Le 26 septembre 2018 : Sylvie partage son avis avec vous

Merci pour ces témoignages.

Mais que faire pour que le Législateur prenne une décision courageuse, nécessaire, « vitale » ?

Nos gouvernants sont tous dans le consensus mou tellement ils ont la trouille de prendre des responsabilités qui leurs soient

un jour reprochées.

Si nous voulons que le plus grand nombre d’humains aient la chance de vivre bien, est-il scandaleux que certaines personnes lucides choisissent de mourir, même sans être malade ? Juste parce que lorsqu’on a 90 ans par exemple, on peut estimer que l’on a bien vécu et que la place est à laisser à d’autres ?

Qu’on a pas envie de profiter de plus de systèmes de soins, plus de retraites, de biens et qu’on a déjà transmis notre savoir, notre expérience à nos proches ?

Respecter la vie, c’est aussi respecter la mort. Et nous mourons comme nous avons vécu : c’est-à-dire avec courage pour quelques-uns.

J’ai toujours été responsable de mes moindres faits et gestes. Je veux qu’il en soit ainsi, jusqu’à ma dernière volonté et mon dernier souffle. 

Dans un premier temps nous pouvons faire des test ADN pour déceler les éventuels problèmes de santé. Internet nous permet cela même si ce n’est pas légal en France.

Je l’ai fait pour retrouver mes origines, car née sous X.  Et j’ai retrouvé une cousine germaine… en Israël.

Il faut faire bouger les lignes.

 

Sylvie


Le 14 juin 2018 : Lettre au Président de France Parkinson

 

Monsieur le président de France Parkinson,

 

Pourquoi ce courrier ?

 

Je sais que progressivement je vais être prisonnier.

 

Je sais qu’un dysfonctionnement de mon cerveau, une mort partielle m’enfermera lentement dans de tristes contraintes.

On ne meurt pas de Parkinson, non plus d’autres dégénérescences neurologiques.

On meurt d’une conséquence : étouffement, infections.

Ces malades dont je suis, sont la principale clientèle des EHPAD. On peut mourir d’autre chose, ô rêve : une crise cardiaque… Par exemple, sauf à être réanimé !

 

Comment vais-je mourir ?

 

Lente dégradation, souffrance aux bons soins d’un personnel soignant qui ne me convainc pas ?

Parkinsoniens, nous sommes nombreux, dès lors qu’on nous laisse l’exprimer, à nous poser cette angoissante question, et à, contrairement aux non malades, en connaitre la réponse. Plus ou moins !

 

J’espérais beaucoup des états généraux de la bioéthique. Tant de mes concitoyens sont pour une avancée.

Mais nous sommes en France, pays des contrepouvoirs, pays des lâchetés pour raisons politiques, pays de donneurs de leçons avec démonstrations qui souvent ne sont que postures.

 

Honte au lobbys de tous poils, qui ne font que maintenir leur pouvoir. Honte aux politiques, honte à la couardise !

 

En attendant nous/ça meurt mal, dans la souffrance et l’angoisse.  Il y a trop de pouvoir donné au personnel soignant, pas assez d’EHPAD, un oubli de notre grand principe qu’est la liberté.

 

C’est un désespoir, mais il y a pire.  Je me suis senti infantilisé par vos équipes et par les soignants tout autant.

 

Bientôt 2 ans que je suis diagnostiqué et que je nage dans la pleine confusion du désir des uns et des autres.

Pour le commun, Parkinson n’est pas grave « ça se soigne très bien... ».  Conséquence probablement d’un discours médical peu clair.

L’argument fait mal.

 

Mon Généraliste mit 2 bonnes années avant que d’estimer nécessaire mon orientation vers un Neurologue, lequel m’annonça la maladie avec une certaine légèreté. Prononcer un diagnostic Parkinson ne lui était plus difficile. Il avait foi, la science progresse, je bénéficierai d’une avancée, nécessairement.

 

A ce retour mon généraliste dédramatisa : il connaissait un chirurgien atteint qui continuait ou avait continué de pratiquer. Nous étions dans le cynisme.

 

J’ai alors commencé des recherches dans internet. Bien sûr je découvris que la MP n’était pas si sympathique. Un entretien avec un autre praticien pour une confirmation de diagnostic m’en apporta la certitude.

 

Je compris qu’ :

• il n’y a pas de traitement curatif possible mais des soins palliatifs (bien sûr ça n’est pas dit ainsi, ça n’est pas non plus refusé quand je l’énonce) à plus ou moins longue durée.

•  après diagnostic, il y a entre 3 et 7 ans de vie presqu’ordinaire…

Aucune certitude cependant, il s’agit de moyennes…

• il peut y avoir moins ou davantage de temps.

Aucun professionnel, aucune publication n’avance précisément les mêmes chiffres.

En fait il s’agit d’un temps dit « lune de miel », à la grâce d’on ne sait trop quoi, d’on ne sait trop qui.

 

J’ai croisé des diagnostiqués de moins de 5 ans très handicapés, des plus de 10 ans qui semblaient l’être moins… Des transplantés dont 1 débranché (ça n’avait pas marché !).

 

Pas un, pas une n’allait vraiment bien, mais il « faut vivre ! ».

 

La transplantation ?

 

Déjà je me questionne : comment refuser une intervention si lourde dont je n’ai pas du tout envie. Comment ? Quand plus rien n’est maitrisé, que la douleur est si présente ? Mais nous ne pouvons tous y prétendre. Pour l’instant c’est ce qui me rassure…

 

Néanmoins, au fond de moi, les interrogations sont multiples, redondantes. Pas une journée que je ne pense à Parkinson et à toutes ses options.

 

« Il ne faut pas vous projeter si loin », me disent les soignants. Heureux les innocents !

 

Danse, gymnastique adaptée, kiné, orthophonie permettent de travailler/maintenir la souplesse des muscles et ça soignerait. Mais la maladie d’évoluer inexorablement. C’est très confus en fait, pour la plupart, chez l’entourage notamment, aussi chez les soignants, l’exercice quotidien serait neuroprotecteur… Alors « il faut se battre, se bouger». Contre qui, contre quoi. La victoire dans ce type de maladie est définie d’emblée. Mais il faut bien un coupable.

 

Ne pas vouloir pratiquer ces pseudo thérapies est faire preuve de dé-responsabilité, est culpabilisant.

 

Quoi qu’il en soit, raideur, douleur, incontinence, fausse route, chutes, absence de vidange gastrique, tremblements, akinésies, perte de la voix, perte des fonctions cognitives, fatigue avec peu de relâche, hypomimie et que sais-je encore, sont des certitudes.

 

Jamais ça n’est vraiment dit. Pas d’alternative néanmoins.

 

J’ai pris contact avec France Parkinson, votre organisation.

 

Dans le même temps je me suis abonné à Canada Parkinson et à l'ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité).

J’ai rédigé mes « volontés anticipées », recueilli les signatures de ma fille, ma sœur, mon neveu.

 

La mort d’une partie de mon cerveau ne peut que me rappeler ma totale mortalité. Toutefois, je sais que je ne veux pas passer par certaines épreuves. C’est clairement mon choix.

 

« Je ne veux pas vivre Parkinson », le moins possible. Reste à définir le moment qui me semblera opportun. Aurai-je ce courage ? En aurai-je les moyens, le nécessaire accompagnement ?

 

Redite : « J’ai bien compris qu’on ne meurt pas de la MP, mais d’une de ses conséquences. Fausse route, infections… », pour la plupart le voyage se termine en EHPAD, à la merci d’un environnement médical dont les motivations profondes sont souvent immatures.

 

On peut ne pas le vouloir.

 

Je fus reçu 3 fois chez France Parkinson par une jeune femme psychologue remarquablement à l’écoute, bien, vraiment très bien.

Si ce n’est, me semble-t-il, que ce « je ne veux pas vivre Parkinson » ne lui fut pas d’un entendement facile.

 

Suis-je dépressif ? La question fut posée.

Réaction, endogénéité ?

Cause ou conséquence de la maladie ?

Comme le disent les philosophes, la question est « sans pourquoi ». De la poule ou de l’œuf jamais nous ne saurons qui fut précurseur et qu’importe. Les perspectives ne sont pas réjouissantes, réagir ne me semble pas inopportun.

 

En tout état de cause, je ne me sens pas dépressif, attristé sûrement, déterminé ! Je ne veux pas d’antidépresseurs.

 

J’ai par ailleurs écrit quelques fois sur le forum de FP. Une première publication me valu réponse d’une intervenante. Jamais mes propos ne furent à nouveau lisibles. Pourtant fort convenables, ils furent censurés, je suppose. Je ne pus jamais répondre à mon interlocutrice.

 

Quelle déception !

 

Depuis, bon malade…

• J’ai participé à des ateliers tenus à la Salpêtrière dans le cadre de l’éducation thérapeutique organisées par les centres experts Parkinson. J’ai dansé, écrit une scénette et mis en scène.

• J’ai écrit à l’équipe animatrice.

• Je suis allé en cure à Lamalou les Bains, avec suivi d’un module spécifique MP à mes frais pour les diagnostiqués depuis moins de 5 ans.

• Je reçois vos documentations.

 

Moi qui me plaignais d’être mal informé. Cette fois-ci, c’est la lecture du programme des formations pour aidants, qui me fait perdre le moral.

 

Comment vais-je faire, moi qui vis seul et ne veux pas de ma fille comme garde malade ???

 

Les Ateliers (Salpêtrière, Lamalou, France parkinson…) sont toujours organisés autour du couple.

Un neurologue de la Salpêtrière ira jusqu’à me dire que cette maladie se vit, s’approche, par le couple.

 

Comment l’élément malade du couple peut-il alors être libre de sa parole ?

Tout autant d’ailleurs, où est la liberté de l’accompagnant ?

Au moins je n’ai pas cette contrainte, ce souci.

Mais quand même, je m’interroge, qu’en est-il du quotidien de ceux qui ne le veulent/ ne le peuvent ?

Comment vais-je faire ?

 

Les présentations/formations (sauf à Lamalou), sont toujours édulcorées. Il est des sujets inabordés, la méconnaissance quant aux causes et à l’évolution de la maladie n’est pas dite. Jamais n’est expliqué que pas un traitement ne sera mis sur le marché avant dix ans.

 

Suite à un courrier que j’avais adressé à l’équipe soignante MP de la Salpêtrière, j’y ai été reçu, après réception d’une convocation !

Ils étaient deux, tels les entretiens en entreprise, quand la hiérarchie a besoin de se "blinder".

Ils m’ont dépité. Les patients sont pris pour des mômes, aucunement placés dans un rapport d’égalité.

D’ailleurs il me fut clairement signifié qu’il ne peut y avoir un même niveau d’information pour tous, à tout le moins pas en même temps.

 

Pourtant l’information est une obligation légale.

Tous, malades ou pas, nous avons besoin d’envisager l’avenir, quel qu’il soit, pour exercer la nécessaire illusion de le maîtriser, un tant soit peu, s’y projeter.

 

Que se passe-t-il quand les sachants ne veulent rien nous dire ou si peu (à nous, malades) ?

Ne nous maintiennent-ils pas dans un état de dépendance supplémentaire à celui induit par la maladie ? Car alors nous n’avons plus de vrais projets possibles :

•         Mes vacances mais aussi ma transmission/succession…

•         L’information de mes proches, quand ?

•         L’organisation de mon patrimoine mais aussi ma fin de vie, passive ou pas !

•         Mon déménagement mais aussi l’achat d’une voiture automatique… Voire plus de voiture.

•         Mon adhésion à telle association plutôt qu’à telle autre…

•         Ma rencontre avec l’âme sœur… que puis-je maintenant espérer ?

•         Ma sexualité, mais aussi mes couches culottes...

 

Et que sais-je encore !

 

Votre dernier envoi internet du point de vue informatif me convient, aussi vais-je renouveler mon abonnement.

Mais je suis au désespoir, si ce n’est que je ne veux pas blesser mon entourage...

 

Le rapport de bioéthique parle si peu de ces maladies dégénératives.

Par ailleurs jamais il n’imagine qu’on puisse vouloir autre chose qu’un accompagnement médical, moralisateur.

 

En tout état de cause il n’y est fait mention d’aucune présence de votre part.

Comment pouvez-vous :

• ne pas juger opportun de prendre place dans ce débat,

• ne pas consulter vos adhérents,

• ne pas expliciter clairement votre position.

 

 

C’est désespérant.

 

Bien cordialement.

 

DT


 

Le 30 mars 2018, Élisabeth nous a écrit:

 

 

La mort est un sujet qui m'a toujours préoccupée et me préoccupe encore. Ma grand-mère maternelle que j'adorais a été amputée 3 fois des jambes ( gangrène qui continuait de progresser malgré la première opération). Autour de moi, j'ai vu beaucoup de gens mourir dans de grandes souffrances.

 

Non, on ne meurt pas en s'endormant tranquillement dans son lit à moins d'y être aidé. J'ai aussi vu des personnes à "l'état de légume" qu'on s'acharnait et qu'on s'acharne encore aujourd'hui à faire respirer; tout cela fait l'affaire des hôpitaux, médecins, chirurgiens, instituts pharmaceutiques, pharmaciens ... et pour les plus "riches" et un peu plus vaillants, quoique eux aussi sont souvent dans un état chancelant et souvent victimes de maltraitance, du moins de manque de soins, faute de personnel des maisons de retraite.

 

Pour moi, être aidé à mourir devrait être un droit dès que la personne le demande.

 

En Belgique, en Hollande, l'euthanasie est autorisée.

 

On aide bien en France les animaux à mourir pour leur éviter d'atroces et insoutenables souffrances alors pourquoi laisse t-on agoniser nos personnes âgées ??

 

On sait qu'on aide les personnes "influentes" à partir quand cela devient trop dur ; c'est un secret de Polichinelle. On sait que les médecins s'arrangent également le moment venu et aident les personnes de leur famille ...

 

Alors j'adhère à votre association pour avoir moi aussi le droit de mourir librement et dignement. 

 


 

Le 26 mars 2018, Jean-Pierre nous a écrit ce qui suit:

 

Je suis depuis longtemps adhérent et militant à l'ADMD mais je pense qu'il faut être plus mordant avec les politiques. J'ai eu des chiens et des chats et je ne les ai jamais laissés souffrir stupidement quand les soins devenaient inutiles. Au surplus je crois comme beaucoup à l'immortalité de l'âme et que la mort n'est qu'un passage d'un champ d'énergie à un autre comme la naissance.

 

Je suis scandalisé du refus de liberté envers ceux qui demandent pour eux-mêmes et n'obligent personne, le droit de finir tranquillement et pas dans la déchéance physique dont ils sont seuls juges. Je me sens donc solidaire de tous ceux qui mènent le combat pour obtenir cette liberté si bien exprimée dans la dernière leçon.


 

Le 19 mars 2018, Daniel a donné son avis:

 

 

Mon point de vue est qu'une personne, à partir du moment où elle estime que sa vie n'est plus une vie et n'a plus de sens, doit pouvoir choisir d'y mettre fin en toute sérénité. Cela implique entre autres que cette volonté puisse s'exercer en dehors de la fin de vie (par exemple vieillesse avec isolement total).

 

Cela implique aussi que la médecine puisse intervenir afin de dépister une éventuelle affection curable (par exemple une dépression mélancolique).

 

A mon sens, l'euthanasie serait à réserver aux seules personnes dans l'incapacité de mettre fin à leur vie par elles-mêmes (par exemple une personne tétraplégique), et pour ce faire nécessitant l'intervention active d'un tiers. En revanche, les personnes pouvant s'administrer elles-mêmes une substance létale relèveraient de ce qu'on appelle le "suicide assisté".

 

Les deux dispositions devraient figurer dans un futur texte de loi, et il va de soi qu'elles ne pourraient être mises en oeuvre qu'à la seule demande de la personne - ou de la personne de confiance faisant valoir des directives anticipées. Les juristes et les législateurs seront particulièrement attentifs à vérifier que la personne agit bien de sa propre volonté, en dehors de toute pression/manipulation.

 

J'adhère pour soutenir une telle démarche, respectueuse de la volonté de la personne, et n'empêchant personne d'agir pour soi-même, selon ses convictions. En 2018, il est temps que notre pays se dote d'une législation adaptée à cette question de société, réclamée par une majorité de citoyens. J'ajoute que de telles dispositions ne s'opposeraient en rien aux soins palliatifs - lesquels manquent de moyens et mériteraient d'être développés - permettant ainsi une plus grande liberté de choix.


 

18 mars 2018: Le comédien / metteur en scène Philippe Caubère témoigne de ce qui suit:

 

 

J'adhère par conviction intime et profonde, par choix éthique, politique et personnel. Je ne veux pas être abandonné à la mort mais avoir la possibilité de l'affronter quand elle se présentera. Et pouvoir lui imposer, au moins, le moment, le jour et l'heure de mon choix. Mais j'aurai besoin pour cela d'être aidé et accompagné.

 

 

J'adhère parce que j'ai plus peur de souffrir que de mourir, même si mourir me fait peur aussi. J'adhère pour calmer cette peur. Et parce que j'ai vu trop de mes proches condamnés par le système médical à ces souffrances, à cette peur et finalement à la mort, sans qu'il puisse leur être d'aucun réel secours. Que celui de mots vains, d'encouragements inutiles et de soins radicalement insuffisants ; condamnés à la misère physique et morale et à la déchéance. Sans autre secours que l'affirmation d'une morale étrangère masquant, au fond, une profonde indifférence.

 

J'adhère pour pouvoir porter secours à mon prochain. Et donner à mon prochain la possibilité et les moyens de me porter secours.

 


Le 18 mars 2018, Fabienne a donné son avis:

 

C'est un droit qu'il nous faut défendre à tout prix, mais pas uniquement et pas de façon indépendante des grandes questions de santé qui secouent notre pays.

Par exemple, la prise en charge des soins palliatifs est à un niveau indigne de notre pays. Tout comme l'est l'état des hôpitaux publics ainsi que les EPHAD. Tout ceci relève d'un choix politique fort et indissociable.

C'est pour cela que nous avons lancé un appel citoyen à des Etats-Généraux de la santé. Je vous propose de nous rejoindre : http://appel-citoyen-des-etats-generaux-de-la-sante.com/


Le 18 mars 2018, Patrick a écrit ce qui suit:

 

 

 

J' ai suivi votre intervention lors de la conférence du CESE.... je suis engagé dans une autre association ( ADMD) qui fait aussi un grand travail pour faire aboutir l ' euthanasie et le suicide assisté ... je pense que plus nous serons nombreux , et représentés auprès des instances politiques , plus nous aurons de chances de faire aboutir notre demande . merci à vous ...


Le 18 mars 2018, Anouk nous a écrit ceci:

 

 

Le choix de fin de vie est reconnu pour les animaux, il doit, désormais l'être pour les humains. Rappelons aux détracteurs de ce droit qui craignent des abus, que la plupart d'entre nous mourrons, ou choisirons de mourir naturellement. Ce droit permettra, en revanche, à ceux d'entre nous dont la fin de vie sera insupportable d'abréger leurs souffrances. Quittons nos oripeaux judéo-chrétien, et revenons au bon sens.


