as jamais perdu la tête. Nous avons communiqué avec les sourcils. " Si tu me comprends, lève les sourcils papa", ce que tu faisais, et tu l'as fait de plus en plus faiblement jusqu'à la fin. 

 

Maman ne voulait pas venir te voir, elle avait peur. Nous allions la chercher lorsque tu étais calme. 

 

" C'est  maman, si tu la reconnais, lève les sourcils", ce que tu faisais. Dans tes paroles sans son, le regard sans vue ? Que les ombres. (Tu avais peur lorsque je passais la main au dessus de tes yeux). Tu as dû la réclamer et réclamer. 

 

Papa, tes enfants devenaient fous, tournaient en rond dans ta chambre ne sachant que faire lorsque tu te crispais de douleur de la tête aux pieds en adoptant un masque de mort. Tu recroquevillais tes jambes qui n'avaient plus bougé seules depuis bien longtemps. Ma soeur n'a jamais pu te toucher, tout au long de ton séjour, elle avait peur aussi. 

 

Est-ce que tu te battais contre un diable lorsque tes yeux effrayés balayaient le plafond de droite à gauche et de gauche à droite à une vitesse extraordinaire ?

 

 

Lorsque les infirmières venaient changer ta perf à côté de toi, tu sursautais.

 

 

Il paraît que tu n'avais pas mal ! ! ! !  Alors, pourquoi après de longs jours passés à perdre des forces, tu ne pouvais plus cligner les yeux, avaler ta salive, quand j'ai voulu laver tes lèvres sèches, laisser tomber une goutte d'eau dans ta bouche avec une compresse que j'ai pressée, tu as hurlé me faisant sursauter. Tes yeux non lavés étaient ternis par un dépôt de larmes. Je n'ai pas osé te redonner le peu de lumière que tu pouvais encore capter. 

 

Pendant 3 semaines, tu as perdu des forces, petit à petit, tu ne pouvais plus lever les sourcils. Tu ne "parlais plus". 

 

Mon frère, ton fils généreux, aimant, t'a encouragé. 

- Papa, c'est dur.  Demain, tu as 93 ans, il faut que tu y arrives.

 

 

Il y est arrivé. Nous sommes allés chercher maman, il était calme, méconnaissable.  

 

"Parle lui maman", je vais voir s'il te reconnaît. 

 

 

- Papa, c'est maman si tu la reconnais, essaie de lever les sourcils, il les a faiblement levés et les a gardés ainsi jusqu'à ce qu'elle parte. "Il n'a plus que le souffle", a-t'elle dit en partant. 

 

Le lendemain, je suis arrivée la première, un peu ralentie par un problème de marche. Trot tard, tu venais de partir à l'instant ! Encore une demi seconde et tu ne partais pas seul, papa. Tu étais épuisé ! Trempé de sueur, mais tu étais en paix. 

 

Tu ne savais pas que 1 an plus tard, maman, laissée en pleine forme, te rejoindrait subitement, minée par le chagrin. 

 

Tu ne savais pas qu'une longue maladie incurable (depuis 10 ans) allait miner ton gendre petit à petit.  En ce moment il dort dans son fauteuil, le chat roux que nous avons recueilli dort sur une chaise à côté de lui, comme le tien dormait à côté de toi. Tout est calme. 

 

Un jour, lorsque tu n'as plus pu marcher, tu avais dit à ton fils, "si c'est pour mener cette vie, autant partir". 

 

Entre mes frères, soeur, et moi, c'est le silence à ce sujet. J'ai fait un gros effort, je n'en parlerai plus. Reste le présent à vivre. 

 

Toutes mes pensées affectueuses, de solidarité à la Terre entière qui souffre.


JEAN-CLAUDE


MARTINE

08 sept.2017

 

Mon mari a fait un AVC en 2006, ont suivi de nombreuses complications médicales qui ont mis sa vie en péril. Depuis il a récupéré, il marche, il parle mieux mais a perdu l'écriture et la lecture. Il était ingénieur de haut niveau. Je sais que si tout à coup sa santé se détériore et qu'il souffre, il ne veut pas d'acharnement thérapeutique et je ferai alors tout pour l'aider, pour qu'il puisse mourir dans la dignité et la sérénité.


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LE CHOIX - CITOYENS POUR UNE MORT CHOISIE 

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