 

ELKE BAEZNER

22 janv. 2018

En ce qui concerne la mort par arrêt d'alimentation et d'hydratation jusqu'à ce que mort s'ensuive, je suis folle de rage devant l'hypocrisie sans bornes, inhumaine, cruelle des médecins qui piqueraient sans hésitation leur chien  pour lui éviter une longue agonie, mais qui vous imposent, à vous, de vivre jusqu'au bout l'agonie de votre femme, votre mère, votre fils durant six longs jours et nuits, la plupart du temps deux fois plus, à faire des soins de la bouche comme seule aide, en attendant que la vie quitte le corps et l'esprit de vos proches, lentement, très très lentement.

 

Sachant la mort proche, acceptant la mort de leur patient, les médecins pourraient, avec son accord, au moins lui administrer suffisamment de morphine pour un sommeil très profond, en attendant la mort, ou mieux, juste lui mettre à disposition les 15 mg de NaP (Natrium-Pento-Barbital), le produit utilisé en Suisse pour l'assistance à la mort volontaire, ou un produit aux effets semblables. Ainsi, le malade perdrait conscience au bout de quelques instants seulement, et arrêterait de respirer quelques minutes plus tard, en douceur, sans résistance du corps, et sans aucune douleur.

 

Imposer au malade en fin de vie, au malade en proie à des souffrances insupportables,  inapaisables, et à leurs familles de telles souffrances, cette attitude du corps médical est d'une cruauté indicible, horrible, totalement opposé à la soi-disant pitié chrétienne !

 

Si cette méthode était aussi paisible qu'ils le prétendent, pourquoi ne la recommandent-ils pas à leur propre famille, ou ne la choisissent-ils pas pour eux-mêmes ???  Il est bien connu que le plus grand nombre de suicides est pratiqué par les médecins. Mais je n'ai encore jamais vu un seul qui aurait choisi cette méthode pour lui-même ! Pourquoi, pensez-vous ?

 

Excusez ce cri d'indignation, mais je ne supporte plus cette bigoterie, cette fausse dévotion, cette lâcheté de gens qui fuient leur responsabilité. N'étant plus la présidente de la DGHS ( Deutsche Gesellschaft für Humanes Sterben), obligée de formuler avec diplomatie et d'agir avec prudence, je peux enfin hurler toute ma rage au visage de qui  veut l'entendre.

 

Excusez-moi, mais merci beaucoup de m'avoir écouté et lu.


 Le 20 mars, Benjamin a écrit ce qui suit:

 

 

Bonjour, Je suis avocat au Barreau de Paris, fils de médecin et chirurgien, diplômé de droit médical, je suis depuis toujours sensible aux problématiques d'éthique. Ami de la fille d'Anne BERT, ayant moi même perdu ma tante d'une maladie de Charcot et ayant accompagné jusqu'à son dernier souffle mon oncle d'un cancer du poumon, je suis de ceux qui souhaitent se battre à vos côtés pour qu'une loi sur la fin de vie digne de ce nom soit adoptée. Il est selon moi grand temps de permettre aux gens de choisir de mourir dans la dignité lorsqu'ils estiment en conscience que leur vie n'est plus possible. Je souhaite donc rejoindre votre mouvement. Bien cordialement.


ZAZO DE LA TÉLINDIÈRE

14 janv. 2018

 

Madame Buzyn, 

Vous disiez sur France Inter que Simone Veil vous avait donné le goût de la vie publique et que si vous êtes ministre aujourd’hui, c’est pour ce goût de travailler au service des autres. Cela ne doit pas être la seule raison de votre arrivée au ministère, toutes celles et ceux qui ont rencontré madame Veil ne sont pas devenu.e.s « ministre ». Vous deviez avoir en vous déjà ce goût pour la Politique, à mon avis. 

La Politique, il y a plusieurs façons de l’envisager. Déjà, pour soi et les siens, ou « pour les autres » effectivement. Oui madame Veil en son temps s’est battue pour les autres, pour leur liberté en matière de Vie ou de non Vie Humaine, alors qu’attendez-vous madame, si Simone Veil vous a tant inspirée, qu’attendez-vous pour vous prononcer en faveur de l'ultime liberté des êtres humains : Droit de choisir entre la vie, sinon la mort aidée médicalement ? 

« Au service des autres… » Les autres ce ne sont pas que les lobbys pharmaceutiques, ni les quelques-uns qui font leur beurre sur la souffrance inhumaine. Religion comprise.

 

Alors qu’attendez-vous ? 

- Que nous descendions à plus de 60 000 dans la rue devant votre ministère ou votre domicile ? 

- Qu’on "tague" le résultat du récent sondage paru dans La Croix sur le mur de votre maison? 

- Que dans les Ehpad il n’y ait plus aucune place pour nos personnes âgées ne pouvant plus rester à leur domicile, alors que des lits dans ces Ehpad sont occupés par des vieux bien trop mal pour pouvoir se suicider sans aide, même si c’est leur souhait, mourir tout de go? 

- Que la sécu payant pour tant de personnes qui ne veulent plus de cette vie devenue inhumaine à leurs yeux, que cette Sécu vidée ne puisse de ce fait plus aider nos enfants et petits-enfants dans leur vie… humaine, la leur? 

- Que la vie de nos enfants et petits-enfants perde donc beaucoup de son humanité, dès lors que nous, et vous, aurons ruiné LEUR Sécu ? 

- Que nous mettions au grand jour quelques euthanasies clandestines ? 

- Que nous fassions un sondage pour connaître les vraies raisons des opposants ? 

- Et puis quoi encore ? 

 

J’ai entendu une aide-soignante s’inquiéter pour son smig, j’imagine que les marchands de médocs doivent voir rouge aussi, mais vous, vous le savez : nous aurons toujours assez de vieux pour nous occuper. Alors soutenez la majorité des Français qui demandent à ce que le droit à l’euthanasie arrive chez nous. C’est l’intérêt de la France et pour cela je vous remercierai. 


FRANÇOISE GRISO

10 janv. 2018

Mon état de santé se dégrade doucement mais sûrement , et je vois se rapprocher le jour ou je devrai aller finir ma vie en Belgique, car il y a bien longtemps que la France a laissé tomber les gens qui souffrent...!!!

Mais tout va pour le mieux dans notre beau pays...!!!

L'économie repart, les plus riches vont pouvoir s'en remettre plein les poches, alors quelle importance si il y a de plus en plus de pauvres et de plus en plus de précarité..??

Ceux qui nous gouvernent n'écoutent plus les demandes du peuple et préfèrent laisser aux pays voisins la charge d'assumer les attentes sociétales des Français....

C'est tellement plus facile !!!!

Plus de 90% de français souhaitent une loi comme en Belgique, mais quelle importance !!!

L'économie repart, les riches se frottent les mains et le reste.....on verra plus tard pour ne pas dire qu'ils s'en foutent...!!!

J'ai mal pour mon pays...

 


ANDRÉ

09 janv. 2018

 

Je suis adhérent de l’ADMD dans la Meuse depuis peu. Cependant, je suis depuis longtemps les timides évolutions des projets concernant la fin de vie.

 

J’ai vu la vidéo où vous intervenez au CESE avec Madame Debernardi et je vous approuve totalement. 

 

J’ai également vu les vidéos de Monsieur Falorni à l’Assemblée nationale quand il interpelle Madame Touraine ( décembre 2013) , Monsieur Valls (mars 2015) et plus récemment Madame Buzyn (novembre 2017).

 

Voilà des années qu’il est urgent d’attendre selon la majorité de nos élus.

 

La fin de vie est un problème différent des autres. D’abord, elle concerne 100% des personnes, quel que soit leur statut. 

 

Que certaines personnes soient contre l’euthanasie pour elle-même ne me dérange pas. Mais elles ne doivent pas pouvoir décider pour les autres et surtout pas pour moi !  J’ai signé votre pétition mais je ne pense pas qu’elle influencera les élus. 

 

Si les citoyens partisans d’une très forte évolution de la loi ne se mobilisent pas, dans vingt ans, la situation sera toujours la même. C’est pourquoi je propose de descendre dans la rue pacifiquement. Si des manifestations se déroulaient le même jour dans un grand nombre de villes, l’impact serait très fort. Je suis convaincu que des émissions radios et télévisées verraient le jour. Des leaders locaux et peut-être nationaux émergeraient pour vous aider. 

 

Je ne suis pas certain qu'il faille parler de ce sujet, mais je vous expose quand même mon avis.

 

La Sécurité sociale est, paraît-il déficitaire, mais il y a une foule d'incohérences.

 

Quand nous avons besoin de six comprimés, la pharmacie nous donne une boîte qui en contient quinze ou vingt. En contrepartie, un grand nombre de médicaments ne sont plus remboursés.

 

À l'hôpital, le nombre de lits est insuffisant, mais un certain nombre sont occupés par des personnes qui n'ont plus aucun avenir. C'est une souffrance pour elles et pour leurs proches et un gouffre financier.

 

Elles mobilisent du personnel qui fait défaut dans d'autres services.

 

Comme le sujet est tabou, chut !

 

Mon père et mon beau-père sont morts à l'hôpital dans des conditions inhumaines. Suite à une chute, ma belle-mère est arrivée aux urgences de Thionville hier peu avant treize heures. Elle a été soignée entre deux et trois heures ce matin et est ressortie à six heure et demie. 

 

Personnellement, je redoute cette situation et je pense que l'on vivrait plus sereinement en sachant que la fin sera paisible.

 

La majorité du corps médical et les élus qui refusent une réelle évolution n'ont rien à envier aux bourreaux nazis.

 

Veuillez agréer Madame, l’expression de mes sentiments respectueux.

 

 

 « La vie est un bien perdu pour celui qui ne l’a pas vécu comme il aurait voulu ». 

 

           Mihai Eminescu (1850-1889)


GÉRARD

02 déc. 2017

 

Bonjour Marie,

 

Comme vous l’avez mainte fois dit : « vous êtes une éternelle optimiste », ce qui n’est pas mon cas, vous l’avez peut-être déjà remarqué ! Sans doute cet état d’esprit positif rend l’existence plus supportable ; je peux le comprendre, mais n’en ai pas l’expérience.

 

Hier, vous étiez pleine d’espoir :

 

« J’ai reçu hier après-midi un appel d’un Administrateur auprès du Secrétaire Général du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE). Il m’invitait à être auditionnée avec Nathalie Gueirard Debernardi, qui est à l’origine de l’autre pétition sur l’aide active à mourir. »

 

Je suis très méfiant, mais content pour la cause que vous défendez avec un courage et une ténacité remarquable, cause à laquelle j’adhère complètement, même si un point me titille légèrement. Je vous l’ai déjà écrit, vous vous en souvenez sans doute. Je n’ai malheureusement pas avancé d’un pouce.

 

Dans ce même courrier, j’évoquais le cas BUZYN, car oui, vous avez raison, il est surprenant qu’une femme ayant dû côtoyer en tant qu’oncologue et, si je me souviens bien de son élogieux CV, qui plus est, dans le secteur pédiatrique… ! Je pense que j’avais alors signalé un léger écart dans cette brillante carrière : son passage à la direction de la HAS durant une année (ce n’est pas anodin !).

 

Vous écrivez : « Je ne suis pas surprise par sa réponse, une suite de lieux communs redits mot pour mot pour la énième fois, mais je ne peux pas m’empêcher de me demander pour quelle raison cette femme a été choisie par notre Président… ». Effectivement, il n’y a rien de surprenant, ce n’est plus un médecin qui s’exprime, mais un ministre aux ordres d’un « je suis le seul à savoir ». Un ministre est un politique et peu de politiques prononcent autre chose que des discours creux ; du vide ! Pour le reste, il ne vous a pas échappé que le gouvernement, dans son intégralité, est aux ordres du roi ! Notez que je me garde d’utiliser d’autres qualificatifs qui conviendraient tout aussi bien à cette personne (je parle du roi, bien sûr).

 

Permettez-moi de passer maintenant à la fin de cette phrase : 

 

« … choisie par notre Président pour s’occuper de ce ministère si sensible, qui demande autant d’humanité et d’empathie que de compétences professionnelles, alors qu’elle est si haut perchée dans son rôle d’experte médicale qu’elle est complètement déconnectée de ce que nous vivons tous... ». Oui, ici encore comment ne pas être en accord avec ces propos ?

 

Toutefois je mettrais un bémol sur « … qu’elle est si haut perchée dans son rôle d’experte médicale… ». Ce n’est pas parce que l’on a éventuellement été une star dans sa discipline que l’on maîtrise tout ce qu’englobe « La Médecine », tant s’en faut !

 

Pour moi, cette place lui était destinée, bien avant les élections présidentielles : pourquoi ce passage par la HAS ? Peut-on reprocher à un élu par le peuple français (une parti seulement, vous me l’accorderez), d’avoir, sur ce coup, suivi ses promesses électorales, à savoir : mettre en place des personnes compétentes ! Je n’ai rien à dire sur ce point, putativement, elle devrait avoir la compétence ! Méfions-nous toutefois des médecins spécialistes, ils peuvent parfois ne plus être compétents en médecine générale. Ils peuvent n’être particulièrement compétents dans leur spécialité, voire même y être particulièrement pointus, ce qui est loin d’un tout !

 

Autre chose : souvenez-vous des anciens ministres qui ont successivement occupé ce poste « si sensible, qui demande autant d’humanité et d’empathie que de compétences professionnelles ». La dernière en date, MST, était économiste et n’avait aucune compétence médicale ; le fait d’évoluer dans un environnement de culture médicale ne fait pas de vous un médecin… ! Par ailleurs, avoir à ses côtés un ambassadeur peut aider à obtenir un ministère ! Pour finir vous savez aussi bien que moi, peut-être même mieux, que ces postes sont interchangeables surtout si l’on a fait un passe par l’ENA… ! Nous n’allons pas continuer, mais, il y a peu, nous avons eu le droit à une pharmacienne qui a mis huit ans pour décrocher son diplôme d’officine et elle a effectivement fait de grandes choses…

 

Marie, excusez-moi si cet écrit, qui vous est spécialement destiné, est un peu agressif… ! Vous ne pouvez pas ne pas comprendre mes réactions. Bien évidemment, ces réactions n’entravent en rien le profond respect que j’ai pour vous et pour votre action.

 

 

LA RÉPONSE DE MARIE GODARD À GÉRARD:

 

D’abord une précision. Entre la mise à jour annonçant la bonne nouvelle en provenance du CESE et la suivante, qui fait part aux signataires de la posture inchangée de Madame Buzyn à propos de l’aide active à mourir, il n’y a pas de changement d’humeur de ma part, contrairement à ce que vous semblez penser. 

Je suis ainsi faite que je ne peux pas manquer d’honnêteté envers mes interlocuteurs, qui qu’ils soient. Aussi, j’aurais eu le sentiment de les tromper si je ne leur avais pas fait part de ce court échange entre le Député Falorni et la Ministre Buzyn, même si celui ci avait de fortes chances de rester plutôt confidentiel, car je doute que les Français soient très nombreux à aller sur le site de l’Assemblé Nationale.

Ceci étant dit, comme je sais depuis un long moment que Madame Buzyn n’est pas à sa place à ce poste et qu’elle est complètement façonnée par ses études et sa carrière, certainement brillante mais complètement déconnectée de ce que vivent les Français ordinaires qu’elle ne côtoie pas, je n’ai pas du tout été surprise de ce qu’elle a répondu à Monsieur Falorni. 

 

Quant à être d’accord avec vous lorsque vous dites que  «  ce n’est plus un médecin qui s’exprime, mais un ministre aux ordres d’un « je suis le seul à savoir ». Un ministre est un politique et peu de politiques prononcent autre chose que des discours creux ; du vide ! Pour le reste, il ne vous a pas échappé que le gouvernement, dans son intégralité, est aux ordres du roi ! » je suis désolée mais il n’est pas plus ancré dans ce rôle de roi que ne l’étaient ses prédécesseurs. C’est le système politique français qui en est responsable. 

 

Depuis qu’il a été élu, et que l’on soit d’accord avec lui ou pas, et cela est un autre débat, Emmanuel Macron, contrairement à ses deux prédécesseurs, fait ce qu’il a dit qu’il ferait pendant la campagne présidentielle, et cela, nous ne pouvons pas le lui reprocher. Que ce qu’il est en train de faire ne plaise pas à tous, cela n’a rien de nouveau car il n’est pas de bonne guerre en France de donner sa chance au coureur…

 

Vous êtes bien cynique à propos des rouages de l’état, et je vous comprends de l’être, mais pour ce qui concerne la fin de vie et l’aide active à mourir, je suis persuadée qu’Emmanuel Macron n'est pas du tout opposé à faire voter une loi l’autorisant. Ainsi qu’il l’a dit à plusieurs reprises, les sujets autres que la remise en marche de la France au plan économique et de l’emploi, et les sujets connexes, sont ceux qu’il a décidé de traiter d’abord, et cela, nous le savons depuis la campagne électorale. Ce n’est pas pour autant que lorsqu’il aura franchi les premières étapes qu’il s’est engagé à franchir (avec plus ou moins de succès, mais laissons lui un peu de temps pour faire ses preuves, car on ne peut pas récolter ce qu’il a récolté de son prédécesseur et s’attendre à ce que tout « baigne » en six mois), il ne nous surprendra pas avec les lois sur la bioéthique, qui, je vous le rappelle, vont être revues au printemps 2018.

 

Alors oui, je suis une éternelle optimiste, mais je pense que j’ai de bonnes raisons de l’être. Je suis française depuis bientôt 40 ans. D’origine canadienne, j’ai vécu et travaillé pendant plus de 15 ans dans divers pays d’Asie et pendant aussi longtemps au Canada. Je pense connaître plutôt bien les différents rouages économiques et politiques des pays où j’ai vécu. Bref, j’ai roulé ma bosse et j’ai à ma disposition plusieurs éléments de comparaison que n’ont pas tous les Français. Je pense que notre Président, comme d’ailleurs le Premier Ministre canadien, font partie d’une nouvelle génération d’hommes et de femmes qui voient les choses autrement et ce à quoi j’assiste dans ces deux pays depuis qu’ils ont été élus me donne cause de ne pas partager votre vision désabusée.


COUP DE GUEULE DE CLO APRÈS LECTURE DU TEXTE DE MONIK GLASS (PLUS BAS)

28 nov. 2017

 

Très belle lettre d'une "mère à un fils possible" mais pas mal de politiques ne réagissent pas en fonction de leur cœur mais en fonction de ce que leur décision leur rapportera dans les sondages et comme voix aux élections. Le rapport à l'humain n'est pas le même que pour beaucoup d'entre-nous. 

 

Je ne suis pas d'accord toutefois avec la phrase "Mme Jospin a eu cet héroïsme rare" non, pour moi elle a eu "la lucidité" et surtout "l'accès aux bons produits" et non pas "un héroïsme rare" de partir avant la déchéance finale. L'accès aux bons produits pour se suicider, c'est aussi un privilège qui n'est pas donné au citoyen lambda.

 

C'est sûr que si nous avions tous à disposition un produit nous permettant de nous endormir comme elle, rapidement et sans souffrance, la question de l'euthanasie se poserait avec beaucoup moins de force chez les Français, mais voilà, nous, les citoyens lambdas, que nous reste-t-il pour nous suicider ? La pendaison ? la défenestration ? le passage sous un train ? l’absorption des médicaments que nous avons dans notre pharmacie ? Avec quels risques de se rater ? de se retrouver dans un état pire encore que celui que nous voulions quitter ? de nous retrouver en état de "légume" (même si ce terme choque, il montre bien ce que nous devenons quand nous ne sommes déjà plus des êtres "vivants" au vrai sens du terme).

 

Alors oui, François Hollande, moi, je pourrais être votre sœur et je vous dirais que vous avez raté le coche ! Vous aviez tous les éléments en main pour faire voter cette loi de liberté. Vous avez préféré faire passer la loi sur le mariage pour tous qui ne concerne en fait qu'un faible pourcentage de la population alors que celle de la fin de vie nous concernera tous, hommes, femmes, vieux, jeunes, adultes, enfants...

 

Il vous a juste manqué le courage de passer au-dessus de ceux qui sont allés manifester dans les rues pour vous crier leur volonté de ne rien changer, de rester dans un conservatisme cher à quelques lobbys forts, riches et puissants. Et ça, comme beaucoup de Français, je ne peux pas vous le pardonner ! J'espère que le nouveau Président aura à cœur de changer cette mauvaise loi Leonetti qui fait fuir les grands malades vers la Belgique ou la Suisse ! Vous auriez pu, comme Simone Veil, associer votre nom à une loi de liberté, ce ne sera pas le cas !


MONIK GLASS

28 nov. 2017

 

LETTRE OUVERTE À FRANÇOIS HOLLANDE, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

 

Si j’étais votre mère, Monsieur le Président de la République, je vous dirais que vous avez raison  d’avoir décidé de quitter le navire la tête haute en arrivant au port.

 

Vous vouliez être un Président normal, on ne vous a rien épargné. Vos écarts ou maladresses ont masqué vos réformes positives et l’impitoyable monde politique a eu raison de votre apparente bonhommie.

 

Si j’étais votre mère, Monsieur Hollande, j’irais m’assoir près de vous, je vous dirais ma tendresse et mon admiration aussi. Je vous raconterais les héros de l’histoire. Je soufflerais dans vos voiles et vous aiderais à garder le cap jusqu’à la fin du voyage. Car, François, il y a encore beaucoup de choses à faire avant le bout du parcours. En priorité quelque chose pour moi. Quelque chose qui ne veut pas aboutir et qui, pourtant, concerne tout le monde. Quelque chose qu’aucune loi actuelle ne permet et qui me rassurerait pour aborder l’angoissante inconnue qu’est la mort.

 

Si j’étais ta mère, François, accepterais-tu de me voir dégradée, niée, malmenée, oubliée?

 

Nous avons un point commun, quel que soit notre âge, c’est qu’à la fin, nous mourrons tous. Parfois je me demande pourquoi parler de la mort paraît malsain, comme si cela portait malheur.

 

Pour moi, la fin de ma vie, c’est comme le commencement, ce n’est pas une fatalité. J’ai vécu en quête permanente d’autonomie et de liberté, il est de mon droit aussi d’être libre de mourir comment et quand sera venue la certitude de mourir selon mon choix.  

 

Un des ministres de Monsieur Mitterrand a vu sa mère passer à l’acte en accord avec ses convictions. Je pense à Madame Jospin qui a eu cet héroïsme rare, alors qu’elle ne souffrait que du malheur psychologique de sa déchéance physique. La vieillesse.

 

Si j’étais ta mère, aurais-tu le courage, en me regardant dans les yeux, de me voir agoniser lentement parce que je n’aurais que la solution de refuser de boire et de manger ? Pourrais-tu regretter, en me tenant la main, de n’avoir pas mené ce combat quand tu étais à la tête de l'État ?                                                                                                                                                           

Pour ne pas en avoir le remord quand ton moment d’être vieux viendra, il est encore temps, François, d’exercer ton pouvoir pour une vraie loi concernant le droit à l'euthanasie.

 

Cinq mois, c’est court et c’est long, toi seul peut entendre ma détresse en faisant une dernière fois un acte fort qui marquerait ton quinquennat d’une pierre décisive, comme la loi pour l’avortement qui, aujourd’hui, paraît comme une évidence.

 

Si j’étais ta maman, je te dirais : tiens bon la barre, mon François. Il est bientôt fini le temps des traques satyriques, des meetings officiels autour du monde et des discours solennels. 

 

Je te souhaiterais bon vent vers la liberté, l’anonymat, l’amour, la paix et l’art d’être grand père.

 

 Monik Glass, 78 ans, mère, grand-mère, arrière grand-mère


JEAN PIERRE

04 nov. 2017

 

Je ne vais pas parler de la mort, ce mot sinistre, morbide, inventé pour dénaturer le sens de l’existence qu’il nous est donné de vivre sur cette terre. Mon propos est de dire ce que je pense être le sens de cette existence.

 

Dans un Univers que les astrophysiciens évaluent à quelques 14 milliards de fois le temps que notre terre met à faire le tour de notre soleil, est apparue, il y a quelques milliards d’années, la vie, la vie végétale, puis animale, puis, la conscience. Nous appartenons à une espèce animale particulière, qui, parait-il, grâce à une certaine particularité de larynx, a acquis la capacité du langage articulé, qui a permis une communication particulièrement développée entre les membres du groupe, et, du coup, une coordination de ses actions qui a permis à cette espèce humaine de dominer les autres espèces et de produire des œuvres architecturales, artistiques, littéraires, d’une beauté fabuleuse, de développer des techniques de plus en plus perfectionnées pour tenter de percer le secret de la matière et de produire de quoi faciliter la vie matérielle d’un grand nombre de personnes ….. mais également des capacités de plus en plus grandes de détruire, y compris la capacité d’anéantir toute vie sur cette terre.  

 

Et, après l’apparition de la vie, l’apparition de la pensée, de la conscience : conscience de soi et conscience morale. Nous sommes des corps matériels, vivants et pensants. Cette capacité de penser nous permet de nous interroger sur le sens de notre existence.

 

Si nous regardons ce qu’il en est de notre destinée individuelle à chacun d’entre nous, un fait majeur est de constater que le temps qu’il nous est donné de vivre sur cette terre est limité. 

 

La fin de cette existence peut se produire de diverses façons tragiques, inacceptables. Je ne m’attarderai pas là-dessus. Je considère le cas qui est le mien : je vais avoir 90 ans dans quelques mois, et je suis en bonne santé, et, comme tous ceux et celles qui ont atteint un âge aussi avancé, j’ai bien conscience que l’échéance finale est dans un avenir proche.   

 

Le sens de cette existence : nous sommes comme les gouttes d’eau de ce fleuve immense qui est le courant de la vie ; quel peut donc être le sens de notre existence individuelle sinon de porter, pour un temps, le flambeau de la vie ? 

 

Il y a une phrase dans l’évangile (Jean, chapitre 15 verset 13), une phrase qui nous invite à considérer le fait d’accepter de quitter cette vie comme un acte d’amour : « Il n’y a pas de plus grand amour que de léguer sa vie à ses amis ». Ce n’est pas du tout dans mon intention de faire de la publicité pour la religion chrétienne, c’est simplement que cette phrase exprime bien ce que je veux dire.                                                                                                                                                        

Ce flambeau de la vie qui nous a été confié pour une durée déterminée, nous n’avons pas à le garder jalousement pour nous ; nous avons à le passer à nos amis, proches ou lointains, qui auront, à leur tour, la mission de le transmettre à d’autres. 

 

Et comme il est parfois lourd à porter ce flambeau de la vie ! Quelle rude tâche tu nous a confiée, ô Père de la vie ! Et combien amer parfois le goût de ce temps qui s’écoule, instant présent après instant présent, rythmé par chacune de nos respirations, chaque battement de notre cœur ! Heureux temps où nous étions encore dans les brumes de l’inconscience, animale ou enfantine ! Pourquoi a-t-il fallu que nous goûtions au fruit de cet arbre de la connaissance, pour vivre en adultes, en « pleine conscience » ? 

 

C’est toujours dur de partir. Il y a une prière chrétienne qui nous dit que nous ne serons pas seuls en ce moment crucial : Marie, mère de Dieu, bénie entre toutes les femmes, tu seras auprès de nous à cette heure qui sera celle de notre grand départ. Cette prière chrétienne fait écho à cette figure de la Déesse Mère qui hante les rêves des hommes depuis l’aube de l’humanité ; Celui qui est la source de la vie est si loin, si inaccessible !                                                       

Mais qui aura pitié de moi pour me donner à boire cette boisson du léthé, le sommeil éternel, bien mérité après une rude journée de labeur ? Le verre de Penthobarbital Natrium qu’on peut aller boire en Suisse. 

 

Que signifie cet acharnement à vouloir prolonger le plus longtemps possible la durée de notre existence sur cette terre ?

 

Je comprends qu’il y ait des morts inacceptables : la mort prématurée d’un enfant qui n’a pas eu le temps de vivre sa vie, par exemple.

 

Mais « quand on a fait son temps », comme on dit !

 

J’ai en mémoire un vieux que j’ai connu ; je le revois toujours descendre l’escalier de la chambre à l’étage où il passait sa journée à attendre la mort, et disant, avec une grande amertume dans la voix : « Je suis nuisible. » (il ne disait pas « inutile » mais bien « nuisible ». Je pense aussi à Emile, le forgeron de Mellionnec, qu’on a retrouvé pendu un matin, ayant apparemment estimé que c’était pour lui le moment de partir, non pas pour mettre fin à des souffrances intolérables, mais simplement qu’il avait « fait son temps ».

 

Je pense aussi, naturellement, à celle qui fut l’amour de ma vie, et qui s’est laissée lentement se dégrader durant 4 ans, avant d’en finir une bonne fois pour toutes.

 

N’y a-t-il pas une grande cruauté à priver d’une présence amicale le départ de tous ceux et celles qui, un jour, ont décidé de « partir » ? Il est fait preuve de davantage d’humanité envers les animaux qu’on « euthanasie » quand le moment en est venu qu’envers les humains, contraints de se tuer eux-mêmes, sans le moindre accompagnement amical quand ils jugent le moment venu pour eux de s’embarquer pour le « grand voyage ».

 

90 ans : j’ai eu mon compte des grandes et petites joies que nous offre la vie ; j’ai connu l’éblouissement merveilleux de l’amour ; j’ai eu la chance de pouvoir traverser sans trop de dégâts les épreuves inévitables qui ont pu traverser mon existence ; j’ai bénéficié d’un emploi qui nous a permis de vivre correctement et de procurer aux trois filles que nous avons mises au monde une formation qui leur a permis d’accéder, elles aussi, à une bonne situation sociale ; j’ai eu l’occasion de goûter aux fascinantes beautés de la nature, et aux richesses culturelles qu’a produites l’humanité.

 

30 ans de formation, 30 ans de vie professionnelle, 30 ans d’une retraite tranquille et active : un compte parfait pour une existence qui arrive à son achèvement.

 

Ce qu’on appelle « la mort » n’est rien d’autre que le départ pour un pays inconnu, dont ne peut qu’essayer d’imaginer ce qu’il peut bien être : un sommeil sans rêves, ou bien l’accès à un état supérieur de la conscience dont pourrait donner une idée ces moments « d’extase » qu’il est parfois donné de vivre. 

 

De ce que je crois savoir, la législation belge, de même que celle qui serait envisagée en France, ne vont pas jusqu’au droit de « partir volontairement pour le grand voyage » hors le cas de maladie incurable entrainant des souffrances intolérables.

 

J’ai souvenir de la conférence à laquelle j’avais assisté à Langueux il y a quelques années ; si j’ai bon souvenir, il y avait été évoqué le cas de la Suisse, où des associations vont plus loin dans la possibilité de ce départ volontaire. 

 

Je pense que, d’ici une ou deux générations, le droit de décider librement du moment de ce grand voyage, dans un choix bien mûri, et compte tenu du besoin que notre entourage peut avoir encore de nous, sera reconnu, dans un progrès de civilisation suivant celui qui a consisté à admettre l’IVG. Je n’espère pas connaître pas ce temps-là.

 

La question est donc, concrètement, pour moi, de comment trouver le moyen d’exercer ce droit. 


PASCAL

01 nov. 2017

 

 

Depuis la préhistoire,  l'humain fait des guerres, est violent etc. Qu'a t'il de changé aujourd'hui, un enfant toutes les quelques secondes meurt de faim, dans le monde en souffrant.

 

Si une personne est malade, c'est bien les soignants a voir, et si ils ne veulent pas finir ce qu'ils ont commencé... Alors il faut noter dans cette loi, un personnel qualifié humainement, pour mettre fin à la l'inhumanité, en espérant qu'il y ait encore des personnes intelligentes pour répondre à la pétition. 

 

Ici on parle de ne pas laisser un être humain souffrir inutilement. Ne rien faire c'est aussi faire croire aux autres qu'on fait quelque chose en donnant une illusion, dans un monde qui n'évolue pas humainement.

 

Il est beaucoup trop facile de trouver des petites erreurs chez ceux qui essayent de bien faire, alors qu'on fait vivre l'enfer et qu'à avoir être religieux ou pas. Ni l' un n'y l'autre vous fera vous connaitre, vous, c'est a chacun de le faire.

 

Et a la fin l' être humain a toujours la liberté de dire la vérité. Et la vérité c'est qu'on voit un monde de plus en plus inégal, entre les morts prématurées de maladies et de crimes dans le monde que dans les guerres du passé.

Dans ce monde actuel qui laisse voir peu de chance à la vie future.

 

C'est peut-être pourquoi il est si difficile aux dirigeants du monde, de faire une loi de fin de vie et un programme humain clair pour l'humanité. Et ont devrait avoir une vision et une loi mondiale, avec un site sécurisé pour dénoncer ce qui n'est pas humain et là, le monde changerait d"effet de mode...


RAPHAËL

26 oct. 2017

 

Mais attention!!! Les arguments de Mme BUZYN sont plus sournois, plus mensongers et surtout plus stupides que vous ne le pensez. 

Mme BUZYN ne nie pas qu'une grave dépression fait souffrir la personne qui en est atteinte, elle sous-entend même qu'en Belgique, comme on ne sait pas sonder la souffrance d'un grand dépressif, les médecins belges pourraient finir par l'euthanasier (voire même que cela se serait déjà produit) et que ce genre de loi ferait planer un risque identique en France pour les grands dépressifs si elle était adoptée dans notre pays.

Ce sont les arguments habituels malhonnêtes et mensongers de tous les détracteurs de l'euthanasie, des personnes les plus stupides et rétrogrades, à court d'arguments cohérents contre une loi sur l'aide active à mourir.

 

La loi belge comme celles des autres pays évolués (Suisse, Pays-bas, Canada, etc...) ne concerne que des malades atteints d'affections incurables, condamnés à mourir à court terme, ayant des douleurs physiques et psychiques insupportables. Ces lois sont strictement encadrées et respectées à la lettre.

 

Un dépressif, même le plus grand qui soit sur terre, souffre psychiquement énormément, mais même la pire dépression n'a jamais été une affection mortelle incurable!!! Les jours d'un dépressif ne sont pas comptés comme c'est le cas pour un cancéreux en phase terminale, pour un malade atteint de la SLA, pour un malade de Parkinson ou un Alzheimer en phase finale.

Un dépressif a toute la vie devant lui pour tenter de se soigner sauf s'il se suicide par lui-même et cela arrive parfois malheureusement, mais un dépressif ne trouvera jamais aucun médecin qui l’euthanasiera, pas plus en Belgique que dans les autres pays dotés d'une loi sur l'aide active à mourir car la dépression ne rentre pas dans le champ des affections mortelles visées par la loi sur l'aide active à mourir.


FRANCIS

25 oct. 2017

 

Bonjour Marie,

J'ai signé votre pétition il y a quelque temps, la trouvant pleine de bon sens.

J'aimerais que nos dirigeants cessent leur langue de bois et brisent les tabous qui entourent le sujet de la fin de vie.

Qu'on arrête de parler d'endormissement. Pour ma part, le mot de "mort" ne m'effraie pas, il fait partie de la langue française et a une signification claire et précise. Lorsqu'une personne se trouve dans une situation de maladie évolutive et incurable (l'exemple qui vient à l'esprit est Alzheimer), elle doit profiter de ses moments de pleine lucidité pour pouvoir demander au corps médical, si elle le désire évidemment, le droit de mourir au moment, dans le lieu et dans les conditions qu'elle souhaite. 

Personnellement, je considère que mon corps m'appartient. J'ai une capacité de compréhension et de raisonnement suffisante (comme la plupart de mes congénères) pour comprendre un état, une pathologie, un traitement, une évolution de maladie.

Je demande donc pour les patients qui en font la demande, une information claire, pédagogique, sans filtre ni tabous afin que chacun puisse décider du devenir de son corps  et que ce ne soit pas quelqu'un d'autre qui décide pour le malade.

Il y aura toujours des personnes qui ne souhaiteront pas prendre cette décision seules, ni même être pleinement informées sur leur état de santé. Il faut bien entendu respecter ces comportements qui relèvent alors pleinement des pratiques actuelles.

Mais une fois pour toutes, cessons d'imposer cette "infantilisation" à tous les malades,  cet ordre établi selon lequel tous les médecins sont des "sachants" et tous les malades des "ignorants" qui ne sont pas dignes de décider de leur propre vie ou mort.

Étant nouveau retraité, je dispose d'un peu de temps. Ex-ingénieur à la SNCF, je n'ai aucune compétence particulière en médecine ni psychologie. Je ne fait partie d'aucun réseau d'influence. Je me considère juste comme un citoyen libre de ses idées.

Si je peux vous apporter une aide à mon très humble niveau dans le cadre de votre pétition, pour faire bouger les lignes, j'en serai très heureux.


JEAN-PIERRE

25 oct. 2017

 

Une fois de plus, sollicité sur ce sujet ö combien sensible qu'est la mort, puisque c'est bien de cela qu'il s'agit, sur lequel je me suis maintes et maintes fois exprimé. Je vais donc réitérer ce que j'ai déjà dit et écrit : NON à la "fin de vie" qui n'est rien d'autre qu'une mort lente (cf. Vincent Lambert qui végète depuis 9 ans !!! dans un coma profond (heureusement pour lui qui désirait une fin rapide) et pour ce merci (si j'ose dire à ses parents cathos intégristes type Mgr Lefebvre qui espèrent en dépit de tout ce que dit la médecine en la matière).

 

Vous avez sûrement compris vers quelle extrémité je veux arriver. Moi même étant atteint d'une maladie incurable et mortelle (HTAP), je suis fondé à traiter du problème qui ne devrait pas en être un pour toute personne sensée !

 

Je suis donc partisan de l'euthanasie avec tous ceux qui défendent cette méthode qui évite des souffrances inutiles quand on peut les éviter pour autant que le corps médical joue le "jeu".

 

Ce qui n'est pas gagné et peut opposer une certaine résistance au nom d'une prétendue morale avec toute sa connotation religieuse qui ne devrait rien à voir là dedans et qui heurte les oreilles de l'athée que je suis. 


MICHEL

24 oct. 2017

 

Etant Belge, je n'ai à la fois pas à me mêler de politique française mais peux revendiquer aussi un regard neutre sur les politiciens français. Comme répondu précédemment à Marie, il a fallu attendre près de 50 ans et que les partis chrétiens se retrouvent dans l'opposition pour qu'existe en Belgique une fenêtre de tir en 2002 sous une coalition "laïque" et un souverain ouvert pour voter une loi de dépénalisation de l'euthanasie.

 

En France, officiellement, à part le minuscule parti de Mme. Boutin, désormais retraitée , il n'y a pas de parti à proprement parler d'obédience catholique. Donc, on peut aussi affirmer qu'"ils" sont partout, à droite, à gauche, au centre.

 

Je ne voudrais pas limiter les blocages éthiques à la frange catholique de l'électorat et de ses représentants : en Belgique, il s'est trouvé quelques élus chrétiens pour s'abstenir sur l'avortement ou l'euthanasie et, a contrario, il y a des blocages également côté laïc ou dans d'autres obédiences, à droite comme à gauche d'ailleurs : on serait parfois surpris des positions de certains élus (Belges, Français ?)très en pointe sur le plan social, beaucoup moins au niveau éthique.

 

Pour en revenir à Mme. Buzyn, on a beau parcourir son CV officiel : rien ne filtre : "officiellement laïque (Ecole Alsacienne etc...)" mais quid de son entourage et de son évolution personnelle ?

 

Une chose est sûre : elle a au moins déjà pris une mesure "à la hache" en privant du jour au lendemain des personnes en grande souffrance par le retrait en vente libre de médicaments liés au paracétamol, prétextant l'abus qu'en faisaient certaines personnes.

 

Cela ne va pas dans le bon sens, en tout cas cela pourrait mal augurer de l'intérêt qu'elle porte à la douleur, à la souffrance des malades. Alors : plus technocrate que médecin ? Je laisse la question ouverte... mais inquiet. Michel

 


MARIE GODARD


RAPHAËL

20 oct. 2017

Le président Macron a bien dit lors de son interview sur TF1 dimanche 15/10/2017 dernier que le débat sur la bioéthique, dont d'ailleurs on ne sait pas s'il sera pour fin 2018 ou pour 2019, aura comme programme dans l'ordre des priorités : la PMA pour toute les femmes, le problème des déserts médicaux "et peut-être"...et comme un politique aussi fin que Mr Macron ne dit jamais des mots par hasard, tout réside dans ce fameux "peut être"...Donc Mr Macron a dit "peut être la fin de vie" sera au programme.

 

Voici mon analyse et mon point de vue :

1 - Mr Macron a répété maintes fois pendant sa campagne que les questions sociétales n'étaient pas la priorité de son quinquennat et surtout pas la question de la fin de vie. Je rappelle que sa ministre de la santé Agnès Buzyn a d'ailleurs rallié sa position en reniant ses anciennes convictions et en se disant favorable désormais à la poursuite de "l'évaluation de la loi Leonetti";

 

2- Anne BERT est venue bousculer tout cela pendant l'été, en imposant par la médiatisation de son cas personnel, la réouverture d'un débat que nos dirigeant fuient comme la peste. Donc pour le gouvernement, il faut si possible calmer les esprits en laissant a minima croire que "peut être" ce débat sera rouvert lors de la révision de la loi bioéthique. Hormis Jean-Luc ROMERO qui semble être dans les confidences du Pouvoir en place et qui a confirmé sans réserves que l'examen d'une loi sur la fin de vie sera au programme lors de la révision de la loi bioéthique dans une interview au journal "20 Minutes", personne de vraiment sérieux, n'a entendu à ce jour, la confirmation (certaine c'est à dire sans le "peut-être") par les dirigeants concernés des dires de Mr ROMERO à ce journal.

 

3- Compte-tenu de la composition de l'assemblée nationale, même si le débat sur la fin de vie était rouvert à l'occasion du débat sur la bioéthique, Mr Macron a clairement indiqué dans son interview de dimanche dernier qu'il serait l'apanage d'un comité de "sages" dont on connait le nom (CCNE) et d'avance les positions. De plus, c'est sans compter avec la composition de l'assemblée nationale qui est à 70% droitière (LREM n'étant pas tout à fait la Gauche libertaire) cela laisse peu de chance à une évolution de la législation Leonetti actuelle lors d'un éventuel vote sur la question.

Le tableau que je viens de dépeindre pourrait sembler pessimiste à certains et bien NON!!! Il est simplement réaliste et cela ne diminue en rien nos chances de faire aboutir notre CAUSE car elle est POPULAIRE et JUSTE. C'est pour cela que la pétition et l'initiative sans détours ou circonvolutions de Marie Godard est la seule méthode qui peut mener à la victoire. C'est la bataille des médias, des réseaux sociaux, de l'OPINION PUBLIQUE qu'il faut gagner!!! Cela obligera peu à peu nos politique à se bouger, à voter en respectant la volonté du plus grand nombre car notre cause sera devenue populaire et médiatique!!! Notre force c'est notre indépendance et notre liberté d'expression! sans concessions!!! Laissons les porte-paroles et dirigeants d'Associations diverses et variées penser ce qu'ils veulent du Pouvoir en place qui serait devenu soudainement miraculeusement disposé à rouvrir le débat mais surtout ne soyons pas naïfs ou crédules. Notre combat est sans arrière-pensées avec Marie Godard, avec Nathalie Debernardi, avec les malades en fin de vie et leurs proches qui témoignent avec grand courage. Ce sera encore long et difficile mais je pense que c'est la seule voie pour renverser l'ordre établi.

 

Nous sommes ouvert à recevoir l'appui de toutes les forces capables de nous faire avancer dans la récolte du plus grand nombre de signatures mais pour l'instant ni l'ADMD et ni son leader Jean-Luc ROMERO n'ont mis leur notoriété et leurs moyens au service de cette pétition citoyenne. Donc, continuons le combat en créant un BUZZ respectueux mais déterminé autour de notre cause et ne cédons pas à la manipulation génératrice de faux espoirs.

 


GÉRARD

17 oct. 2017

 

Chère Madame,

 

Vous avez toute mon admiration pour la bataille que vous avez entreprise.

 

Votre détermination et l’'argumentaire que vous nous distillez montrent un vécu suivi d’'une profonde réflexion dans ce domaine ! Bravo pour votre courage et votre détermination.

 

Quelles que soient les retombées législatives, votre œoeuvre n’'aura pas été vaine. J’'ai l’'intime conviction que cet ensemble, une somme presque, aura nécessairement fait prendre conscience de l'’aberration dans laquelle se complaisent nos régisseurs ! Bien évidemment je ne fais ici allusion qu'’à la liberté de finir notre vie, comme bon nous semble et d’'obtenir, en toute légalité, une aide active.

 

Merci de nous avoir éclairés sur la législation belge relative à ce sujet. J'ai apprécié au plus haut point la communication de la lettre:

"DES MÉDECINS ET DES PROFESSEURS BELGES RÉPONDENT À LA FRANCE !" 

 

C'’est vraiment excellent ; ces hautes autorités françaises ont dû boire leur coupe jusqu’à la lie… !

Il est paradoxal que ce soit un pays qui n’'a, dans d'’autres domaines, pas fait montre d'’une grande clairvoyance, voire fait preuve de négligences innommables aux lourdes conséquences, qui nous fasse un excellent cours… !

 

BATTONS-NOUS POUR OBTENIR UNE LOI SUR L'AIDE ACTIVE À MOURIR !

Commentaire fait en signant la pétition le 14/15_10_2017

Notre vie n'’appartient, en aucun cas, à ceux qui nous gouvernent !

Ils se chargent déjà suffisamment de nous polluer l'’existence, et ont (actuels ou prédécesseurs) laissé les conflits décimer suffisamment de compatriotes qui eux, n'’avaient aucune raison ni envie, de mourir !...

 

Pourquoi devrait-on attendre une quelconque autorisation de ces huiles incompétentes en la matière ? 

Madame Agnès Buzyn est sans doute la seule, dans ce gouvernement, à avoir eu tout loisir de côtoyer la détresse de ceux qui en avaient assez d’'attendre de ne plus souffrir, et quel que soit le type de souffrance ! Physique, psychique, morale.…

Mais peut-on compter sur elle ? Ce n’'est pas si évident… ! Observons bien ce qui se passe actuellement au niveau de la SANTÉ ; on est en droit de se demander qui l'’on souhaite protéger : les patients ou les labos ?

Certes, les autres à qui cette pétition est adressée ont pu avoir, au cours de leur existence, des proches qui se sont trouvés dans des situations similaires : ont-ils su alors en tirer des leçons leur faisant oublier, ne serait-ce qu’'un bref instant, leur chère carrière… ?

La déchéance du corps, de l’'esprit, la volonté de ne plus vivre une vie qui n'’a plus de sens, mérite, que dis-je DOIT être écoutée et le nécessaire doit pouvoir être fait en pleine conscience et ce, que l'’ont soit riche ou pauvre ! 

Je finirai juste sur une touche personnelle : je comprends votre désir de rédiger une lettre dans les formes. 

Moi, madame, je ne co-signe pas votre formule de politesse  : « nous vous prions d'’agréer, Monsieur le Président de la République, Monsieur Le Premier Ministre, Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé et Monsieur le Président du CESE, l’'assurance de notre très haute considération », même si c'’est la bienséance qui vous dicte ces mots. J’'ai, toutefois, bien noté qu'’elle était conditionnée...


CATHERINE

16 oct. 2017

Je viens de lire le texte de la loi Belge. Personne ne peut bénéficier d'une euthanasie sans avoir suivi un long parcours pour l'obtenir. Toutes les barrières sont édifiées pour que ce ne soit pas un acte "banal". Les députés et sénateurs feraient bien de la lire et de s'en imprégner avant de dire tout et n'importe quoi. Hormis ceux qui ont signé et répondu au courriel adressé par Marie.

C'est vrai que le mot mort fait peur...Il est devenu "tabou", alors qu'en fait il fait partie de la vie. Donnons aux personnes qui sont dans des situations de maladies incurables, la possibilité de choisir de mourir en toute dignité.


JACQUELINE

16 oct. 2017

Mais vous n'avez pas compris que ce n'est pas leur priorité actuelle !

Leur priorité est l'économie. 

Les anciens députés étaient majoritairement opposés à ce que leur gagne-pain leur tombe des bras, puisque sous prétexte de morale et de religion, les fins de vie sont d'un rapport exceptionnel pour beaucoup de médecins, soignants, pharmaciens, gérants d'EHPAD, etc... 

Les mourants? des cobayes de la science, il en faut, d'ailleurs un député ancien médecin avait tonné dans ce sens à l'Assemblée précédente: "aidez les gens à mourir et la recherche médicale s'arrête" !!!

Parmi les nouveaux députés on retrouve ce genre de personnage, mais aussi d'autres qui découvrent tout juste le problème, alors que nous l'étudions depuis des dizaines d'années... 

Ensuite, les députés n'ont pas l'habitude de répondre aux lettres qu'ils reçoivent, sauf de leurs électeurs et encore. 

Pas de quoi être déçue, c'est juste normal... si le député de votre région vous répond, c'est déjà beaucoup.

En plus d'écrire, j'ai toujours fait la tournée de leurs bureaux pour parler avec eux, mais jusque là, cela n'a pas fait évoluer les choses: certains députés soutiennent nos idées mais ils restent timides et minoritaires pour le moment... un jour cela changera! 

pas le choix: il faut garder espoir!


PHILIPPE

16 oct. 2017

 

Dans mon esprit, un député n’est pas « là » pour défendre ses « propres » idées mais celles des gens du « peuple » (pour reprendre une expression consacrée mais pour autant dénuée de sens) qu’il représente au sein de sa  (non pas de sa ! de notre) circonscription. Le pouvoir qui lui est conféré n’est qu’une délégation temporaire mais malheureusement sans que nous puissions disposer du pouvoir de révocation. Cette absence de réponse (90 députés seulement ont répondu parmi les 577 auxquels Mme Marie Godard a fait parvenir un courriel courant septembre puis en octobre 2017)  illustre un profond mépris à la fois pour les idées émises et au minimum pour les personnes qui s’en sont fait le porte-parole. 

 

Je veux bien imaginer que les députés sont sollicités à longueur de journée soit sur des sujets de portée très limitée soit sur des sujets qui ne correspondant pas à l’essence de leur fonction. 

 

Mais en l’espèce, on ne peut accepter l’idée que les députés ne soient pas concernés, soit à titre personnel soit à titre sociétal,  par ce sujet de l’aide active à mourir. Ils le sont donc nécessairement directement ou indirectement. Et à vrai dire peu importe qu’ils le soient ou non. Leur devoir, leur mandat, le pouvoir que nous leur conférons, supposent qu’ils se fassent l’écho des concitoyens. Et qui plus est ce que nous demandons n’est pas l’application d’une règle qui s’imposerait à tous mais d’une règle qui permettrait à « celles et ceux » qui souhaitent en bénéficier de pouvoir le faire librement en toute conscience. 

 

Enfin la moindre des politesses, que l’on soit député ou non, suppose que l’on réponde. Il est troublant de constater que plus les moyens de communiquer sont aisés, moins ils sont utilisés.

 

Ceci étant combien de personnes ont voté pour leur député sans s’enquérir au préalable de la position du député sur ce sujet ? Peut-être une bonne question à se poser à la prochaine occasion ? On ne mérite que ce qu’on a. 

 

@Marie Godard     Je vous remercie pour votre pugnacité dans ce combat. C’est en exerçant une pression continue que nous pourrons faire valoir NOTRE droit à disposer de NOTRE vie mais surtout de NOTRE mort. Nous sommes seuls, chacun pour soi-même, en capacité de décider ce que nous acceptons ou non de vivre. Je dénie à quiconque le droit de considérer qu'il puisse le faire à ma place. 

 

P.S Je ne suis pas (pas encore) concerné « directement » par le sujet mais cela fait des dizaines d’années que j’attends que des dispositions soient prises sur le sujet.  

 

Merci de ce que vous pourrez faire (ou me dire de faire) afin que mon commentaire puisse être publié. 

 

En tout état de cause, bon courage pour ce combat justifié ! 


RAPHAËL

15 oct. 2017

 

M SIMON, je pense que vous avez raison. 

Je connais d'avance l'avis négatif du CCNE qui sera de nouveau consulté lors du prochain débat à ce sujet. Le CCNE dira qu'il faut poursuivre l’évaluation de la loi Leonetti. Je connais aussi déjà le vote de la majorité des députés.

Je rappelle la composition de notre belle assemblée : 

- Groupe LREM + MODEM = 360 députés dont une majorité de députés godillots qui voteront comme le demandera Jupiter et Mme Buzyn (jusqu'à nouvel ordre ils sont pour poursuivre avec la loi Leonetti).

- Groupe LR + Constructifs + divers Droite = 153 députés. On sait que la droite est très opposée à l'euthanasie.

Il ne reste plus que la gauche, la France insoumise et les communistes qui représentent en tout 64 députés. Même si ces 64 députés votaient tous en faveur de l'euthanasie, j'ai bien peur que le rapport de force reste largement en faveur des défenseurs de la loi Leonetti.

Je ne crois pas du tout au succès d'un vote sur l'aide active à mourir lors d'un débat à l'assemblée sous ce quinquennat. 

Ce qui est grave, c'est que les députés sont censés représenter la volonté populaire et que dans le cas présent 80% des Français seraient favorables à l'aide active à mourir. C'est pour cela que je suis pour la démocratie directe par voie référendaire sur ce type de question car nos députés ne nous représentent plus. 

C'est pour cela que cette pétition doit se poursuivre et recueillir le plus grand nombre possible de signataires et que la bataille ne fait que commencer. Cette bataille doit se mener sur le plan de l'opinion publique et de débats sur la représentation de la volonté du peuple dans les médias.

 


SOPHIE

15 oct. 2017

 

Vous savez , Marie , en vous lisant j’ai eu les larmes aux yeux , les Français sont en train de supplier leurs députés de ne pas les laisser souffrir , les Français supplient pour être libres de mourir ... Comment la France peut elle laisser ses enfants supplier des politiques , le pays de la liberté ! 

Votre pétition est devenue une supplique , continuons à tenir la flamme , 

Merci Madame ...


FRANÇOISE

15 oct. 2017

Mais que font les députés?? Ils dorment!!!!! C est incroyable tout de même. Marie Godard vous vous battez pour instaurer une loi qui aiderait a mourrir en cas de non guérison irréversible et eux n'en ont rien a faire!!!!

Je suis dégoûtée car eux aussi peuvent être concernés.Nous voulons cette loi coûte que coûte.Ils devraient avoir honte de voir que des personnes soient obligées d'aller en Belgique pour obtenir cela mais apparemment cette demande ne les effleure même pas.

Nous ne sommes écoutés de nulle part mis a part les personnes qui s'occupent de mettre les pétitions en ligne.Ce qui est grave est de voir qu'en fait les députés qui ne répondent pas sont égaux a toutes ces personnes du gouvernement, excusez mon expression mais malheureusement nous sommes gouvernés par une bande d'abrutis qui se moquent que les gens en fin de vie souffrent.

De voir cela on ne peut que leurs souhaiter pareille chose.

J'ai vu ma grand mère mourrir et souffrir dans des conditions atroces où elle en avait le faciès complètement démoli. Idem pour mon papa qui est décédé a l'âge de 36 ans suite a une maladie où il n y avait plus rien a faire. Il me revient toujours en tête la vue de ces personnes qui ont payé cher leur mort et pour une enfant de 10 ans (l âge que j'avais a l époque) est traumatisante.

Il faut absolument que l on arrive a ce que le Président et le 'inistre de la santé se rendent compte des dégats que cela peut causer.

Merci à vous pour le travail que vous faites pour que cette loi soit votée....


ANNIE-CLAUDE

15 oct. 2017

Le «droit à mourir dans la dignité» sera dans la future loi bioéthique.

Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD), a affirmé le 14 octobre 2017 que la question de la fin de vie serait abordée dans la future loi sur la bioéthique, citant des propos tenus par la Ministre de la santé, Agnès Buzyn.

« La Ministre de la santé m'a confirmé que la question de la fin de vie sera abordée dans la loi sur la bioéthique. Il faut cette loi de liberté », a-t-il déclaré à la presse lors de l'assemblée générale de son association, à La Rochelle. Jean-Luc Romero s'est dit confiant dans la révision prochaine de la loi Leonetti : « une loi faite par des médecins pour des médecins. »

« Il y a quelques mois, le Président de la République s'est prononcé pour le droit à mourir dans la dignité. Le Premier ministre Edouard Philippe a dit avoir évolué sur la question et la Ministre de la santé a déclaré qu'elle comprenait Anne Bert », romancière atteinte de la maladie de Charcot qui a été euthanasiée le 2 octobre en Belgique conformément à son souhait, faute d'avoir pu le faire en France.

Jean-Luc Romero a précisé: « Je rencontre chaque semaine deux à trois parlementaires qui me disent avoir envie d'avancer dans cette voie. Au Parlement, deux propositions de loi ont été déposées ».

Le Président de l'ADMD a également donné rendez-vous le 2 novembre, journée mondiale du droit à mourir dans la dignité. Ce sera aussi une « journée Jean Mercier », du nom d'un octogénaire de la Loire qui a aidé son épouse à mourir. Il a été acquitté en appel mais le parquet de Lyon a déposé un pourvoi en cassation. « La cour de cassation ne l'a pas fait exprès, mais elle étudiera ce jour-là le recours en faveur de Jean Mercier », a relevé Jean-Luc Romero.


ANNE-FRANCE

14 oct. 2017

 

Il serait grand temps, depuis le temps que cette pratique est légale dans beaucoup d'autres pays, mais cette absence de loi pour l'euthanasie favorise beaucoup de personnes. L'argent avant tout, quand on sait ce que coûte un mois dans un EHPAD!! Si tous ces gens qui n'ont plus aucun espoir de guérison mourraient grâce à cette loi, ce serait un manque à gagner terrible. Mais là ne devrait pas être la question, on a le droit de mourir comme on l'entend, on a le droit de ne plus souffrir. Quel avenir pour des gens qui ne peuvent plus bouger, qui restent au lit 24h/24!!

Ne soyons pas un pays arriéré comme dans beaucoup de domaines ! Le droit de mourir dans la dignité est le souhait de bons nombres de patients. Et pensez un peu aussi aux familles qui n'ont pas les moyens de payer un EHPAD, qui se sentent obligés de venir voir un parent qui ne les reconnait même plus ou qui n'aurait jamais souhaité que leurs enfants le voit dans cet état. Se faire donner à manger à la petite cuillère, se faire changer ses couches, se faire laver par de petites jeunettes, franchement ce n'est pas agréable du tout et personne ne souhaite ça à son pire ennemi!!

 


YVES DE LOCHT

14 oct. 2017

 

Médecin belge, je rencontre de plus en plus de patients français très gravement malades. Nous sommes débordés par les demandes françaises que nous ne pouvons pas satisfaire. Il est plus que temps que la France ait une loi sur l'euthanasie.


CHRISTIAN

14 oct. 2017

S’il y a plus de soins palliatifs en France, on peut affirmer qu’il y aura moins de souffrances en fin de vie.

 S’il y a plus de soins palliatifs en France, on peut penser qu’il y aura moins de suicides et moins de souhaits de se suicider ou d’obtenir une aide à mourir.

 On ne peut pas affirmer qu’il n’y a plus de souffrance lorsqu’on bénéficie de soins palliatifs. 

 On ne peut pas affirmer que toutes les personnes qui pourraient bénéficier de soins palliatifs, ne souhaiteraient pas, en toute connaissance de cause, grâce à ces soins palliatifs, se suicider ou obtenir une aide à mourir.

 On ne peut pas refuser de débattre de la question de l’aide à mourir, en prétendant que le problème serait réglé si les soins palliatifs étaient applicables à tous.

 


NELLY

13 oct. 2017

Il y a longtemps.... dans le calme nocturne d'une chambre d'hôpital où je venais d'être opérée. Je ne trouvais pas le sommeil et j'ai entendu la conversation suivante: "j'étouffe ... comme cet après midi, mais c'est pire". Une voix féminine répond: "souhaitez vous qu'on appelle vos enfants ?" "Oui" a répondu la personne. Les enfants sont arrivés "tout va bien; on est là" et ont parlé avec la personne un moment. Puis, ils sont partis (d'eux-mêmes ?).

La voix féminine est revenue: "souhaitez-vous qu'on vous fasse une piqûre ?" La personne a accepté et on sentait bien que c'était l'ultime. Pourquoi appellerait-on la famille après 21h ? Puis, la voix féminine reprend: "Est-ce que vous voulez voir un religieux? "Oui" a dit la dame. Je les ai entendus parler un bon moment, puis le prêtre (?) est parti. Le lendemain, j'ai dit à l'infirmière que, si les choses devaient mal tourner pour moi, je souhaiterais que cela se passe ainsi. Réponse: "Mais personne n'est décédé dans le service". J'ai compris que le silence devait être de rigueur...


JEAN-PIERRE

13 oct. 2017

 

Une personne de mon entourage est très âgée, en maison de retraite depuis quelques jours. Sa tête ne suit plus : elle ne comprend pas la télévision, sait à peine l'allumer, ne sait pas demander de l'aide, marche en croisant les pieds et en risquant de tomber tout le temps, s'ennuie, pour tout cela, toute la journée, même dans cet établissement de qualité, n'a presque plus de mémoire ni de repères : si on lui dit qu'on l'emmène déjeuner chez nous après-demain, elle ne retient pas (donc impossible de se réjouir, et d'avoir ainsi un répit, de deux jours) ; le lendemain d'un moment de joie, elle a oublié ce qui s'était passé. D'où même problème.

Elle est également incontinente. Elle doit avaler des tonnes de médicaments pour ne pas avoir d'hallucinations. Elle ne rêve que de nous voir ; hors de cela, aucune joie.

Si un jour, elle nous dit : "je suis fatiguée de vieillir, stop s'il vous plaît"... , que lui répondra-t-on ? Il faut aussi se poser ces questions, ne pas les évacuer en se drapant dans sa dignité. Eviter aussi les faux semblants du style : "elle a 88 ans ; laissons faire la nature, elle finira bien par mourir...". Qu'est-ce que c'est que ces raisonnements ?

 


ANNIE

13 oct. 2017

 

Je disais donc dans mon précédent commentaire que si nous en sommes encore en 2017 à être obligés de subir d'atroces souffrances sans pouvoir agir sur le choix du moment de notre fin de vie, nous le devons à l'énorme pression exercée par le pouvoir religieux sur nos politiques ! ! ! !

Je disais donc, allons-nous encore tolérer longtemps cette insupportable ingérence, cette injustice : Les nantis peuvent aller choisir de mourir dignement en Suisse ou en Belgique pour 11 000 euros . Et les autres ? L'immense majorité doit subir d'insupportables et 'interminables souffrances. Un calvaire pour le malade comme pour la famille . L'euthanasie se pratique tout de même en France, de manière illégale, aux plus grands risques pour les médecins, tout comme au temps pas si lointain de l'avortement illégal. Ceci avant cette merveilleuse et si courageuse loi voulue par Madame Simone Veil, envers et contre presque toute l'assemblée nationale, si masculine et si machiste à l'époque ! ! Cela demande un énorme courage, effectivement, de décider de mettre en forme et de proposer au vote une telle loi !

Pour l'euthanasie, Il va falloir affronter à nouveau les si puissants lobbies religieux si conservateurs !

Mais ... nous ne sommes plus au moyen-âge. Cependant, on le croirait encore ... pourrons-nous un jour décider du choix de mourir dignement, paisiblement ? ?

Nous avons quarante ans de retard par rapport à d'autres pays !!!

Je n'impose rien aux lobbies religieux, eux qui prônent tant le respect, la tolérance, l'amour du prochain, j'apprécierais infiniment qu'ils mettent leurs préceptes et leurs dogmes en application !!!

STOP aux dictats !

Quelques fois, je me prends à penser que nous ne serions pas en république mais encore bien sous le joug de la religion et de la royauté ........ et que la déclaration universelle des droits de l'homme n'était qu'un doux rêve .... pourquoi devons-nous encore nous épuiser à nous battre, 220 ans après notre révolution, pour obtenir ces droits fondamentaux ? ? 


LUCIENNE FOUCRAS

10 oct. 2017

 

J'ai eu une fois l'occasion de rencontrer Marie de Hennezel.

 

Elle est pleine de bons sentiments mais elle est à côté de la plaque. Je n'ai rien pu lui faire entendre. Qu'elle défende les soins palliatifs est son droit. Je n'ai rien contre eux sauf qu'ils sont très insuffisants.

 

Mais, d'expérience (j'ai accompagné mon mari dans sa mort suite à une SLA), elle n'arrive pas à comprendre que les grands malades qui n'ont aucun espoir de guérison aspirent à mourir. La mort est pour eux une délivrance et c'est inhumain de leur refuser cette délivrance. Si elle est chrétienne (ce que j'ai tendance à penser) elle manque au devoir de charité.

 

Je voudrais qu'elle lise la dernière partie de mon livre "Hippocrate, si tu savais" (préfacé par le Pr Albert Jacquard" et édité par Marco Pietteur), partie que j'ai consacrée à cette question et où j'essaie d'engager un dialogue avec elle.

 

Les Belges ont très bien compris. La France est très en retard.

 


SOPHIE

09 oct. 2017

Je n'ai pas écouté l'interview de cette dame et je ne le ferai pas. Je suis psychologue clinicienne et farouchement convaincue qu'il nous faut en France , le choix de mourir comme nous le décidons le jour venu . 

Pour le dire tout simplement , il faudrait peut être que Madame de Hennezel aille , comme vous le dites , Marie Godard , promener sa blouse blanche en d'autres lieux ... Certes , l'encre de sa plume se tarirait au vrai contact de la clinique , de la souffrance du " bas monde " , de ces lieux où l'on entend crier la douleur des corps , de ces regards , de ces mains qu'elle n'approcherait pas j'en suis certaine . 

Madame de Hennezel écrit des livres , Madame de Hennezel fait des interviews , Madame de Hennezel est un nom aujourd'hui , elle n'est plus une Clinicienne , étymologiquement " se pencher au lit du malade " , elle n'est plus une psychologue aux mains vides qui n'a que ses mots , ses mots portés de sa voix , ses mots pour leur dire de ne pas avoir peur de mourir et que nous leur épargnerons ce moment où le corps devient corps de chair souffrante , où alors l'être humain est dans une détresse extrême , où l'angoisse et la douleur lui enlève tout ce qui faisait son humanité ...

Non , Madame , vous leur mentez , la médecine est impuissante pour certaines douleurs et vous ne pouvez que le savoir . 

La vie , disait Jacques Lacan , c'est un Choix forcé " , nous ne choisissons pas d'être né , elle peut être belle , elle peut être difficile et il faut bien du courage et de la force pour choisir de la quitter mais ce choix là , le dernier , qu'il ne soit pas forcé .... 

Madame de Hennezel posez votre plume et prenez leurs mains entre les vôtres , vous serez moins " célèbre " , vous gagnerez moins d'argent , mais vous ferez honneur à notre profession ... 

Aujourd'hui quand je dis que je suis psychologue clinicienne , on pense que je suis contre le droit de mourir dans la dignité , je voudrais que vous sachiez , vous qui souffrez qu'il n'y a pas que des Marie de Hennezel , il y a aussi des Cliniciennes qui se battent auprès de vous .

 


LE DÉPUTÉ FALORNI NOUS DIT POURQUOI IL FAUT CHANGER LOI :

 

Vidéo issue de youTube mise en ligne le 28 janvier 2016.


RAPHAËL

08 oct. 2017

 

Je tiens à rassurer Marie. Il ne faut pas être inquiète. La mort d'Anne Bert ne signifiera pas la démobilisation, ni la fin du combat. Au contraire, le sujet est d'une brulante actualité. J'en veux pour preuve les interviews récents dans les médias de Françoise Griso qui témoigne de son parcours de vie et de la façon dont elle aussi a fait le choix d'une aide active à mourir. Françoise s'exprime régulièrement et dans des termes tout aussi clairs et argumentés qu'Anne Bert. Je me souviens également de tous les cas médiatisés de ces dernières années : de Vincent Humbert tétraplégique, aveugle et muet à 19 ans après un grave accident de la route, mort en 2003, délivré à 24 ans par le geste courageux de sa propre mère qui l’empoisonna à l’hôpital et par le geste tout aussi courageux de son médecin le Dr Chaussoy qui décida de ne pas tenter de le réanimer. Je me souviens de Chantal Sébire 53 ans, défigurée par une tumeur incurable au visage qui demanda en février 2008 le droit à l'euthanasie à la justice et au président Sarkozy. Finalement, renvoyée à la sédation terminale de la loi Leonetti, Chantal Sébire se suicida aux barbituriques à son domicile (probablement aidée par des proches). Je pense enfin au cas dramatique et toujours d'actualité de Vincent Lambert 41 ans, victime d'un grave accident de la route en 2008, il est maintenu dans un état végétatif depuis plus de 9 ans. Il est entouré par une famille déchirée, soumis au dictat des convictions de ses parents catholiques traditionalistes favorables à l'acharnement thérapeutique, soumis à des médecins divisés retranchés derrière une "Justice" incapable de prendre une décision à son sujet depuis plus de 5 ans. Toutes ces personnes médiatisées ces 15 dernières années, tous les Français s'en souviennent et ils ne sont pas pour rien dans la popularité de notre combat pour l'aide active à mourir. Ils symbolisent la forêt des milliers de malades en fin de vie et leurs familles dans le désarroi qui ne supportent plus et ne tolèrent plus que rien ne bouge dans notre pays.

Le combat continue de plus belle Marie!!! Avec Vincent, avec Chantal, avec Anne, avec Françoise, avec Nathalie et avec les milliers et les milliers de personnes qui ont déjà signé cette pétition et les milliers et les milliers de personnes qui vont encore la signer. Nous ne baisserons jamais les bras pour une telle cause. Croyez-moi!!!


JOËLLE

07 oct. 2017

Contrairement à ce que peuvent penser certaines personnes, lorsque l'on souffre dans sa chair, lorsque cette souffrance est inéluctable, qu'elle ne finira jamais sauf à devenir un zombi assommé par les drogues... On souffre aussi dans sa tête qui vient nous rappeler ce que nous avons été, comment nous vivions, ces merveilleux ou moins merveilleux souvenirs qui ont jalonné notre vie... On fait souffrir nos proches, ces êtres tant aimés qui ne savent plus ni comment être, ni comment faire, ni quoi dire. Bref, quand on vit cela il faut énormément de courage et de dignité pour faire ce choix terrible de mourir dignement. Certes, à la clé de ce choix il y a l'aide, ô combien précieuse d'un praticien qui va faire le geste nécessaire à ce départ en "douceur". Ce praticien commet - il un crime ? Cela me rappelle les combats menés pour obtenir le droit à l'avortement et les débats qui ont secoué la communauté médicale. 

Il y aurait beaucoup à dire sur l'accompagnement médical dans les structures hospitalières fussent - elles palliatives. 43 années professionnelles en établissement public de santé m'ont convaincue qu'il fallait sérieusement enrichir les études médicales sur la mort et ses conséquences dans une famille. 

Cette "douceur" mortellement triste c'est la garantie de ne pas offrir à ceux que l'on aime ces heures, minutes, secondes épouvantables que sont les derniers moments d'une agonie. 

Madame Bert, recevez tout mon soutien pour votre combat. Je ne suis qu'un être humain qui, le jour venu s'il doit venir, espère pouvoir trouver en moi le courage de faire la même chose.


CHARLES

07 oct. 2017

Je ne suis pas surpris par cette tribune elle aurait pu être écrite par Molière dans une de ses pièces ou publiée dans le Mercure François. Trop de médecins sont tellement imbus de leur statut social qu'ils en oublient qu'ils soignent des êtres humains vivants & pensants, souffrant selon leurs propres critères & non pas selon une échelle pré-établie d'après une moyenne calculée sur une masse.

 

Sauf exception, la Médecine est sourde à l'expression des malades (le terme de patient m'est insupportable car il implique la soumission à la décision de celui qui sait pendant que celui qui souffre n'a rien d'autre de mieux à faire que d'attendre), qui ne sont dans ce commerce, qu'est de fait la médecine, que des clients.

 

Ils ont généralement une vue théorique de la souffrance & des besoins du souffrant (que dire des "consultations" à venir par internet annoncées & déjà prises en charges par certaines mutuelles?). Jusqu'à ce que les rôles s'inversent & que le médecin, devenu malade, se rende compte du fossé entre lui & son "confrère" traitant & compatissant (souvenir d'un médecin médiatisé qui écrivit son "expérience" hospitalière après une admission d'urgence pour un infarctus & les mauvaises surprises qu'il y a découvertes).

 

Je n'ai que rarement rencontré des médecins qui m'ont traité en individu. Mes déménagements & le hasard ou les "conseils" de connaissances locales m'ont fait vivre le meilleur & le presque pire. Aujourd'hui le bilan est plutôt positif peut être parce que j'exprime plus fermement mes souffrances & mes demandes & qu'à 67 ans je suis devenu, avec l'expérience de ma vie, un "patient" bien moins patient (tout en étant le plus respectueux possible de ceux que j'ai face à moi).

 

Le docteur Devalois présente son interprétation de l'euthanasie ainsi "En fait, la seule demande à laquelle ne répond pas le dispositif français est la mise en œuvre par un médecin de son éventuelle décision de se suicider sans y procéder elle-même.".

 

Oui Mr Devalois, le médecin se doit d'accompagner le souffrant quel qu'il soit, quoi qu'il ait. Pas de lui dicter sa propre morale mais de l'écouter, l'aider, le soutenir & quand il arrive à la limite de ses capacités professionnelles, humaines, philosophiques ou morales de reconnaitre ses propres limites & de "passer la main" à un ou des confrères qui continueront la travail déjà entamé. Mais il est vrai que le risque est de perdre un "client" & le chiffre d'affaire allant avec.

 

La Médecine, & son environnement immédiat, a été & reste un commerce à côté duquel les pompes funèbres semblent être une industrie de bricoleurs, les 2 travaillant sur une "clientèle" captive, sauf que les pompes funèbres agissent rarement 2 fois sur le même cas.

 

Enfin & pour parler éthique, le soldat blessé que vos "confrères" militaires rafistolent afin qu'il reparte au plus vite au casse pipe, lui demande-t-on s'il veut vraiment y retourner ou s'il ne préfèrerais pas rentrer chez lui tranquille panser ses plaies & laisser à d'autres le choix de se faire étriper ou pas? La médecine militaire est bien exercée par des médecins? Comme vous? Ce sont bien vos confrères? & pas un mot de votre part à propos de cette mascarade "médicale" mais un réquisitoire sur un problème de société sur un cas particulier celui de Madame Bert!

 

Bravo Docteur pour votre Humanisme....


BERNARD

07 oct. 2017

 

 

J'ai pris connaissance des propos de M Devalois quelques heures avant d'apprendre qu'Anne Bert nous avait quittés.

Je ne sais comment qualifier les propos de M. Devalois: cynisme, mauvaise foi, ignorance, mépris, cruauté... Comment peut-on expliquer autrement le comportement de M. Devalois qui pour défendre ses convictions en soit venu à nier celles de l'autre au point d'agresser verbalement et de blesser une femme en fin de vie dans ce qui est le plus intime: sa mort?

 

J'ai du mal à imaginer que ce monsieur est médecin responsable d'un centre de soins palliatifs et qu'il mette en avant cette situation pour tenir de tels propos. Je ne sais si ce monsieur sait ce qu'est la compassion, le remord ou le regret. Il est probablement trop convaincu que ses convictions et ses certitudes sont des vérités universelles et doivent s'imposer aux autres.

 

C'est une constante que l'on retrouve chez une grande majorité d'opposants à l'aide à mourir: imposer ses convictions aux autres alors que les défenseurs de l'aide à mourir ne veulent rien imposer mais simplement laisser à chacun la liberté de choisir les modalités de sa mort lorsqu'on se retrouve en phase terminale d'une maladie incurable.

Avec un cynisme cruel il affirme que l'on a toujours la liberté de se suicider lorsque l'on est atteint d'une maladie incurable. Si je lis entre ses lignes, je comprends que ceux qui demandent une assistance seraient, selon ce monsieur, des lâches qui n'auraient pas le courage de se suicider!

 

De quelle liberté parle-t-il? Celle de se suicider d'une manière violente (puisque la loi française interdit l'usage de substances médicales) comme de se jeter sous un train où du haut d'un immeuble, de s'asphyxier au gaz (avec le risque de tuer d'autres personnes!), de se taillader les veines...Est-ce cela qu'il appelle liberté? Est-ce la seule alternative que la société française doit offrir à ceux qui refusent de vivre leur mort en agonisant conscients ou non? Est-il sérieux?

 

Ce que nous demandons est justement que chaque citoyen atteint d'une maladie incurable ait une véritable liberté de choix entre l'accès aux soins palliatifs avec, s'il le souhaite, une sédation profonde, et l'accès à une aide active et non violente à mourir sans avoir à devoir partir à l'étranger ou à entrer dans l'illégalité en France en risquant d'entraîner ses proches ou son médecin devant les tribunaux.

J'imagine que ce monsieur ne s'est jamais retrouvé devant un être cher qu'il aime plus que tout en phase terminale d'une maladie incurable qui le supplie de l'aider à mourir. Moi si, et ça me donne un droit que ce monsieur n'a pas, celui de parler en connaissance de cause.

 


ALAIN

07 oct. 2017

Anne Bert a très bien répondu au docteur Devalois, mais je me permets d'ajouter un petit point. M. Devalois dit "Bien entendu, il existe une alternative supplémentaire : décider de mettre fin de manière anticipée à sa propre vie. Cette liberté est offerte à chacun [....]" mais il ne se prononce pas pour autant en faveur de la "Kill pill" qu'il évoque. 

Mais qu'est-ce qu'une liberté sans les moyens de l'exercer ? 

Si les soignants comme ce médecin ou Laurence qui s'est exprimée ici (sur la pétition) répugnent à donner la mort - ça se comprend, ce n'est pas leur vocation - ils pourraient du moins admettre qu'il faudrait permettre aux gens réduits à se la donner à eux-mêmes puissent le faire par les moyens les plus convenables, et pas en avalant des bidons d'insecticides comme les agriculteurs indiens surendettés. 

De tels produits ne pouvant pas raisonnablement être en vente libre, il faut bien que quelqu'un les prescrive. 

Mais non, il ne veut pas non plus, M. Devalois, ni même que cela soit permis à ses confrères. 

Ce n'est pas "immonde", mais cela indique que son goût pour cette liberté qu'il évoque deux fois a ses limites.

Il appelle quand même à un "vrai débat citoyen" sur ce sujet... tout en réprouvant la façon dont Anne Bert s'y appliqu(ait) avec courage : on croit sentir qu'il n'est pas si convaincu que ça de sa propre position.


HÉLÈNE

07 oct. 2017

Ce médecin cherche désespérément des arguments pour cacher son problème : il ne supporte pas l'idée de tuer, même quand c'est demandé et indispensable pour soulager. Probablement marqué par une éducation religieuse ("seul Dieu peut donner ou reprendre la vie, etc..."), il pense mieux savoir que les intéressés et les condamnerait volontiers à une agonie plus ou moins interminable et pénible suivant les cas et les équipes soignantes. Voilà ce que c'est que de préférer ses idées à l'empathie, et au réalisme. Heureusement qu'Anne a trouvé la Belgique.


MARIE-NOËLLE

07 oct. 2017

Je pense que ce Docteur Devalois Bernard, directeur du Centre de recherche ( ? ) et d'enseignement ( !!! ) interprofessionnel "bientraitance et fin de vie" devrait être redirigé vers les services " maltraitance et abattoir "!

 

Qu'oppose-t-il à l'immense dignité, au langage éclairé malgré la souffrance, si décent et respectable de cette femme qui subit cet atroce martyre physique et psychique depuis des années et dont la condition se détériore de jour en jour ? Une ignoble grande souffrance supplémentaire : Celle de lui porter un coup supplémentaire qui ne sera même pas fatal, en lui faisant injure !

 

Et c'est un coup indigne, surtout de la part d'un médecin, qui, à ce qu'il semble et malgré ses nobles - mais j'en doute - qualifications, n'a aucune empathie pour les malades et la maladie.

 

La plupart des lecteurs ne se savent pas ce qu'est la maladie de Charcot, et c'est heureux pour eux car elle fait partie des plus abominables qui soient !

 

Mais il est inconvenant de la part d'un médecin digne de ce nom de répondre à ce plaidoyer douloureux (et pour la faire courte) : " Arrêtez vos blablas, suicidez-vous et basta ! " C'est une honte qui me donne des frissons de colère , d'indignation et d'abomination même ! Se prend-il pour Dieu - qui n'accepte pas le suicide -? a-t-il le droit de juger ? Non ! Son devoir primordial est aussi et surtout celui de comprendre et d'assister dans leurs dernières volontés ceux qui souffrent et sont en état de désespérance et de le faire dans la plus grande des dignités, celle de la compassion . Dans ce monde, on a de la compassion pour son chien malade sans espoir de guérison et parce qu'il souffre, on l'euthanasie en douceur, et on le fait aussi pour les chevaux... La pitié que l'on éprouve pour les animaux, Le Docteur Devalois et le corps médical français ne pourraient-ils pas le mettre en oeuvre définitivement pour les hommes et femmes qui souffrent injustement de façon insupportable au lieu de s'embourber dans de faux débats dogmatiques, sans doute chrétiens ! 

Il est facile de se suicider .. ( quand on en a encore les moyens physiques ) mais ce n'est pas vraiment si simple lorsqu'on voudrait agir proprement et dans la dignité. 

Ces médecins ne connaissent rien à la souffrance, ils la voient ou plutôt, ils la regardent seulement. En attendant malgré leur foi probable qu'ils nous opposeront, sans doute n'honorent-ils qu'un seul Saint : Saint Glinglin !

 

Madame, je vous admire et je suis vraiment de tout cœur avec vous!


RENÉ

06 oct. 2017

 

         Les morts- vivants

 

Vivre sans vie, est-ce possible ?

Oui parait-il,  pour ceux qui considèrent,

Qu’il suffit de respirer, de manger,

Dormir, boire, uriner, déféquer,

Attaché dans un lit, immobile,

Incapable de reconnaître père ou mère,

Avec en permanence pour les aider,

Deux ou trois personnes spécialisées.

Sans compter les pompes et  appareils,

Qui, jours et nuits emplissent leurs oreilles,

De leurs interminables bourdonnements,

Rythmés par les seules pulsions de leur sang.

 

 

Pour ceux qui sont vraiment inconscients,

Condamnés par les médecins inéluctablement,

Insensibles du matin au soir et du soir au matin,

Oui, à la rigueur ! En faisant abstraction,

Des sommes astronomiques dépensées sans raison.

 

Mais, pour ceux ayant toute leur conscience,

Murés dans un implacable silence,

Incapables de battre une paupière,

Pour crier leur douleur, leur colère,

N’ayant qu’un désir ! Qu’une âme charitable,

Mette fin à cette facétie insupportable,

Pour rejoindre cet au-delà suprême,

Ou les attendent ceux qui vraiment les aiment !

 

 

Peut-on les obliger d’endurer une telle infortune,

Être traité comme de vulgaires légumes ?

Quand laisserons-nous aux hommes, enfin,

Le droit de choisir, d’écrire de leur vie le mot fin ?

J’entends comme un leitmotiv sempiternel,

Quand même, que la vie est belle !

Sûrement ! Pour ceux et pour celles,

Qui dorment et pètent dans la dentelle !

 

Mais pour ces vieux ou jeunes grabataires,

Ces enfants  décharnés, l’abdomen gonflé d’air,

N’ayant que quelques gouttes d’eau,

Pour faire saillir leurs os et tanner leur peau,

Même s’ils s’accrochent à ce semblant de vie,

En nous voyant chaque jour envoyer à l’envie,

Des tonnes de vivres dans nos poubelles !

Dites-moi ?  Est-ce à ça qu’on voit que la vie est belle ?

Hélas je crains qu’il y ait autre chose à faire !

 

Débarrassons-nous déjà, et vite, de nos œillères. 

 


CLAUDETTE

06 oct. 2017

Merci à Anne, elle aura vraiment fait tout ce qu'elle aura pu pour faire avancer notre cause et montrer à nos dirigeants qu'elle savait ce qu'elle voulait et qu'aucun d'entre-eux ne déciderait à sa place, et bravo à toi, Marie. Nos politiciens discutent, et discutent encore...

 

De toute façon, c'est un sujet qui ne fera jamais consensus, les médecins qui ne veulent pas aider à mourir n'aideront pas, même si on discutait pendant encore 10 ans !

 

Les représentants des religions non plus, pas plus que les patrons de laboratoires, alors pourquoi discutailler encore pendant des années et des années ?

 

Les Français sont vraiment un peuple à part.... incapables de prendre chez les autres ce qui fonctionne bien, trop fiers peut-être ?


BERNARD

06 oct. 2017

 

On a encore eu un sacré spécimen ce soir sur Europe 1 en la personne de l'avocat Henri de Beauregard lors de l'émission de Ch. Hondelatte. Ce personnage se permet d'évoquer la décision d'Anne Bert avec un ton méprisant et moralisateur : 

 

"On offre son désespoir à une cause ... on écrit une lettre au Président ou à un député .... on écrit un livre .... on passe à la télé et on appelle au débat .... mais tout est faussé !" .

 

J'ai du mal à rester poli face à un tel individu qui ne se rend même pas compte des épreuves traversées par Anne Bert et de l'immense courage qu'il faut pour aller au bout d'une telle décision.

 

Il prétendait même que le fait de parler de "mourir dans la dignité" impliquait qu'on considérait que ceux qui veulent aller au bout de leur vie malgré les souffrances seraient "indignes" ! Quand on entend de telles inepties de la part d'un avocat .... on a envie de faire appel au gorille de Georges Brassens ..... 

 

Heureusement que François de Closets lui a parfaitement répondu en lui opposant la demande de liberté de choix que demandait Anne, sans rien imposer aux autres et sans les juger ( ce que nous demandons tous ) face à la théocratie de ce Beauregard qui voudrait imposer à tous une agonie rédemptrice ! 

 

H. de B. a aussi invoqué d'autres arguments fallacieux en prétendant que c'est plutôt le regard des autres qui serait indigne face au malade .... mais il ne parle pas de l'essentiel qui est le regard du malade sur lui-même ! 

 

Et selon lui, l'euthanasie active en Belgique ne serait plus une exception mais deviendrait la règle même pour de simples dépits amoureux ... du grand n'importe quoi qui prêterait à sourire si le sujet n'était aussi grave !

 

Continuons le combat contre ce type d'obscurantisme religieux ......


GÉRALDINE

03 oct. 2017

 

Une bizarre conception de la fraternité que de laisser le choix à une personnes de ne pouvoir se donner la mort que dans des circonstances pénibles pour elle et ses proches. Ce docteur connait-il la réalité des moyens laissés à une personne hors du corps médical pour se suicider sans douleur? Sans laisser à ses proches un corps supplicié? Quel drôle de concept que de pousser quelqu'un à choisir l'autolyse dans la souffrance et la solitude quand d'autres pays (qui ne se réclament pas Patrie des Droits de l'Homme) ont choisi d'offrir non seulement à ces mêmes personnes mais aussi à leurs proches des solutions de confiance et de partage. Je suis triste de savoir que, si je fais le choix de Mme Bert et de bien d'autres personnes, je ne pourrai pas rentrer en France, dans mon pays, auprès des miens. J'aurai à défaut la consolation de rester dans un pays qui me soutiendra et accueillera mes proches.


JACQUES MAZIÈRES

03 oct. 2017

 

(À propos du Docteur Devalois)

 

Je connais bien ce "docteur" qui se fait régulièrement siffler dans les réunions et clame que l'on ne peut pas demander à un médecin de "tuer", (il faut appuyer sur le mot qui fait mal) ! Un médecin ne tue pas, il "aide".

 

Anne Bert pouvait se suicider ! Oui, mais de quelle façon ? Les quelques médicaments qui permettent de se suicider proprement sont retirés de la vente. Il pense sans doute que mourir étouffé ne dure pas si longtemps que ça ? Cet homme ne mérite pas le nom de médecin ni même d'être humain.

 

Le médecin qui laisserait - je pense évidemment à Devalois - comme cela s'est produit plusieurs fois, un malade mourir par étouffement de la SLA, serait, j'ose le dire et le revendique, ni plus ni moins qu'un assassin ! Seul point d'accord, on ne demande pas à un médecin de "faire", mais dans ce cas, c'est la Suisse où les bénévoles sont dans une totale empathie.

 


SOPHIE

02 oct. 2017

 

Quelle abjecte hypocrisie , ce Monsieur réitère à plusieurs reprises l'idée que " rien n'empêche Anne Bert " de mettre fin à ses jours ( donc par suicide et comme s'il était simple et facile de se suicider ) pour ensuite terminer son propos en dénigrant une " société qui encouragerait ses citoyens au suicide " ... 

En fait cet homme encourage Anne Bert au suicide , s'en lavant les mains tel Ponce Pilate. 

Merci , Anne Bert pour votre courage à dire et à porter sur la scène publique votre noble combat, ainsi vous faites avancer notre cause en provoquant de telles réactions de ceux qui n'ont aucun intérêt financier à ne pas nourrir l'industrie pharmaceutique en développant un arsenal de médicaments devant des vies qui pourraient avec un seul s'éteindre paisiblement . 

Merci , Madame , pauvres citoyens que nous sommes, réduits à être des cobayes des lobbies pharmaceutiques , 

lorsque vous Partirez , nous serons avec vous ....


CHRISTINE

02 oct. 2017

 

J'adore ces gens qui se mettent dans la peau des autres et sont à même de connaitre leur ressenti....

Proprement scandaleux.

Vouloir mourir ''proprement" nous est interdit car la France est un pays de ringards de vieux médecins grincheux, acariâtres ...pourtant combien au moment venu font le nécessaire pour eux et leurs proches.

Notre pays qui était si "moderne" devient un pays concervateur de traditions dépassées, même accoucher avec péridurale devient compliqué dans certains lieux alors mourir dignement, autant rêver! 

Et bien je veux rêver....

Merci Madame Bert pour votre courage à vous battre et à vous servir de votre notoriété pour nous défendre tous.

 


CATHERINE

02 oct. 2017

 

 

Je comprends tout à fait la complexité de la situation, même si au fond le cas de figure est très simple : Madame BERT, connaissant tout a fait la fatale évolution de sa maladie demande au moment venu à ce qu'un médecin puisse enfin mettre un terme à son calvaire qui aura atteint le summum afin de partir sereinement. C'est déjà terrible en soi d'être conscient de cela et extrêmement courageux de non seulement prendre une décision de fin de vie .

 

Cette femme est déjà dans une souffrance physique terrible à laquelle lui est rajoutée une lourde souffrance morale. À cause de tergiversations , à cause surtout d'une belle hypocrisie de ,la part de notre société, de la part de notre corps médical.

 

Ne vous posez donc pas la question: si cela fonctionne dans d'autres pays, pourquoi pas chez nous? ....j'espère sincèrement que la situation va évoluer , vite et surtout dans le bon sens, pour Madame Bert et tant d'autres personnes dans son cas qui ne demandent même plus à vivre...mais seulement à mourrir, en paix et dignement.

 

 

Bravo Madame pour votre combat.


PATRICK

02 oct. 2017

 

 

L'avis de ce médecin reflète bien le point de vue de nombreux médecins. Il refuse de regarder en face le fait qu'en laissant mourir quelqu'un de faim et de soif sous sédation, sans savoir de façon certaine quelle est sa souffrance, il s'agit ni plus ni moins qu'une action volontaire et consciente entraînant la mort, donc totalement équivalente à une injection létale, quoi qu'il en dise. Mais avec en plus un risque de souffrance potentiel.

 

On peut comparer ce débat à celui sur l'avortement. La loi actuelle est hypocrite et rétrograde. Il faut que le législateur écoute la voix de la majorité et pas celle du lobby des médecins. 

 

Les médecins n'ont pas à décider seuls de ce que la société souhaite sur ce sujet. Si la société souhaite mettre en place une assistance active pour la fin de vie, ils ont le droit d'avoir un avis, comme tout citoyen, mais pas de s'y opposer. On peut comparer ce débat à celui sur l'avortement. La loi actuelle est hypocrite et rétrograde. Il faut que le législateur écoute la voix de la majorité et pas celle du lobby des médecins. 

On peut comprendre la difficulté pour un médecin de donner la mort, mais son rôle est de soulager ses patients, pas de les maintenir en vie à tout prix. Il faut relire le serment d'Hippocrate qui ne dit pas autre chose.


CARINE

02 oct. 2017

Un peu d'hypocrisie, non Dr Devalois? Ce qui vous dérange est que ce soit un médecin qui effectue l'action de "fin". De fait, croyez-vous que soit plus honorable cette terrible alternative: " elle pourra obtenir d'être endormie profondément et de manière irréversible (sédation profonde et continue)". Y aurait-il des intérêts autres que celui du patient en cause? Il est encore plus terrible de laisser dormir, sans autre possibilité de vie, quelqu'un qui restera (on ne sait combien de temps) dans un lit.....mais bon en attendant "labo & autres" encaissent!!

 


CLAUDE

21 sept. 2017

 

Pourquoi je souhaite que soit votée une loi permettant à chacun de choisir le moment de sa mort dans la dignité.

 

J’ai 75 ans.

 

Je pratique toujours mes sports, spéléologie et randonnée.

 

J’ai une vie sociale active. J’ai des responsabilité dans 3 associations, et suis un simple adhérent de trois autres.

 

Je continue à me cultiver et à transmettre mes connaissances chaque fois que possible.

 

J’ai donné (ou plutôt acheté le droit de donner) mon corps à la science en 1995.

 

J’ai également rempli le document des directives de fin de vie. Mais ces directives ne sont applicables que si je suis déjà en fin de vie, dans des conditions de déchéance physique et intellectuelle  que je refuse d’assumer.

 

Bien entendu je souhaite continuer à bien vivre le plus longtemps possible.

 

Mais je pense qu’obliger les gens à continuer à vivre  quand qu’ils sentent décliner leurs capacités physiques et intellectuelles alors qu’ils souhaitent mettre fin à une vie bien remplie pour éviter de devenir une charge pour la société et leur famille est un acte de barbarie. 

 

Où est le respect de la liberté de chacun ?

 

Le jour où je déciderai que ma vie devient une souffrance, qu’elle soit physique ou morale, je voudrai pouvoir mettre fin à ma vie dans des conditions qui respectent ma dignité et mes volontés.

 

Certes, je pourrais choisir un suicide violent, les moyens ne manquent pas. Mais alors, mon corps ne sera plus accepté par la faculté, et non seulement j’aurai  perdu « mon investissement »:-), mais de plus, ma famille devra assumer les frais causés par mon décès.

 

Quant à aller en Suisse ou en Belgique, même si les voyages forment la jeunesse, ces voyages risquent d’amputer sérieusement mon héritage qui ne sera déjà pas bien gros. 

 

Je demande donc que toutes les personnes âgées qui le demandent puissent être aidées dans leur choix de fin de vie.

 

Elles ne sont plus des adolescents mal dans leur peau ou des adultes suicidaires qu’on peut soigner!

 

La vision morale selon laquelle la mort est pire que la souffrance n’est pas la mienne, et le fait que d’autres puissent me l’imposer est tout simplement inadmissible.

 

La mort est la conséquence naturelle de la vie, la souffrance ne l’est pas. La mort est inévitable, la souffrance ne l’est pas. Alors, laissez nous choisir une mort digne le jour où nous le souhaitons.

 

Merci.

 

 

Et si cet appel à la fraternité ne suffit pas à convaincre, alors pensez aux économies que la société fera en acceptant ce choix !

 

 


KIRCHHOFER

20 sept. 2017

 

Certains pensaient avoir, en la personne de la nouvelle Ministre de la santé, une aide favorable à un nouveau débat ! Que nenni! C'était compter sans l'abandon de toute opinion personnelle quand on rentre au gouvernement .....

 

En effet, l'interview ce matin sur Europe 1 m'a fait hurler : Honte à Mme la Ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui, non contente de se dédire maladroitement ce matin sur l'antenne d'Europe 1 ( je ne me souviens pas avoir dit cela, je ne voulais pas dire cela ... etc etc ) au sujet de la loi belge, se permet en plus d'estimer publiquement qu'Anne BERT n'est "pas assez" en fin de vie pour pouvoir demander une sédation!!!

Elle l'accuse presque d'aller en Belgique par souci de "confort" ..... non, mais de qui se moque t'on ? :o((

Et elle prétend que ce désir d'une loi sur la fin de vie ne concerne finalement que peu de monde en France ! Prouvons-lui le contraire en boostant la pétition et toutes les manifestations en cours.....

 

Décidément, l'entrée en politique s'accompagne bien trop souvent d'un abandon de toute dignité ......


RAPHAEL

20 sept. 2017

 

 

Bravo Marie!!! Bravo Anne Bert!!! Bravo Françoise!!! Bravo à tous!!!

 

Le combat continue et manifestement, il commence à gêner certaines élites de notre belle société française, confites dans leur certitude, leur conservatisme et leur prétention.

A ce sujet, je viens de lire plusieurs articles superbes sur le blog d'Anne BERT, notamment l'un d'eux dans lequel elle remet à sa place l'Association de Recherche sur la SLA (dont elle reconnait la grande utilité) mais cette association déplore la médiatisation de son choix de mourir avant terme en Belgique, choix qui aurait "choqué" de nombreux malades atteints comme elle de la SLA...

 

Cette association ne parle pas des malades qui comprennent son choix ou qui souhaiteraient faire de même...Bien sûr, voyons... Ils sont en quantité négligeable!!!

 

C'est bien connu que court-circuiter sa phase d'agonie c'est comme être privé de dessert. Personne ne le souhaite!!!

 

Quelle honte!!! Quelle bêtise de la part de ces médecins de raconter de telles inepties et quel manque d'humanité et de respect envers le choix intime d'une personne (je dis bien d'une personne et pas simplement d'une malade sous tutelle comme ils les aiment) !!! Ces médecins ou chercheurs sont imités par un mandarin expert de la SLA au CHU de Montpellier qui reprend cette mise en cause dans des

termes tout aussi dédaigneux envers Anne BERT dans un article du journal LA CROIX.

 

Cela donne vraiment envie d'aller se faire soigner en Belgique!!! Un pays dans lequel une autre conception des soins et de la médecine existe, dans lequel le Docteur n'a pas oublié que la mission première de la médecine est de soulager la souffrance du patient. Bien loin de l'état d'esprit du corps médical Français.

 

Enfin, je vous signale que l'Australie se bat également pour obtenir une loi sur l'euthanasie et le suicide assisté. Un réalisateur, Justin Kurzel, partisan de l'euthanasie a filmé dans un hôpital du pays, la mort de Greg Sims, un Australien atteint d’un cancer au cerveau dans un spot intitulé "La vidéo choc pour la légalisation de l'euthanasie en Australie: parviendrez-vous à regarder l'horreur

en face? ". Ce spot est déconseillé aux âmes sensibles et aux moins de 18 ans mais c'est malheureusement la cruelle réalité sur le sort qui peut advenir à toute personne en fin de vie, y compris en France.

LE COMBAT doit continuer jusqu'à la VICTOIRE!!!


PATRICIA

19 sept. 2017

 

Par mon métier, (je suis maintenant à la retraite), et dans ma vie privée, j'ai eu de nombreuses occasions d'accompagner des personnes en fin de vie et je peux témoigner de la douleur physique et morale dans ces moments particulièrement difficiles pour les patients et pour les personnes qui les aiment. J'ai vu et entendu des malades qui suppliaient pour que tout s'arrête.

Je souhaiterais pour ma part avoir le choix du moment où je dirai stop, ce n'est plus possible.

 

Bien sûr que cette loi doit être encadrée, que les décisions doivent être prises lors d'un groupe de parole avec les médecins, mais il semble que notre culture a encore du mal à admettre que chacun est libre de son corps, de son devenir.

Il est à mon avis temps d'arrêter toutes ces souffrances inutiles et que chacun et chacune puisse en toute responsabilité choisir sa manière de mourir.

Nous avons, mon mari et moi, écrit une lettre que nous avons confiée à des personnes de confiance pour que notre volonté soit respectée dans la mesure de la légalité. Aussi nous attendons avec impatience que la loi rejoigne nos aspirations. 

Bon courage pour votre lutte qui est aussi la nôtre!


ISABELLE L.

16 sept. 2017

 

Monsieur le Député, 

Durant la campagne des élections présidentielles, mon amie Anne Bert a adressé à tous les candidats une lettre ouverte les appelant à agir pour une légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté en France. Anne Bert est atteinte de la maladie de Charcot depuis bientôt deux ans, et ira mourir -d'ici la fin de l'été- en Belgique, parce que son pays ne lui permet pas de le faire chez elle. S'exiler pour mourir comme on le souhaite, pour ne pas avoir à subir une agonie indigne -dans son cas, un emmurement total et une mort par étouffement- est purement scandaleux. De plus, cet ultime exil n'est accessible qu'à ceux qui en ont les moyens, comme c'était le cas pour l'avortement avant la loi courageuse de Simone Veil, ce qui là encore est une injustice flagrante. 

Sur ce sujet sociétal majeur, la ministre de la santé Mme Agnès Buzyn, a répondu à Anne Bert lors d'un entretien, que l'actuelle loi Claeys-Leonetti satisfaisait pleinement les Français et que des demandes comme la sienne étaient marginales. Comment peut-on prétendre que de laisser mourir de soif et de faim des personnes sédatées soit satisfaisant ? Comment peut-on considérer cela comme humain ? De plus, cette solution ne s'applique qu'à des personnes en toute fin de vie, donc totalement inadaptée pour des malades atteints de la maladie de Charcot et bon nombre d'autres maladies neuro-dégénératives. 

Un sondage réalisé en mars 2017 par l'IFOP pour l'Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité prouve que les Français, dans une immense majorité, souhaitent voir la France se doter d'une loi sur la fin de vie digne de ce nom (voir lien suivant https://www.admd.net/articles/sondages/sondage-ifop-95-des-francais-favorables-au-droit-leuthanasie.html ). 95 % des Français attendent une loi qui leur assurera de ne pas quitter ce monde de façon indigne ! 

Il ne s'agit pas d'imposer (comme on a tendance à le dire, en tout mauvaise foi) mais de permettre aux Français d'avoir un véritable choix. Il ne s'agit pas non plus de supplanter les soins palliatifs par l'euthanasie ou le suicide assisté, mais juste de permettre de dire "stop" lorsque cela devient trop insupportable. 

Il est indigne pour la France de se défausser sur les pays voisins de la prise en charge des personnes qui ne souhaitent seulement que mourir comme elles le désirent. 

Ce sujet de la fin de vie concerne tout le monde. Qui peut dire à quoi nous serons confrontés demain. Je frémis à l'idée que l'un de mes proches ou moi-même ait à subir une agonie aussi dégradante qu'inutile. Parce que, soyons honnêtes, au nom de quoi -si ce n'est d'une morale judéo-chrétienne d'un autre âge- y a-t-il besoin d'avoir à supporter l'insupportable avant de mourir ? Nous le refusons pour nos chiens ou nos chats ! 

C'est pourquoi, monsieur le Député, je vous demande instamment d'oeuvrer pour qu'une véritable loi voit le jour le plus rapidement possible. Si j'osais un trait d'humour, je vous demanderais de vous mettre En Marche pour permettre à vos concitoyens atteints de maladies incurables, d'avoir une mort calme et sereine s'ils le souhaitent. Pour Anne qui, alors qu'elle pourrait profiter des siens durant les quelques semaines qui lui restent, consacre ses dernières forces à porter ce combat à bout de bras par altruisme, comme elle l'a fait pour d'autres choses tout au long de sa vie. Pour mieux connaître son combat, je vous invite à visionner la récente interview faite par France 3 Nouvelle Aquitaine en cliquant ce lien http://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/charente-maritime/euthanasie-dernier-combat-anne-bert-1303771.html 

Je vous remercie d'avance de l'attention que vous porterez à ma requête. 

 

 

RÉPONSE DU DÉPUTÉ:

Madame, 

Vous avez bien voulu m’adresser un courrier relatif à votre souhait de voir légalisée l’aide active à mourir. Je vous remercie de la confiance que vous me témoignez en m’écrivant ainsi avec franchise. 

Tout d’abord, je tiens à vous indiquer que j’ai conscience de l’extension du nombre d’avis favorables à l’euthanasie et au suicide assisté chez nos concitoyens. Il est vrai que les différents cas qui ont été fortement médiatisés ont touché et ému une grande partie de la population française, y compris moi. La situation de votre amie est à cet égard un exemple de combativité dont doivent faire preuve les personnes malades. 

Les lois ont permis à un moment bien précis de répondre à de nouvelles attentes en termes de fin de vie. Je ne pense pas que les lois Leonetti sont insatisfaisantes mais plutôt insuffisantes et notamment sur le plan de leur application. Je me range donc du côté du président de la République pour exprimer mon souhait d’une meilleure application de la législation actuelle. 

L’euthanasie et le suicide assisté posent, chez la plupart d’entre nous, un problème de conscience. Comment pouvons-nous imaginer ce que ressentent les personnes souhaitant disposer d’une aide active à mourir avant d’en avoir fait nous-mêmes l’expérience ? Je ne le sais pas. 

Ce problème de conscience, associé à mon manque de compétences médicales, m’empêche donc de proposer un texte de loi sur la légalisation de l’aide active à mourir. Toutefois, je m’engage à soutenir un tel texte s’il était mis à l’agenda par le gouvernement ou s’il était proposé par un autre parlementaire compétent sur cette question. 

Espérant avoir répondu à vos questions, je vous prie d’agréer, Madame, mes salutations les meilleures. 

 

 

RÉPONSE D'ISABELLE L:

Tout d'abord, je tiens à vous remercier de votre réponse, que j'ai lue attentivement, et je suis heureuse que vous soyez sensible au sort des malades condamnés et à leurs souffrances. 

Vous me dites que la loi Claeys-Léonetti n'est pas insatisfaisante mais insuffisante du point de vue de son application. Cela revient à trouver satisfaisant de plonger des personnes en fin de vie dans un sommeil profond, pour les laisser mourir de faim et de soif , alors qu'il suffirait d'une injection pour qu'elles partent en paix et entourées des leurs. Pour ma part, je me refuse à trouver cette solution acceptable, tant d'un point de vue humain que médical. Je ne doute pas qu'actuellement, des personnes demandent à en bénéficier, mais ne vous y trompez pas, c'est uniquement parce c'est la seule solution légale , pour qui n'a pas les moyens d'aller en Belgique ou en Suisse (plus de 11 000 euros pour un suicide assisté en Suisse). A moins de pouvoir bénéficier d'une euthanasie clandestine (car c'est bien là l'hypocrisie totale en France, c'est que tout le monde sait que cela se pratique. Les médecins qui acceptent de le faire prennent le risque de poursuites judiciaires et d'interdiction d'exercer, comme le Dr Bonnemaison à Tarbes). Et c'est la porte ouverte à tous les abus, puisque aucun contrôle ne peut être effectué). De plus, c'est au médecin qu'il revient de décider qui est en fin de vie. Dans le cas d'une maladie de Charcot, même lorsque le patient étouffe du fait de la paralysie des muscles respiratoires, très souvent les médecins estiment qu'il n'y a pas de fin de vie, puisqu'elle peut être prolongée par une mise sous respirateur ! Imaginez la détresse du patient, emprisonné totalement dans son corps, ne pouvant s'exprimer que par clignements d'oeil, mais ayant toute sa conscience. Si je persiste sur cette terrifiante pathologie c'est en connaissance de cause puisque j'ai perdu un proche il y a 25 ans de cette maladie, pour laquelle depuis aucun traitement n'a été trouvé. J'ai également le souvenir d'une amie très chère, décédée dans des douleurs atroces d'un cancer généralisé, mais que l'on voulait opérer et a qui on a infligé une chimiothérapie lourde qui lui a gâché ses dernières semaines. Elle avait 80 ans et était membre de l'ADMD. Elle espérait pouvoir trouver de l'aide, elle ne l'a pas obtenue. Et je ne vous épargnerai pas non plus le cas tristement célèbre de Vincent Lambert, plongé dans un coma irréversible depuis 2008, et victime de ses parents fanatiques. Demain, nous pouvons tous être confrontés à une situation de ce genre, pour nous-mêmes ou pour les êtres qui nous sont chers. Aimer l'autre, c'est aussi accepter de le laisser partir lorsque plus rien ne peut être fait et/ou quand il a décidé de ne pas subir ce qu'il juge insupportable. 

 

Je pense sincèrement que plutôt que de compétences, c'est d'empathie et d'humanité qu'il y a besoin pour qu'un texte de loi voit le jour en France, deux qualités dont je ne doute pas que vous soyez pourvu. Actuellement, une quarantaine de parlementaires travaillent sur une proposition de projet de loi visant à légaliser l'aide active à mourir en France. Tous ne sont pas médecins, mais tous ont a coeur de permettre un véritable choix à leurs concitoyens. 

 

Car c'est bien de cela qu'il est question, que l'on sache avoir une possibilité d'abréger des souffrances insupportables. Dans les pays qui ont adopté de telles lois, seuls 2 % des malades demandent à en bénéficier, on est loin de la généralisation. En politique, il est des combats pour lesquels il faut avoir du courage pour les mener à bien. Ce fut le cas pour la légalisation de l'IVG, pour l'abrogation de la peine de mort... La légalisation de l'aide active à mourir en fait partie. Et cette loi verra le jour en France, je n'ai aucun doute à ce sujet. La seule question qui se pose est de savoir combien d'années les Français auront-ils encore à subir des fins de vies aussi douloureuses qu'inhumaines. 

En espérant que vous serez sensible à mes arguments, je vous souhaite, Monsieur le Député, une bonne fin de journée et vous prie d'agréer mes sincères salutations. 


RAPHAËL

08 sept. 2017

 

 

J'ai 46 ans et j'ai compris depuis longtemps que je n'était pas immortel.

 

Je considère donc que la mort n'est pas le sujet de ce débat puisqu'elle est inéluctable. Le vrai sujet de ce débat est la vie, la qualité de vie ou parfois la survie telle que chacun l'appréhende pour sa propre fin de vie.

 

Ma mère a 86 ans et elle est atteinte depuis 6 ans d'une démence sénile de type Alzheimer. Elle vit en EHPAD (maison de retraite médicalisée) depuis 5 ans, son état se dégrade un peu plus chaque année et j'aurais aimé pour elle qu'elle puisse indiquer son choix de fin de vie si un jour son état n'est plus compatible avec une vie digne de ce nom. Malheureusement, elle n'a pas fait de directives anticipées et une loi du type belge sur la fin de vie n'existe pas encore en France.

 

Anne Bert a tout expliqué calmement et de manière limpide sur la loi belge et sur sa façon de voir la vie et la fin de vie, en démontant systématiquement les arguments mensongers de certains détracteurs du type : ce serait "un génocide des vieux", une porte ouverte à la captation anticipée d'héritage ou on va euthanasier les dépressifs, transformer les soignants en bourreaux et toutes ces sortes d'âneries...

 

L'euthanasie est réservée aux personnes en fin de vie, atteintes de séquelles ou handicaps très lourds ou de maladie incurables et qui souffrent énormément physiquement et psychologiquement, bref des personnes à l'agonie. Le législateur est capable de mettre en place les garde-fous nécessaire pour encadrer strictement cette pratique comme c'est le cas en Belgique.

 

Évidement, la loi sur la fin de vie sera respectueuse des convictions de chacun et personne ne sera contraint de choisir l'euthanasie ou de la pratiquer si cela est contraire à ces principes.

 

Comme souvent, la France est rétrograde et en retard sur les questions sociétales.

 

Avec ce nouveau gouvernement, on n'entend plus parler que d'économie et de finance. La vie et la mort des citoyens français, ce serait un sujet secondaire pour l'ancien banquier d'affaire qui nous dirige... Ce n'est pas le cas pour Anne Bert, Marie Godard, moi et la grande majorité des Français qui veulent et qui obtiendront rapidement, je l'espère, une loi pour pouvoir mourir sereinement et humainement sans agoniser inutilement.

 

Raphaël


MARIE

07 sept. 2017

Qui vit mourra dans la dignité !!!

Dites moi, vous là haut , aux rennes du Pouvoir , avez-vous déjà eu à accompagner un mourant, un être dépourvu de ses sens, souvent alité avec un minimum de soins ou à l'opposé bien vivant mais qui connaît la lutte finale et ne veut pas d'acharnement thérapeutique ... ... ... 

Parce que s'acharner à vivre sans être celle ou celui que l'on était, parce que le malade, outre sa faiblesse maladive, a encore une âme dont les vœux peuvent être exaucés.

Ne restons pas cachés derrière les beaux discours et les lois si brèves, mal appropriées, ce ne sont que du vent !!!

Digne et responsable, voila les attributs de ceux qui veulent mourir ... ... ... 

Ecoutez ces femmes et ces hommes qui ne choisissent pas l'acharnement thérapeutique, parce qu'ils ont encore cette humilité de ne plus vouloir " déranger " .

Ces gens, c'est vous, c'est mo , qui demandons la délivrance totale, sereine et personnelle.

Il arrive et peut-arriver dans la douceur et l'amour, ce dernier geste souvent longtemps programmé ... ... ... 

Respectons ces choix, aidons les équipes médicales à joindre le geste à la parole .

Refusons la déchéance, l'assistanat , d'être leurs sujet d'études ... ... ... !!! !!! !!!


CATHERINE

07 sept. 2017

 

Adhérente à l’ADMD, j’entends aujourd’hui à la radio beaucoup de sujets sur les évolutions des droits des femmes et, notamment, du droit à l’avortement. 

 

On y revient en particulier sur le manifeste, dit des “343 salopes”, qui a contribué, en 1971, à faire bouger les lignes. 

 

J’enfonce peut-être une porte ouverte. Sans doute avez-vous déjà réfléchi à cette possibilité. Mais, voyant sur le site de l’ADMD le témoignage de Véronique Sanson, ayant rencontré Noëlle Chatelet et lu ses ouvrages, je me demande si un manifeste, signé notamment par des personnalités, moins sujettes peut-être à poursuite pénale que le commun des mortels,  ayant aidé un proche à partir dignement ne pourrait pas être intéressant. Encore faut-il que les signataires soient suffisamment nombreux. 

 

Je voudrais dire enfin mon admiration aux jeunes de l’ADMD qui ont dépassé le fantasme d’immortalité pour s’intéresser à un sujet que, pour ma part, je n’ai découvert  qu’assez récemment, avec la fin de vie de mes parents et la maladie neuro-dégénérative de mon mari. 

 

21 ans en 1971 et dans la bagarre pour le droit à l’avortement, que n’ai-je aujourd’hui l’énergie qui me permettrait, pourquoi pas, de battre le pavé pour cette autre facette du droit à disposer de ma vie, à n’être la chose ni de la médecine ni d’aucune idéologie ? Et de tirer de ce droit un amour accru pour la vie. 

Merci à vous et bien cordialement.


BERNARD

06 sept. 2017

 

 

Je joins à titre de témoignage les échanges de mails que j'ai eu en mars 2015 avec le député Jean Leonetti.

Bien cordialement 

Bernard

 

12 MARS 2015

Monsieur le Député,

Trop de personnes parmi celles qui s'opposent à l'aide à mourir le font sans avoir été elles-mêmes directement confrontéeS dans leur chair à ce choix difficile. Aussi j'aurai souhaité que chaque parlementaire au moment de se prononcer sur cette question cruciale fasse abstraction de tout préjugé et de tout esprit partisan en se mettant dans la situation. 

Imaginez que l'être qui vous est le plus cher au monde souffre depuis des années d'une longue maladie, un cancer par exemple. II se bat, vous vous battez avec lui, opérations douloureuses successives, radiothérapies, chimiothérapies... Vous y croyez, il va se sortir de là et puis rechute après rechute l'espoir s'amenuise jusqu'à disparaître. Vous avez posé la question à l'oncologue : combien de temps reste-t-il ? : une semaine, un mois quelques mois...Il ne sais pas mais la fin approche, irrémédiable, et la souffrance est là depuis longtemps mais elle s'accroit. La tumeur est proche de nerfs très sensibles, la douleur neuropathique intense ne peut être soulagée et l'être cher souffre de plus en plus, qu'il soit assis, couché ou debout, quelle que soit la position. Il ne peut presque plus marcher et vous savez que la situation ne peut maintenant que continuer d'empirer, devenir insoutenable. 

Dès le début de sa maladie l'être cher vous a fait part de son souhait, si un jour la vie ne veut plus de lui, de pouvoir partir doucement, tendrement en vous serrant la main lorsque qu'il n'y aura plus d'espoir et que sa vie sera devenue une souffrance insoutenable. Il ne veut pas entrer dans un centre de soin paliatif car l'idée de rentrer dans une telle structure en confiant sa fin à d'autres et en sachant qu'il ne pourra plus rien maîtriser lui est insupportable !

Alors en l'état de la législation française actuelle, que ferez-vous face à cet être cher que vous aimez plus que tout et qui vous supplie les yeux dans les yeux de l'aider à vous quitter, à quitter ce monde sereinement, calmement. Quel choix aurez-vous ? Vous pourrez détourner le regard, vous dire que vous ne pouvez pas l'aider comme il le souhaite mais le remord vous rongera le restant de votre vie. Vous pourrez essayer de l'emmener à l'étranger dans un pays où ce choix est possible mais c'est très compliqué et encore faut-il que vous en ayez les moyens financiers et que l'être cher puisse supporter le voyage. Enfin si vous avez beaucoup d'amour et de courage vous pourrez essayer de l'aider seul à mourir mais il faut trouver un moyen non violent et ce n'est pas simple, vous serez totalement seul à assumer cette décision et la société pourra vous condamner pour l'avoir aidé...

La loi que vous avez présentée Monsieur le Député n'apporte aucune solution à la situation exposée ci-dessus. Elle ne propose que la solution de sédation profonde aux personnes qui ont accepté d'entrer en soins palliatifs et se retrouvent agonisants à quelques jours de leur mort dite naturelle alors que c'est justement ce que beaucoup refusent. Ils veulent pouvoir partir avant d'en arriver à ce terme qu'ils jugent inacceptable. De quel droit leur refuse-t-on cette possibilité qu'il n'est bien sûr pas question d'imposer à quiconque. Avec la loi que vous défendez il ne leur restera toujours que l'étranger ou la clandestinité hors la loi pour partir sereinement. 

Si par malheur vous vous retrouvez dans la situation que j'évoque ci-dessus alors peut-être comprendrez-vous mieux mon attente et ma colère face au manque de courage des députés.

Vous avez en tant que médecin l'expérience acquise avec vos patients mais elle ne vaut plus grand chose dès lors qu'il s'agit d'un être cher. Il faut que les médecins aient l'humilité de considérer que lorsque la médecine est impuissante la fin de vie de leurs patients ne leur appartient pas.

Puissent ces quelques lignes vous faire réfléchir en dehors de tout esprit partisan et qui sait peut-être un jour mieux comprendre l'attente de ceux qui ne souhaitent pas finir leur vie en agonisant dans un centre de soins palliatifs en attendant qu'on leur administre une sédation profonde dont ils ne veulent pas.

Recevez, Monsieur le Député, mes sincères salutations.

 

13 MARS 2015

Bonjour,

Pourquoi une nouvelle loi ? Il serait confortable de rappeler que la loi de 2005 a été votée à l’unanimité et que tout le monde s’accorde qu’elle n’est, à ce jour, ni bien connue, ni bien appliquée. 

On pourrait même argumenter que le texte comprenait déjà les deux mesures phares du nouveau texte : la sédation en phase terminale et les directives anticipées.

Enfin, il n’est pas possible aujourd’hui dans un contexte politique très différent de celui d’il y a 10 ans d’obtenir le même consensus.

Plusieurs raisons plaident cependant pour un nouveau texte.

Tout d’abord, ma conviction est faite que sur les sujets de société il est important de pouvoir avancer sur une majorité d’idées qui dépasse les clivages politiques habituels. Les Français ne doivent pas s’affronter sur ces sujets qui touchent à l’intime de chacun et réveillent des souvenirs douloureux.

Ces sujets complexes ne peuvent pas subir des législations contradictoires au gré des changements de majorité. On ne peut pas dénoncer une loi comme « le mariage pour tous » qui a clivé la France inutilement et refuser de participer à un texte de rassemblement tel que le Président de la République l’a appelé de ses vœux.

Chercher le consensus ce n’est pas pour autant renoncer à ses convictions et la proposition de loi que je présente avec Alain Claeys n’est pas une permission de donner la mort mais de soulager les souffrances à la fin de la vie. Il donne le droit à « dormir pour ne pas souffrir avant de mourir » et non pas de dormir pour faire mourir.

Enfin ce texte est nécessaire parce que la situation dans notre pays n’est pas satisfaisante. Le « mal mourir » persiste en France comme le rappellent les rapports du Professeur Didier Sicard et du Comité Consultatif National d’Ethique qui proposent ces nouvelles mesures législatives avec l’approbation de la Société Française des Soins Palliatifs.

Bien sûr toute la vie n’est pas dans le droit et tout le droit n’est pas dans la loi et ce nouveau texte doit s’appliquer, pour être efficace, du développement des soins palliatifs et d’une meilleure formation des médecins.

Mais la loi, est celle votée en 2005 en est la preuve, est un formidable outil de pédagogie et d’évolution de la société.

C’est pourquoi remplacer désormais le devoir des médecins par un droit des malades en replaçant le patient au cœur du dispositif décisionnel répond à l’attente de nos concitoyens qui aspirent à être entendus et à bénéficier d’une fin de vie digne et apaisée.

Notre pays possède les moyens techniques et humains pour éradiquer toute souffrance dans la période ultime de nos vies. L’honneur du législateur et de répondre à cette attente.

Malraux disait que toute civilisation est hantée par ce qu’elle pense de la mort. Elle peut aussi être jugée à la façon dont elle traite ses membres les plus vulnérables, ceux qui vont mourir. Il faut soulager la souffrance de ceux-là sans les abandonner, en continuant à les considérer vivants. 

L’individu revendique plus de sécurité, de performance et de certitude mais restera démuni devant sa mort que rien n’empêchera et ne codifiera. Cette mort, la sienne, est encore une partie de sa vie, ultime rencontre avec lui-même, qu’il découvrira à cet instant pleinement dans sa complexité et son mystère.

Enfin, comme le dit Robert Badinter, lorsque la société s’exprime, en particulier dans le code pénal, elle parle de répression et d’expression. Elle n’est pas que répression, elle ne dit pas seulement ce qui est permis et ce qui est interdit, elle dit aussi ce qui est souhaitable, ce qui relève du symbole.

Une société qui considérerait que des vies sont moins à même d’être vécues et qui définirait, même de manière exceptionnelle, ceux qui ont droit à la mort et ceux qui n’y ont pas droit, cliverait dans notre dignité, notre liberté, et donc dans nos droits fondamentaux.

Cordialement

Monsieur (sic) Jean LEONETTI

 

15 MARS 2015

Monsieur le Député,

 

Je vous remercie pour votre réponse rapide que j'ai appréciée. Toutefois, je ne vous surprendrai probablement pas en vous disant que je ne puis faire miens les arguments avancés pour justifier que la loi que vous présentez n'autorise pas l'euthanasie et l'assistance au suicide. J'arrive même avec certains de ces arguments à une conclusion diamétralement opposée à la vôtre. Comme quoi le sujet est bien trop intime et personnel pour qu'une partie de la population impose sa façon de penser à l'autre...

 

Vous parlez de consensus difficile à obtenir mais, sur un sujet aussi personnel, est-ce que le législateur doit avoir comme seul but d'obtenir un consensus avec des groupes de pression minoritaires alors qu'une  majorité de la population souhaite pouvoir choisir les modalités de sa fin de vie?  C'est là que le courage politique devrait intervenir pour veiller à ne pas se laisser influencer par des groupes de pression y compris philosophiques ou religieux. 

 

Vous soulignez que le projet de loi donne le droit à dormir pour ne pas souffrir avant de mourir mais ne donne pas le droit de dormir pour faire mourir en soulignant que les Français ne doivent pas s'affronter sur des sujets qui touchent à l'intime de chacun et réveillent des souvenirs douloureux. Mais c'est justement parce que ce sujet de la fin de vie touche à l'intime de chacun qu'il ne faut surtout pas s'affronter et le meilleur moyen d'y parvenir c'est que chacun respecte la liberté de l'autre pour choisir les modalités de sa fin de vie. Je ne comprends pas pourquoi certains groupes de pression ou certaines religions m'imposeraient leurs tabous et leurs façons de penser sur ce sujet et inversement je ne me vois pas leur imposer la mienne. C'est un sujet tellement personnel qu'il faut laisser à chacun la liberté de choisir.

 

Je suis d'accord avec votre remarque sur le mal mourir en France mais je ne comprends pas pourquoi imposer à tous une mort à l'hôpital ou en centre de soins palliatifs en allant jusqu'à une phase d'agonie alors que certains préfèrent mourir tranquillement chez eux en bénéficiant d'une aide à mourir avant d'arriver à un état de dégradation physique qu'ils estiment inacceptable. Ils mourront quelques semaines ou quelques mois plus tôt et alors, où est le problème à partir du moment où le choix est librement consenti?

 

Je ne partage pas votre affirmation sur le fait que notre pays possède toujours les moyens techniques et humains pour éradiquer la souffrance. Mon expérience avec un être cher, pourtant suivi par le centre de la douleur d'un grand centre anti-cancéreux, me permet d'affirmer que la médecine reste démunie devant certaines douleurs en particulier neuropathiques. La pharmacopée anti-douleur n'évolue d'ailleurs pas beaucoup et se limite bien souvent à de la morphine ou à des anti-épileptiques qui ne sont pas toujours efficaces ni bien supportés.

 

Enfin je ne vois pas en quoi les points de vue exposés dans vos derniers paragraphes vous permettent de justifier une opposition à l'aide à mourir lorsque la médecine ne peut plus rien pour nous. Il n'est pas question d'abandonner quiconque ni de considérer que des vies sont moins à même d'être vécues mais simplement de laisser la liberté à chacun de vivre sa mort comme il le souhaite en fonction de ses doutes, de sa philosophie de vie, de ses croyances.

 

Au final vous ne me proposez aucune solution pour résoudre la situation morale dramatique que je vous ai exposée dans mon précédent mail et que j'ai vécue il y a quelques années avec un être cher si ce n'est de vivre dans le remord, de partir à l'étranger ou de me mettre dans l'illégalité. Peut-on dire qu'une loi est bonne lorsqu'elle ne laisse à des milliers d'hommes et de femme  que le choix de partir mourir à l'étranger ou d'être hors la loi? Mais quelle est cette République Française qui est incapable d'appliquer les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité à la fin de vie de ses citoyens? Mais où est la France humaniste qui a aboli la peine de mort, qui a légalisé l'avortement et a permis aux femmes de ne pas mettre au monde des enfants non désirés? Est-elle à ce point recroquevillée sur ses peurs, ses doutes et ses craintes que ses élus ne sont plus capables de défendre librement ces valeurs face aux groupes de pression philosophiques ou religieux?

 

La nouvelle loi ne changera rien à la situation actuelle pour les milliers de français qui souhaitent tout simplement pouvoir mourir tranquillement et sereinement sans passer par la case agonie lorsque la vie ne veut plus d'eux. Il n'y aura pas de liberté de choix pour eux. Il n'y aura pas d'égalité pour eux puisque les plus pauvres n'auront pas les moyens de partir à l'étranger ou n'auront pas les relations leur permettant de bénéficier de la complicité d'un médecin compréhensif. Il n'y aura pas de fraternité qui s'exprimera envers eux puisqu'ils seront laissés dans leur solitude et leur souffrance sans prendre en compte leur souhait vis à vis de ce qui est le plus intime à chacun: la mort. Et tout ça au nom de quoi, de la "bonne" conscience de certains contre la conscience des autres.

 

Voilà ce que je souhaitais vous répondre, Monsieur le Député, en espérant quand même que le cas concret ainsi que l'argumentation que  je vous ai exposés puissent vous aider dans votre réflexion lorsqu'inévitablement ce sujet de la fin de vie reviendra à l'examen du législateur je l'espère le plus tôt possible. En attendant je sais que je ne peux pas compter sur mon pays le jour ou la vie ne voudra plus de moi...

 

Cordialement


SOLER

05 sept. 2017

 

 

 

LES MÊMES DROITS POUR TOUS!

 

 

Avec la loi actuelle il y a DEUX CATEGORIES de citoyens (alors que notre Constitution affirme que nous avons tous les MEMES DROITS…) :

 

---- d’une part les médecins, les pharmaciens et leurs proches, qui savent comment faire concrètement lorsqu’une personne souhaite terminer sa vie en douceur, sans souffrance, de façon humaine, sans être obligée de subir la période « perte de qualité de vie et de dignité » ;

 

---- et d’autre part le reste des citoyens qui ne peuvent actuellement que subir une mort lente et cruelle : mourir de faim et de soif ; en effet, le patient peut exiger l’arrêt du traitement curatif puisque la loi interdit l’acharnement thérapeutique, mais s’il n’a pas la chance d’être traité par un médecin humain ; généreux et courageux, il devra soit mourir de faim et de soif (loi actuelle), soit se jeter du haut d’un immeuble (au risque de tuer un passant), soit se jeter sous un train : nous ne pouvons qu’imaginer ce que peuvent ressentir d’une part le conducteur du train et d’autre part les secouristes qui devront ramasser les morceaux de cadavre…

 

Comment, dans un pays dit civilisé, au 21ème siècle, peut-on en arriver à se jeter dans le vide ou sous un train… C’est une HONTE pour ce pays (alors que d’autres nations ont déjà résolu ce problème depuis plusieurs années). Actuellement une MINORITE de « responsables » français fait BLOCAGE, par ignorance ou par mépris de la liberté de chacun, ce qui est un comble dans un pays démocratique ! On devrait les obliger à ramasser les morceaux de CADAVRES consécutifs aux suicides par train… (Aimeriez-VOUS le faire ?  Aimeriez-vous que VOTRE fils soit obligé de le faire ?).

 

Chacun doit pouvoir choisir la fin de sa vie. Le tout étant de prendre position par ECRIT sans tarder afin que nos proches n’aient pas à subir un dilemme terrible si un jour… Un écrit qui pourrait commencer par « Si un jour je ne peux plus m’exprimer, ni oralement ni par écrit, je souhaite que… ». Naturellement, cet engagement pourra être modifié par son auteur ultérieurement s’il le souhaite. Ainsi CHACUN de nous aura la garantie que sa volonté sera RESPECTEE, quels que soient les avis des proches, des médecins, des députés et des sénateurs...

 

Il suffit d’avoir VECU UNE SEULE FOIS la fin d’un proche qui n’avait pas pris ce genre de précaution pour savoir qu’il est urgent que la bonne loi soit enfin votée (respectueuse de la liberté de chacun et qui évite aux proches une SOUFFRANCE SUPPLEMENTAIRE) : une vie qui n’est plus que de la survie biologique par acharnement thérapeutique (contre nature), une personne qui a perdu toute dignité et qui NE PEUT PAS forcément s’en rendre compte car son cerveau est matraqué par un antidouleur très puissant…

 

Avec nos sincères remerciements

et nos meilleurs sentiments.


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